Les élections scolaires soulèvent peu d’intérêt

J’ai toujours pensé que les médias étaient le reflet des intérêts de la communauté.

Si l’on en juge par l’attention que portent les journalistes à la question des élections scolaires, on doit en conclure que ce sujet soulève très peu d’intérêt auprès de la population francophone du Nouveau-Brunswick.

On parle fréquemment des élections municipales, comme il se doit.

La gestion des municipalités et des districts de services locaux relève des représentants élus de la communauté.

Les élus assument généralement bien leurs responsabilités et les citoyens ne sont pas indifférents aux activités qui se déroulent dans leur unité administrative respective.

C’est leur bien-être qui est en cause et, en tant que citoyens responsables, ils exercent leurs droits en la matière en intervenant quand il y a lieu et en exprimant leurs opinions.

La question de l’administration scolaire est primordiale elle aussi, mais le public en général et les parents en particulier, qui devraient être les premiers concernés, ne semblent pas s’y intéresser, ou si peu.

Depuis 1982, la Charte canadienne des droits et libertés reconnaît aux parents de langue officielle minoritaire certains droits dans la gestion de leurs écoles et de la formation qui s’y déroule.

Or, le gouvernement de notre province n’a toujours pas reconnu certains de ces droits, comme en témoigne la Loi sur l’éducation du Nouveau-Brunswick.

Apparemment, la communauté francophone du Nouveau-Brunswick ne tient pas à exercer ses droits en gestion scolaire.

Peut-être préfère-t-elle laisser aux politiciens la responsabilité de décider de la qualité de l’éducation que reçoivent ses enfants?

Comment expliquer autrement qu’elle se montre aussi peu militante pour tenter de faire reconnaître ses droits en éducation et qu’elle accorde aussi peu d’intérêt aux élections des conseillers et des conseillères scolaires, qui sont leurs représentants élus en matière d’administration scolaire?

Cyrille Sippley
Saint-Louis-de-Kent