Ce n’est qu’une question de temps avant que quelqu’un ne paie le prix ultime, tandis que les membres des familles, les infirmières et infirmiers immatriculés ainsi que les autres fournisseurs de soins de santé doivent faire face aux séquelles émotionnelles.

Cette situation est exceptionnellement injuste, car la plupart des infirmières font actuellement le travail de deux personnes, poussées à la limite chaque jour dans un système qui leur donne l’impression d’avoir laissé tomber les personnes confiées à leurs soins. C’est la réalité dans tous les établissements de la province et elles et ils sont au-delà du seuil d’épuisement.

En 2020, dans les deux régies régionales confondues, les infirmières et infirmiers immatriculés ont effectué 353 000 heures supplémentaires. Nous plaidons depuis longtemps pour une dotation en personnel plus sécuritaire, cependant nos demandes restent lettre morte.

L’Hôpital de Sackville, l’Hôpital Dr Georges-L.-Dumont, l’Hôpital de Moncton, l’Hôpital régional de Saint-Jean, les hôpitaux de Tracadie, de Miramichi et de Campbellton ont tous dû fermer des unités ou réduire certains services récemment en raison de manque de personnel infirmier.

Sans un véritable plan d’action pour combler le déficit, toutes les régions du Nouveau-Brunswick risquent de subir le même sort à l’avenir.

Moncton constitue une situation unique avec deux grands hôpitaux situés à quelques rues l’un de l’autre, lesquels peinent tous deux à fournir une gamme complète de services en raison d’un personnel fort restreint.

Lorsque la pandémie a frappé, en mars 2020, plusieurs services ont été réduits et le taux d’occupation des hôpitaux a considérablement baissé; cependant, à présent, tout a repris son cours habituel.

Je sais que la fusion temporaire de services n’est pas une discussion souhaitée, mais nous avons été forcés d’y penser, car il n’y a tout simplement pas assez de ressources humaines pour fournir des soins en toute sécurité dans l’état actuel des choses.

Il se peut que certains services doivent être réduits pour assurer la sécurité de la population et faire face aux urgences qui se présentent à nous. Cela dit, bien que certaines mesures à court terme puissent être douloureuses, bien que nécessaires, il est impératif que l’on se penche sur toutes les possibilités dans le cadre de stratégies à long terme et d’un plan d’action solide afin que nous puissions nous doter d’un système de soins de santé viable comme le méritent tous les Néo-Brunswickois.

La plupart des infirmières n’ont pas eu de répit depuis la déclaration de la pandémie mondiale. Pour certaines d’entre elles, cela a été encore plus long en raison des niveaux d’effectif non sécuritaires dans leurs unités. On ne peut pas s’attendre à ce qu’elles passent un autre été sans faire une pause. Elles vont s’effondrer! Le stress et l’épuisement professionnel sont devenus monnaie courante, lesquels sont à l’origine de 27% des demandes de prestations pour problèmes de santé mentale acceptées dans la province depuis 2013.

Après la pandémie, nous nous attendons à ce que ces chiffres augmentent. Dans de nombreux cas, elles quittent définitivement la profession. Avec près de 700 postes vacants dans notre système, il est impossible de fonctionner comme si de rien n’était – nous sommes des humains, pas des robots.

Il est essentiel d’ajouter des places en soins infirmiers dans nos universités provinciales et de réduire les listes d’attente. De plus, les infirmières et infirmiers immatriculés du Nouveau-Brunswick méritent la parité avec leurs homologues de la Nouvelle-Écosse, de l’Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve. À l’heure actuelle, nos II sont les moins bien rémunérés au Canada. Les diplômées et diplômés doivent voir que le Nouveau-Brunswick est une province attrayante pour la pratique de la profession infirmière, et ce, en ce qui a trait à la rémunération, aux conditions de travail et à l’équilibre vie-travail.

Pour sauver notre système de santé, il est impératif que les employeurs tiennent compte de la pénurie mondiale d’infirmières atteignant six millions de postes à pourvoir.

En tant que présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick et infirmière immatriculée depuis 25 ans (dont 19 ans au chevet des malades à l’Hôpital régional Chaleur), je n’ai pas toutes les réponses, mais j’ai le désir de faire mieux pour les membres que je représente.

Pour améliorer le système de soins de santé, il faut augmenter le niveau de satisfaction de tous, y compris celui des infirmières qui se dévouent chaque jour pour faire de leur mieux.

Paula Doucet
Présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle