Tout indique que le Nouveau-Brunswick va encore une fois prétendre s’attaquer à un problème avec le but caché de régler quelque chose d’autre. C’est une façon de faire qui a zéro chance de résoudre nos vrais problèmes.

Nos politiciens nous font ça régulièrement. Parmi les raisons de notre paralysie face à nos problèmes, il y a que le Nouveau-Brunswick a trop de multimillionnaires qui sapent notre richesse naturelle, surtout celle de l’Acadie. Aussi, on a souvent des gouvernements dont la motivation de base, et de la base électorale, est de ramener l’unilinguisme, non pas de diriger la province. Et de nos jours, au Nouveau-Brunswick comme ailleurs, on a des gouvernements anti-gouvernements, formés de beaucoup d’agents professionnels multimillionnaires, d’agents immobiliers et autres entrepreneurs.

Rien de tout ça n’aide notre tâche de confronter les vrais problèmes.

Mais là, je veux vous parler de ces personnes problèmes parmi nos rangs. Ces personnes qui m’ont rappelé ce mois-ci une vieille citation: «Pour faire un bon ennemi, prenez un ami: il sait où frapper».

La personne nouvellement embauchée par le gouvernement provincial pour diriger «notre» réseau de santé Vitalité a flatté le grain de ce gouvernement en lui disant «Forget the french». Et le syndicat des infirmières, suivant l’exemple de l’association professionnelle des infirmières, a dit aussi pire.

Je sais que ces personnes ont de grosses responsabilités, qu’il y a pandémie, qu’il y a pénurie de professionnels de la santé aux niveaux national et international. Je sais que la pénurie d’infirmières surtout est grave et que le Nouveau-Brunswick n’a fait qu’exacerber cette pénurie d’infirmières qui avait été prédite depuis des décennies.

Ce que je ne comprends pas est que le premier butin qu’elles jettent par-dessus bord est le service en français. C’est comme jeter des faux indices devant les personnes qui pourraient résoudre le problème.

France Desrosiers et Paula Doucet, les porte-paroles de Vitalité et du syndicat des infirmières, auraient pu nous parler du fait que d’autres régions ont les mêmes problèmes, mais non. Elles ne rappellent pas les problèmes similaires à Saint-Jean, à Fredericton, au Restigouche, à Edmundston, à Caraquet. Elles ont choisi de ne pas nous parler des vraies causes de nos problèmes.

Mais il fallait voir Blaine Higgs accepter leur cadeau avec un empressement de jeune. Quelle idée ingénieuse ont ces femmes. Évidemment, dit-il, il faut amalgamer les services des deux hôpitaux de Moncton. N’importe que les deux hôpitaux soient tout aussi débordés l’un que l’autre, et que, comme le médecin Louis-Marie Simard a alors dit: «C’est pas en associant deux pauvres qu’on va faire de la richesse». Higgs voit l’abolition du bilinguisme comme la première chose à faire, n’importe le problème, même si la solution au vrai problème doit attendre.

Moi, quand quelqu’un me dit voici ce qui va résoudre ton problème, avant même qu’il y ait eu discussion du problème – qu’il soit vendeur, ou médecin, ou politicien – je sais que c’est louche. C’est comme quand l’internet me dit que l’urine de chameau va résoudre ma migraine, mon cancer et mon infection COVID.

France Desrosiers n’a pas raison, légalement ou scientifiquement, de dire que la langue n’est pas importante quand la santé est en question. Une réponse digne de ses responsabilités aurait été: «C’est inacceptable, illégal et dangereux que nous ayons à faire ceci, à envoyer nos ambulances et des services vers le système anglophone. Le réseau Vitalité dénonce le fait que le système de santé du Nouveau-Brunswick ne peut pas traiter les gens dans leur langue.»

Pourquoi les infirmières quittent Vitalité? Pourquoi Horizon et Vitalité perdent un si grand nombre d’employés depuis quelques années? Pourquoi tant de francophones ne peuvent-ils pas se faire servir en français quand ils sont malades? Personne ne nous renseigne.

Quand Higgs faisait campagne en 2018, il était Monsieur bottom-line, celui qui promettait de n’agir que selon ce que les faits lui dictaient. Il s’est vite affranchi de l’idée d’avoir à démontrer la preuve de ce qu’il avance. À part la réaction du gouvernement à COVID, le gouvernement n’a pas mis les faits en avant, plutôt ses opinions et ses intentions.

En 2017-18, Higgs nous disait que la raison pour laquelle Ambulance Nouveau-Brunswick manquait d’ambulanciers était les exigences linguistiques. N’importe que les responsables d’Ambulance NB le contredisaient, n’importe le nombre de plaintes de francophones pour non-service en français, n’importe le fait que des provinces unilingues ont des problèmes similaires, ça n’a rien changé à son message. Le problème d’Ambulance N.-B. a éventuellement été maté ou résolu par des mesures qui n’avaient rien à faire avec le bilinguisme. Cette leçon-là n’a pas été apprise par le gouvernement, ni par les médias ou par nous.

Pour certains, une crise, naturelle ou provoquée, est l’occasion souhaitée pour faire ce qu’on est venu faire.

Rosella Melanson
Fredericton

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