Installée devant mon téléviseur en ce samedi 5  juin, j’anticipe avec fébrilité les 90 prochaines minutes. Ce soir, la table est mise: j’assisterai à la consécration de créateurs/créatrices qui brillent ici, ailleurs au Canada et partout à travers le monde.

Conçue par l’Association acadienne des artistes professionnels du Nouveau-Brunswick (AAAPNB) en 1988, la Soirée/Gala des Éloizes révélera l’excellence dans treize catégories artistiques et domaines connexes.

Après une quinzaine de minutes, je suis captive. Des souvenirs dormants émergent. Une magie souterraine opère. Dans quel univers télévisuel veut me transporter le réalisateur Kevin McIntyre, assisté par ce talentueux animateur, Matthieu Girard? Et cette musique si harmonieuse de l’orchestre Tutta Musica sous l’habile direction de Sébastien Michaud? Un décor-salon, année 1960, avec une télévision de l’époque?

Mon cerveau aligne quelques renseignements d’antan. C’est l’éclair… l’Éloize de la maman de Réjean Roy! Le rendez-vous hebdomadaire, Les Beaux Dimanches, seule émission culturelle francophone diffusée pendant 40 ans sur les ondes de Radio-Canada. L’espace d’une soirée, les amateurs, amatrices et parfois des familles entières se réunissaient pour vibrer à des formes d’art peu véhiculées à l’époque comme le spectacle, l’opéra, la danse, le ballet et le théâtre.

Pandémie exige, la formule renouvelée de la Soirée des Éloizes nous a propulsés au cœur d’émotions intenses avec des échanges touchants.

On n’a qu’à penser aux balançoires qui ont scandé le dialogue sensible de Matthieu Girard et Chantal Cadieux, la lauréate du Prix Hommage ou encore les extraits de l’abécédaire B pour Bayou de l’artiste de l’année en littérature, Réjean Roy, lus par des auteurs louisianais. Ce rapport respectueux à l’expression de toutes les formes d’art constituait la trame des Beaux Dimanches dans les années 1960.

Après la soirée, j’en conclus que cette touchante rencontre télévisuelle s’articule dans une version 2.0 des Beaux Dimanches en ce qu’elle sert d’outil de démocratisation de l’art.

Merci à l’AAPNB pour son esprit innovant et son ingéniosité à reconnaître avec grâce et aplomb la richesse de notre culture. Que cette lumière artistique nous aide à mieux vivre.

Renée Guimond-Plourde
Edmundston

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