Non, sauf au Dieu Irving

Maurice Arsenault
Caraquet

On dirait qu’un disciple d’Ebenezer Scrooge a été élu premier ministre du N.-B. et que la province a depuis adopté la nouvelle devise unilingue «The Answer is NO». Traduction simultanée: no, c’est non.

Non à la perspective de garderies à prix modique qui permettraient pourtant aux familles de respirer un peu mieux et de faire prospérer notre province entière.

Non aux peuples autochtones (l’exemple récent de la TVH n’est que la cerise sur le dégoulinant sundae).

Non à l’appui aux agriculteurs qui doivent, à leurs frais, loger les indispensables travailleurs étrangers dans des chambres individuelles pendant deux semaines à cause de vous savez quoi, pour que les terres de chez nous nourrissent les gens de chez nous.

Non à des investissements dans la recherche de solutions vertes, renouvelables et sans danger face à la crise climatique.

Non à une aide spéciale aux personnes qui nourrissent l’âme, les artistes et le milieu culturel presque paralysés depuis plus d’un an.

Non à des salaires à la hauteur de leur importance pour les infirmières et les pourvoyeurs de soins aux personnes aînées, personnel dont le travail s’est révélé doublement important depuis le début de la pandémie.

Non aux femmes qui veulent et ont le droit à des services d’avortement accessibles.

Non à une véritable dualité linguistique.

Non au gouvernement fédéral et à son argent sale (tant pis pour les infrastructures et autres frivolités).

Non à une majoration de taxes visant les très riches qui rêvent d’être encore plus riches et le deviendront.

Non, sauf à son dieu Irving.

Comment ne pas devenir cynique devant ce cauchemardesque entêtement?

S’il-vous-plaît, quelqu’un, rappelez-lui comment Dickens termine son histoire…