À chaque fois que je circule dans la province, j’apprécie les communautés qui n’oublient pas de reconnaître et d’honorer la valeur et les contributions de certaines personnalités. Saint-Antoine est et l’une de celles-là, car on y a officiellement reconnu l’honorable Louis-J. Robichaud et l’honorable Omer Léger.

Dans le premier cas, on a érigé un magnifique monument nous rappelant le grand initiateur et responsable du programme de chances égales au Nouveau-Brunswick. Grâce à ce courageux leader acadien, depuis 1969, soit depuis plus de cinquante ans, le Nouveau-Brunswick jouit du titre de la première et seule province canadienne officiellement bilingue. Il n’a jamais eu peur de s’affirmer fièrement comme le défenseur de notre peuple même devant les menaces de mort.

Une autre contribution majeure et inoubliable est notre bienveillante Université de Moncton qui a permis l’épanouissement de milliers des nôtres. En plus de cela, l’Université de Moncton a hautement bien servi notre province au sénat canadien.

Quant à Omer Léger, la bibliothèque publique de Saint-Antoine porte fièrement son nom. Probablement que plusieurs ignorent que ce sympathique et vaillant monsieur est né aux États-Unis, le pays de Donald Trump! Par contre, il a fait ses études dans notre province. Au cours de sa longue carrière comme homme d’affaires, il a occupé d’autres importantes fonctions sociales: conseiller municipal de Saint-Antoine, membre et président du conseil scolaire du district no 12, député et ministre dans le gouvernement du Nouveau-Brunswick.
Sauf erreur de ma part, si le Pays de la Sagouine existe à Bouctouche, je crois qu’il faut lui lever notre chapeau!

Pour conclure, et voilà un point qui me gêne de soulever, j’ai comme l’impression que ce beau village, et peut-être d’autres au Nouveau-Brunswick, commence à trop oublier qu’il est d’abord une communauté fondamentalement francophone. De plus en plus, l’affichage commercial semble dire qu’il est préférable de s’annoncer dans la langue de nos compatriotes anglophones. Certains commerces n’ont même presque pas un seul mot écrit en français. Notre ancien premier ministre et mon grand ami Omer Léger doivent se sentir très mal. Je les comprends, car je fais partie du trio!

Comment l’école et les foyers peuvent-ils convaincre la jeunesse de croire à la beauté et à l’importance de notre langue si les gens d’affaires n’y croient pas? Quand nos commerçants ne m’inviteront pas dans ma langue, j’irai acheter ailleurs. Est-ce que le message est bien compris à Saint-Antoine et ailleurs dans notre province?

Alcide F. LeBlanc
Moncton

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