Les stratégies réformistes du gouvernement provincial se révèlent au compte-goutte, laissant plusieurs observateurs de la scène politique sur le qui-vive et de nombreux citoyens sur leur soif d’informations.

L’idéologie ultraconservatrice de notre premier ministre dans les affaires de l’État est omniprésente dans toutes ses décisions, y compris le dossier de la loi sur les langues officielles.

Selon notre premier ministre, le bilinguisme existait au N.-B. et au Canada avant l’adoption de la Loi sur les langues officielles en 1969 et peu de gens se plaignaient, ce n’était pas un enjeu politique.

Afin de satisfaire son idéologie de non-intervention de l’État et en conformité avec les croyances de sa base partisane, les gouvernements du N.-B. et du Canada n’auraient jamais dû légiférer et imposer un bilinguisme officiel il y a plus de 50 ans.

Protéger les droits de la minorité francophone et promouvoir l’apprentissage et l’utilisation de la langue française relève, selon lui, du curriculum du ministère de l’Éducation comme le préconisait un célèbre maire à la tête de… la ville de Moncton, à la fin des années 1960.

Les opposants au bilinguisme officiel prétendent que l’offre de services gouvernementaux dans la langue du client n’est pas un droit, mais un privilège accordé par la majorité à sa minorité.

Cette vision du bilinguisme n’est pas nouvelle: elle a permis à notre premier ministre de profiter d’une brèche dans l’armure politique du Parti conservateur pour prouver à l’ensemble du pays qu’il était possible pour un unilingue anglophone de se faire élire premier ministre dans la seule province officiellement bilingue au Canada.

Avant de s’aventurer plus loin dans ce processus de révision de la Loi sur les langues officielles, le moindre que le gouvernement pourrait contribuer, serait de publier le profil linguistique de tous les ministères et de toutes les agences gouvernementales afin d’évaluer la capacité linguistique de la fonction publique à pouvoir respecter la loi actuelle et éliminer ou confirmer les mythes avancés par les opposants au bilinguisme officiel.

Entretemps, à neuf mois dans ce mandat majoritaire du gouvernement Higgs, la planche à dessin déborde de stratégies en vue d’accoucher les réformes en santé, en éducation, sur la gouvernance locale et la Loi sur les langues officielles.

Il semble que toutes ces réformes doivent s’aligner avec une idéologie politique commune: réduire la taille et l’intervention du gouvernement provincial en transférant de nouvelles responsabilités aux citoyens par le biais des grandes municipalités régionales.

À la première page du livre vert sur la gouvernance locale, le ministre Allain affirme dans son message: «En outre, le gouvernement travaille également sur des réformes en éducation et en santé qui devront être prises en compte dans le cadre de ce processus afin de garantir l’alignement et la collaboration sur les informations recueillies et les questions qui se recoupent».

Sachant que les services de santé et d’éducation sont exclusivement la responsabilité du gouvernement provincial, comme il est illustré au tableau de la page 9 du livre vert, pourquoi soudainement, la réforme gouvernementale doit-elle s’arrimer avec les réformes en santé et en éducation?

Il y a une semaine, aussitôt les élections scolaires terminées, le ministre Cardy a dévoilé un projet d’abolition des conseils d’éducation au profit d’une superstructure provinciale qui, selon lui, respecterait la dualité en éducation et l’égalité des deux communautés linguistiques.

Seule l’intelligentsia rapprochée du premier ministre peut nous dire ce à quoi ressembleront toutes ces réformes et plusieurs se questionnent sur la pertinence des séances de consultation quand des décisions à la pièce surgissent à tout instant, sans connaître leur origine ni le pourquoi.

Gerald H. Clavette
Riviere-Verte

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