Le réseau Vitalité a donné l’ordre «Ça suffit!», mais il semble que ça ne me convainc pas autant que la dernière fois qu’on m’a huché ça, quand j’avais peut-être 10 ans.

Ce n’est plus comme ça que ça marche dans le monde adulte, démocratique, acadien.

Je ne suis pas contre le fait que Vitalité se serve d’argent public pour acheter une pleine page dans notre Acadie Nouvelle pour nous dire de nous taire. Si Vitalité veut répondre à cette lettre dans une autre publicité pleine page, bravo pour notre journal.

Avec son mémo à l’Acadie, Vitalité semble viser ceux de nous autres qui se sont exprimés récemment dans les multiples lettres qu’a publiées l’Acadie Nouvelle en réaction aux déclarations surprenantes de Vitalité.

Ces Acadiens qui ont récemment réagi aux propos de Vitalité étaient particulièrement éloquents. C’est peut-être ça qui a irrité Vitalité.
J’ai un palmarès de mes préférées parmi ces réactions naturelles de l’Acadie.

Gilles Beaulieu qui a écrit le 14 mai: «Les propos rapportés… de Dre France Desrosiers, en inquiètent plus d’un et force est de reconnaître aussi que ses propos en réjouissent certains… Il aurait été préférable d’entendre Dre Desrosiers nous parler de sa détermination à offrir un service sécuritaire dans la langue de choix du patient dans l’ensemble des services du Réseau de santé Vitalité, peu importe la gravité des défis auxquels est confronté l’organisme. Et, lorsque la situation l’oblige à établir des ponts de services vers d’autres institutions (ex.: rediriger les ambulances en situation d’urgence), Dre Desrosiers aurait pu nous rassurer en affirmant sa détermination infaillible à faire valoir ces principes de base chez les points de transferts.»

Claude Snow le 15 mai: «Toute la question du glissement des soins de santé vers le système anglophone, sous prétexte qu’en temps de crise tout est possible, est encapsulée dans la petite phrase suivante, trouvée dans le dossier médical d’un patient francophone qui n’était pas compris par ses soignants: ‘‘Does not respond to treatment.’’ On retrouve parfois le même genre de notes en psychiatrie lorsqu’un patient francophone ne comprend pas ce qu’on lui dit: ‘‘Does not cooperate with team workers.’’ La collaboration à la bonne franquette, qui semble s’installer entre les réseaux de santé anglophone et francophone et qui prend l’allure d’une générosité accueillante, ouvre une porte qu’il sera difficile ensuite de refermer.»

Le juriste Michel Doucet, le 15 mai: «Les commentaires de la Dre France Desrosiers, voulant que son rôle ne soit pas de ‘‘discuter des droits de la langue’’ m’ont énormément déçu. Je me serais attendu à entendre un tel commentaire d’individus ou de partis politiques qui ne cachent pas leur opposition à l’égalité linguistique et qui veulent l’abolition de la Régie de santé Vitalité, mais pas du PDG de ce réseau de santé francophone.»

Rachel McGraw et Shirley McGraw de Dieppe écrivent: «Les propos tenus par la Dre Desrosiers nous ont grandement inquiétées. D’après une étude de 2019: ‘‘l’impossibilité d’obtenir des soins de santé dans sa langue maternelle pourrait avoir un impact négatif significatif sur la qualité et la sécurité des services obtenus…’’ Il est également inquiétant de constater que le Réseau de santé Vitalité laisse au gouvernement du N.-B. la responsabilité de l’embauche du personnel soignant. Les exigences linguistiques seront-elles respectées? Les décisions de la Dre Desrosiers nous laissent croire qu’elle promeut la vision du premier ministre et de Kris Austin, chef de la People’s Alliance, c’est-à-dire de n’avoir qu’une seule régie dite bilingue. La population francophone du N.-B. est en train de perdre ses droits durement acquis.»

D’anciens médecins de l’hôpital CHU Dumont: «Vitalité a beaucoup de difficultés non seulement à recruter, mais aussi à retenir son personnel infirmier… Nous croyons que cette pénurie est due en grande partie à une centralisation à outrance de la gouvernance de Vitalité et à un manque de gestion locale.»

J’étais parmi la bande de citoyens qui a irrité Vitalité en publiant un texte. Je me cite: «La personne nouvellement embauchée par le gouvernement provincial pour diriger ‘‘notre’’ réseau de santé Vitalité a flatté le grain de ce gouvernement en lui disant ‘‘Forget the French…’’ Je sais que ces personnes ont de grosses responsabilités, qu’il y a pandémie, qu’il y a pénurie de professionnels de la santé aux niveaux national et international. Je sais que la pénurie d’infirmières en particulier est grave et que le Nouveau-Brunswick n’a fait qu’exacerber cette pénurie d’infirmières, prédite depuis des décennies. Ce que je ne comprends pas est que le premier butin qu’elles jettent par-dessus bord est le service en français. C’est comme jeter des faux indices devant les personnes qui pourraient résoudre le problème.»

Vitalité n’a rien compris et ça, ça ne suffit pas.

Rosella Melanson
Fredericton

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle