Réginald Boudreau
Grande-Anse

La PDG de Vitalité a mis la table sur ce qui s’en vient avec la réforme de la santé envisagée par sa patronne, la ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick. La réalité, c’est la ministre sa patronne, c’est à elle qu’elle répond en priorité. Le conseil d’administration de Vitalité est, tout au plus, un organisme paravent pour donner l’impression qu’on a un mot à dire dans nos services de santé en français en respect de la Loi sur les langues officielles.

Par sa sortie de mardi 31 mai dans le journal, la DG participe au plan de communication pour nous préparer à cette réforme, qui va être un exercice comptable plus qu’une répartition équitable des besoins de soins de la population.

Il y a environ vingt ans, j’ai eu accès à une étude confidentielle, faite pour le gouvernement du Nouveau-Brunswick sur la répartition des soins de santé. Une firme de Toronto préconisait six hôpitaux sur le territoire, répartis selon un calcul des populations, comme elle se fait dans les agglomérations urbaines, sans considérer le facteur de la ruralité de notre province. Un hôpital par tant de mille citoyens. Je me demande si ce qui s’en vient aura cette saveur?

Personnellement, je ne crois pas en la structure de gestion actuelle. Un conseil qui a un rôle de chien de garde, des hôpitaux qui sont gérés à distance, une ministre qui garde tous les pouvoirs décisionnels.

Nous avons besoin d’une personne responsable de chaque hôpital, une personne qui est sur place, qui peut inspirer le personnel, voir à la qualité et la pérennité de l’établissement dont elle à la responsabilité.

Impossible d’infuser un esprit quand on n’est pas dans le milieu. Impossible à distance de saisir les besoins et particularités spécifiques des populations locales. Impossible de mettre le doigt sur la personne responsable qui répond de sa gestion.

La structure de gestion actuelle, crée des équipes molles qui restent dans le flou, où tous ont la responsabilité sans vraiment l’avoir… À distance on est toujours distant… à distance on n’est pas dévoué de la même façon…

Il peut y avoir de très bonnes personnes dans un tel système, mais les racines ne sont pas là, elles n’ont pas de profondeur… Les racines ne s’implantent pas dans l’air, mais dans le sol d’une institution qui a du sens…

Le fait que le conseil n’a pas de pouvoir de décision réel et l’autorité de la ministre, sont des facteurs qui politisent la gestion des soins de santé, ça ce n’est pas gage d’efficience.

Le problème de recrutement de la main-d’œuvre est monté de toute pièce, ont à tout mis en place pour que les conditions soient exécrables, les emplois non attrayants…

Que font les instances pour corriger la faille de l’examen d’accréditation pour entrer dans la profession d’infirmière… Comment convaincre les jeunes d’entrer dans cette profession ou on aura une vie chaotique, pas de temps pour sa famille, des congés où on devra travailler, des conditions de vie absurdes et quelques burnouts garantis, arriver à sa retraite complètement épuisé et faire du remplacement parce qu’il manque d’effectifs… En quoi ceci est-il attrayant?

Bien sûr, la réforme sera faite en invoquant les coûts fulgurants des soins. Les chiffres, ça parle, c’est même un facteur clé nous dira-t-on!

Mais ces gouvernements si habiles, si comptables, si responsables, pourquoi ne taxent-il pas les mieux nantis, pourquoi permettent-il les abris fiscaux. Comment se fait-il qu’ils laissent la grande industrie prendre nos ressources sans en payer une redevance juste et équitable. Ces ressources qui devraient être notre sécurité, qui nous appartiennent, comment se fait-il que nos gouvernements ne prélèvent pas des dus pour leur utilisation? La forêt, le crabe, le homard, sont-elles des ressources appartenant aux gens de cette province? N’est-il pas temps que les plus grands bénéficiaires de notre économie contribuent?

Un gouvernement responsable ne devrait-il pas en prélever des frais d’utilisation pour garder des services essentiels comme la santé au lieu de couper et priver les populations?

Être au service de la population au lieu de despote qui s’accaparent de tout, abusent de nos richesses, détruisent notre environnement, pour des fins mercantiles et essentiellement individuelles.

Tous les gouvernements semblent trouver plus facile de taxer la population, que de faire payer ceux qui profitent le plus du système…

J’espère qu’on n’aura pas ce charabia confirmant l’incapacité du système à gérer avec efficience et offrir un service de santé à la hauteur des besoins des gens. Dans la vie si j’ai besoin de faire réparer mon auto, je confie le travail à un mécanicien, non un plombier… pourquoi un médecin pour faire de la gestion… soigner et gérer demande des formations spécifiques.

J’attends une réforme de la santé qui améliorera la vie de tous les gens de la province, rien de moins.

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