L’éducation postsecondaire relève des provinces, certes. Cela dit, le gouvernement fédéral contribue au financement des universités sous forme de transferts aux provinces tout comme c’est le cas en ce qui a trait à la santé quoique dans le cas de l’éducation postsecondaire, il n’y a pas de conditions rattachées à ces transferts.

Or, selon ce qu’a découvert l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU), association à laquelle est affiliée la Fédération des associations de professeures et professeurs d’université du Nouveau-Brunswick (FAPPUNB) entre autres, la dernière augmentation de l’investissement fédéral dans le financement de base de l’enseignement postsecondaire remonte à 2008.

L’ACPPU, qui représente plus de 72 000 professeures, professeurs, bibliothécaires, chercheures et chercheurs ainsi que d’autres universitaires dans 125 universités et collèges du pays, a également pu constater que le système d’éducation postsecondaire souffre d’un financement public si grave qu’il n’est pas prêt à aider le Canada à relever les défis d’un monde post pandémie et à s’adapter à de nouvelles réalités, dont l’accélération du changement climatique.

De surcroît, avec l’arrivée de la COVID-19, les universités et collèges ont été en grande partie laissés en marge de l’aide financière gouvernementale d’urgence. Elles ont dû se réajuster et faire d’importantes dépenses non planifiées afin de sécuriser leurs sites et continuer d’assurer la formation des jeunes.

Dans un rapport de Statistique Canada qui fait partie d’une série de documents de recherche sur l’éducation, l’apprentissage et la formation, intitulé Répercussions financières projetées de la pandémie de COVID-19 sur les universités canadiennes pour l’année académique 2020-2021 et dont la mise à jour a été diffusée le 18 août 2021, il est estimé que les universités canadiennes pourraient avoir perdu entre 438 millions $ (-1,0%) et 2,5 milliards $ (-5,7%) en revenus en 2020-2021.

Les universités publiques doivent pouvoir compter sur un financement stable, adéquat et soutenu dans le temps pour mettre fin à l’érosion du système d’éducation postsecondaire, causée par un sous-financement chronique qui perdure et aux iniquités sociales qui découlent de cette érosion. Un financement de base stable pour l’éducation postsecondaire est la clé pour offrir un soutien de qualité et suffisant aux corps étudiants, répondre aux besoins pressants en matière d’infrastructure, et réduire la précarité d’emploi.

De plus, le soutien aux étudiantes et étudiants doit être accompagné d’un engagement à octroyer un financement de base stable et prévisible, de sorte que les universités et collèges publics puissent cesser d’augmenter les frais de scolarité pour pallier les manques à gagner, augmentations qui rendent de plus en plus difficile pour les enfants de classes moyenne et pauvre l’accès à l’échelle sociale qu’est l’éducation postsecondaire pour sortir de la précarité économique, y compris au Nouveau-Brunswick.

Qui plus est, en juin 2020, Statistique Canada a publié une étude sur l’évolution entre 2000-2001 et 2018-2019 du taux de participation des jeunes de 18-24 ans aux études universitaires et collégiales. Le constat qui ressort de cette étude est le suivant: le Nouveau-Brunswick est en queue de peloton au Canada avec un taux de 34%, inchangé entre les deux années de référence alors que partout ailleurs (sauf dans les provinces maritimes) ce taux a connu une augmentation pour atteindre 44% au plan national. Une telle statistique se révèle très préoccupante alors que nous procédons, tant bien que mal, à la relance de l’économie de notre province.

Les partis politiques fédéraux sont en campagne pour une élection fédérale le 20 septembre 2021. Voilà un moment propice pour exiger que nos candidates et candidats s’engagent à ce qui suit:

  • Une augmentation de trois milliards de dollars des transferts aux provinces pour l’enseignement postsecondaire public;
  • Une stratégie nationale de l’éducation postsecondaire axée sur l’accès et l’abordabilité pour toutes et tous, en mettant la priorité sur l’élimination de l’écart concernant le financement de la recherche, l’éducation des Autochtones et l’augmentation des bourses d’études canadiennes.

Il nous faut un leadership fédéral solide grâce auquel l’investissement dans l’enseignement et la recherche postsecondaires sera accru afin de stimuler la relance post pandémie du Canada.

Hector Guy Adégbidi
Président
Fédération des associations de professeures et professeurs d’université du N.-B.

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