Lettre ouverte aux personnes se présentant aux élections municipales du 10 mai

Merci d’avoir pris la décision de servir vos communautés par le biais de votre conseil municipal. Si vous êtes élus, vous représenterez les riches et les pauvres de votre région et vous jouerez un rôle de premier plan dans les prises de décisions de votre conseil municipal. Les propositions acceptées par votre conseil détermineront les priorités de votre municipalité et affecteront la qualité de vie de chaque personne que vous représentez.

Les membres du Front commun pour la justice sociale (FCJS) vous demandent, dans l’exercice de vos fonctions, de servir le bien commun.
Servir le bien commun exige que les ressources soient équitablement partagées afin de garantir à toutes et à tous la sécurité financière, ainsi que l’accès aux systèmes de santé et de justice, etc.

Vous aurez beaucoup à faire! Selon le Centre canadien de politiques alternatives (avril 2021), 29,7% des personnes du Nouveau-Brunswick vivent sous le seuil de pauvreté (selon Statistique Canada). En raison de circonstances indépendantes de leur volonté, environ 30 000 personnes reçoivent de l’aide sociale. Les taux d’aide qu’elles reçoivent actuellement ne leur permettent cependant pas de vivre dans la dignité.

Il est déplorable que les bénéficiaires de l’aide sociale qui travaillent ne puissent conserver que la somme fixe de 150$ de leurs gains mensuels; ensuite, 70% de leurs gains restants sont récupérés par le gouvernement provincial. Cela signifie qu’après avoir travaillé environ 9 heures par mois au salaire minimum (11,75$ l’heure), la personne ne reçoit que 30% du reste de ses gains! Par conséquent, les personnes bénéficiant de l’aide sociale qui sont aptes au travail ont l’impression d’être punies pour avoir travaillé autant que possible en vue d’améliorer leur sort. Par exemple, après la déduction de la somme fixe de 150$, la récupération de 70% du salaire signifie que ceux qui travaillent au salaire minimum voient leur taux horaire réduit à 3,52$ l’heure, et cela après avoir gagné seulement 150$ en un mois. C’est clairement injuste et punitif!

Nous vous demandons d’être prêts à faire pression sur les membres de l’Assemblée législative pour permettre à chaque bénéficiaire de l’aide sociale de conserver la somme fixe de 500$ de ses gains mensuels avant qu’une partie de son salaire ne soit récupérée.

Si une telle politique était adoptée, le Nouveau-Brunswick réussirait à réduire la pauvreté de nombreuses personnes.

En tant que membres élus du conseil municipal, vous serez en mesure d’aider à corriger cette injustice en exhortant les autorités gouvernementales d’augmenter le montant fixe de l’exemption d’emploi à 500$ par mois.

Un tel changement aiderait les personnes les plus démunies, générerait plus d’activités économiques locales et réduirait les coûts de la pauvreté pour les contribuables.

Sœur Auréa Cormier, secrétaire
Section de Moncton du FCJS