Auréa Cormier, n.d.s.c.
Secrétaire de la conférence Mère Teresa de la Société de Saint-Vincent de Paul

La perception du public c’est que la plupart des membres de Société de Saint-Vincent de Paul sont des personnes retraitées. Cela est souvent vrai, mais au moment de la fondation de cette société à Paris en 1833, l’âge moyen des six membres fondateurs était de 19 et 23 ans. Ce petit groupe d’étudiants amis placèrent alors leur organisation sous le patronage de saint Vincent de Paul dont l’esprit et l’exemple les inspiraient. L’éditeur en chef d’une revue du temps encadrait ces jeunes, mais la figure-clé du groupe était surement Fréderic Ozanam, alors âgé de seulement 20 ans.

Fréderic Ozanam peut servir d’inspiration à la jeunesse d’aujourd’hui, souvent en quête de laisser une marque positive dans le monde. Le 8 septembre 1997, lors de la Journée mondiale des jeunes, Fréderic Ozanam a été béatifié par le Pape Jean-Paul II. Sa fête est célébrée chaque année le 9 septembre. Le texte qui suit vise à le faire connaître.

À Paris au 19e siècle, les deux-tiers de la population vivaient dans une grande pauvreté. La Révolution française avait fait de Paris «la capitale des incroyants». Ce qui mit Fréderic Ozanam au défi furent certaines remarques de ses compagnons athées de la Sorbonne: «Qu’est-ce que ton Église accomplit ces jours-ci? Que fait-elle pour les pauvres à Paris? Montre-nous tes actions et nous te croirons». Cette interpellation le guida tout au long de sa vie.

Homme brillant, Fréderic Ozanam obtint un baccalauréat en droit en 1834, un baccalauréat ès arts en 1835 et un doctorat en droit en 1836, après quoi il travailla dans un cabinet d’avocats. En 1839, il obtint un doctorat en lettres et, à l’âge de 37 ans, il devint professeur en littérature étrangère à la Sorbonne. Il se spécialisa dans la littérature, étudia l’allemand, l’anglais, l’espagnol et l’hébreux. Marié et père d’une fille, il s’engagea joyeusement dans sa profession et dans ses œuvres de charité. À cause de complications reliées à la tuberculose, il mourut à l’âge de 40 ans.

Les publications de Fréderic Ozanam reflètent son intérêt pour les questions sociales du 19e siècle, particulièrement celles de la pauvreté et des mauvaises conditions des travailleurs. Il était également préoccupé du fait que les riches s’enrichissaient alors que les pauvres s’appauvrissaient. Il est reconnu comme un précurseur de la doctrine sociale de l’Église catholique.

La Société de Saint-Vincent de Paul est une organisation catholique laïque formant un réseau mondial de charité. Les membres servent les personnes démunies sans égard à leur religion, à leur appartenance ethnique et sociale, à leur sexe ou à leurs opinions politiques. Son activité fondamentale est la rencontre de personnes démunies, lors de visites à domicile effectuées en groupe de deux.

À sa fondation en 1833, la Société comptait six jeunes, et 50 ans plus tard, il y avait déjà 4000 conférences (nom donné aux équipes locales). Présentement, grâce à l’effort de plus de 800 000 bénévoles, elle offre de l’entraide dans 148 pays. Ses bénévoles s’occupent chaque année de près de 17 millions de personnes nécessiteuses dans le monde.

Au Canada, il y a environ 15 000 membres. Au Nouveau Brunswick, la conférence Mère Teresa compte 15 membres. Plusieurs groupes d’entraide dans la province se font proches des pauvres et œuvrent dans l’esprit qu’avait saint Vincent de Paul.

On peut affirmer que la vie de Fréderic Ozanam a été exceptionnelle. Son exemple a influencé son époque et le demeure encore aujourd’hui. Espérons que les femmes et les hommes d’aujourd’hui, particulièrement les jeunes, seront énergisés par son exemple et par son témoignage.

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