Éradiquer la pauvreté doit devenir la priorité

Nous sommes beaucoup moins susceptibles de reconnaître les ménages vivant dans la pauvreté comme étant un problème de santé publique, une crise sociétale ou économique que nous devrions résoudre collectivement.

Nous sommes beaucoup plus susceptibles de penser qu’ils devraient être traités par des organismes de bienfaisance ou que les «vont se prendre en main et se remettre sur pied».

Les fonds publics alloués à la santé, à l’éducation et à d’autres services publics ou aux initiatives de soutien au revenu pour ceux qui vivent en pauvreté, ne sont jamais tout à fait conçus de la même manière que les dépenses d’infrastructure – rarement sont-ils présentés comme des investissements nécessaires à la santé et au bien-être de notre population.

Le but du rapport que nous venons juste de publier est d’illustrer le coût économique partagé de la pauvreté et l’urgence qui existe pour les gouvernements du Canada atlantique de l’éradiquer.

Même si les gouvernements provinciaux prétendent se concentrer sur la réduction de la dette publique au nom de l’allégement du fardeau des générations futures, les familles de la prochaine génération continuent de s’endetter à titre privé.

Les familles ont du mal à payer les coûts élevés associés à la garde d’enfants, aux frais des études postsecondaire, aux médicaments, parce que nos gouvernements n’ont pas investi assez pour étendre les services publics ou rendre les services essentiels accessibles et abordables, comme le logement, l’électricité, les téléphones portables et les services d’internet.

Les collectivités, les municipalités, les organismes de bienfaisance et les organismes sans but lucratif ont également tenté de combler les lacunes laissées par le sous-investissement des gouvernements dans le soutien du revenu, ainsi que dans les services et programmes publics.

Ne pas répondre aux besoins de la population coûte également aux gouvernements provinciaux.

Le coût totalise 1,4 milliard $ au Nouveau-Brunswick, ce qui représente une perte importante de croissance économique de 3,71%.

Alors que les provinces de l’Atlantique réfléchissent sur les moyens d’aider la région à se remettre de la pandémie, l’éradication de la pauvreté doit être un élément important prioritaire sur ce plan de rétablissement.

Mettre fin à la pauvreté signifierait que les gouvernements pourraient réaffecter des fonds pour être mieux dépensés pour répondre aux besoins non satisfaits de services publics – plutôt que simplement aider les gens à se débrouiller tout en restant pris au piège de la pauvreté. Cela créerait également une croissance économique et augmenterait les recettes publiques.

La décision collective de ne pas lutter contre la pauvreté dans nos communautés affecte notre capacité à atteindre notre plein potentiel – parce que les membres de notre communauté sont retenus et oubliés.

Cet exercice sur le coût de la pauvreté considère quels seraient les gains si nous augmentions le niveau de vie de ceux qui vivent dans la pauvreté.

Le Nouveau-Brunswick pourrait réinvestir 126 millions de dollars des coûts excessifs de santé attribuer à la pauvreté et pourrait recevoir 135 millions de dollars en recettes sacrifiées.

Étant donné que la pauvreté est racialisée et sexiste, et que certains groupes ont été rendus plus vulnérables à la pauvreté, l’éradication fait partie de la lutte contre les inégalités de revenu et les inégalités sociales dans notre société.

Pour ce faire, il faudra une approche globale qui offre un soutien du revenu qui atteint le seuil de pauvreté et des services adéquats, des investissements dans les programmes et les services publics, ainsi que des changements de politique pour s’assurer que chacun a accès à ce dont il a besoin pour atteindre son plein potentiel.

Comme le dit la les Nations Unies: «Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires.»

Nous ne devons pas avoir à mettre un prix sur ce qui est un droit humain fondamental.

Christine Saulnier, PhD
Directrice de la Nouvelle-Écosse au Centre canadien de politiques alternatives