Je débute mon propos en citant la fin du texte de Gérald H. Clavette publié dans l’édition du 10 juin de l’AN: «Seule l’intelligentsia rapprochée du premier ministre peut nous dire ce à quoi ressembleront toutes ces réformes et plusieurs se questionnent sur la pertinence des séances de consultation quand des décisions à la pièce surgissent à tout instant, sans connaître leur origine ni le pourquoi.»

Nous devons nous rappeler que la révision de la loi sur les langues officielles fait aussi partie de ces réformes à venir.

Je m’interroge au sujet des membres de l’intelligentsia rapprochée du premier ministre dont plusieurs sont des leaders acadiens francophones de chez nous. Comment ces conseillers francophones peuvent-ils concilier leur appartenance à une communauté qui cherche à faire respecter ses droits linguistiques et celle de conseiller d’un gouvernement qui cherche, ouvertement ou subtilement, à faire reculer leurs droits? Pourtant, la position et les actions du premier ministre concernant la question qui nous concerne apparaissent assez précises. Est-ce que le pouvoir rend aveugle au point d’y laisser son âme?

Je me souviens d’un passé pas si lointain, lorsque des fonctionnaires et des leaders politiques éclairés travaillaient en collaboration afin de mettre fin à des politiques injustes et discriminantes au sein du gouvernement provincial afin de corriger des erreurs historiques à l’égard de la minorité linguistique. Ces décisions ont donné lieu à des avancées juridiques remarquables sur le plan des droits linguistiques qui font l’envie de plusieurs au pays et ailleurs dans le monde.

Sommes-nous endormis au point de ne plus être capables de remettre en question une idéologie ultra conservatrice qui tente de faire reculer les droits de la personne durement acquis au cours des dernières décennies, dont ceux de la minorité linguistique? J’invite nos décideurs à se poser la question suivante: les réformes qui sont en train d’être élaborées au sein du gouvernement provincial prennent-elles en compte les besoins linguistiques de la minorité?

Une analyse différenciée selon la langue est-elle réalisée à chacune des étapes du processus des changements en cours en éducation, en santé et dans la réforme municipale, pour ne nommer que celles-ci, afin de mesurer ses impacts?

Sinon, je crois que M. Clavette a raison de s’interroger sur la pertinence des séances de consultation quand des décisions à la pièce surgissent à tout instant sans connaître leur origine ni le pourquoi.

Jeanne d’Arc Gaudet
Moncton

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