Léon Robichaud
Shippagan

La campagne fédérale nous a laissé avec trop de questions sans réponse au sujet de la pénible histoire des autochtones. L’existence de ces corps autochtones, que l’on dit avoir découvert en juin près de l’ancien pensionnat de Kamloops en Colombie-Britannique, leur existence était bien connue depuis longtemps.

En 2015, les assises de la Commission de Vérité et Réconciliation avaient publié un rapport affirmant qu’environ 4000 personnes sont décédées pendant leur séjour dans un orphelinat. Pour le juge d’origine autochtone, Murray Sinclair, le nombre possible serait de 8000. Le professeur d’anthropologie à l’Université Lakehead de Thunder Bay, Scott Hamilton, a personnellement documenté les cimetières liés aux écoles résidentielles. Il soulignait dans une entrevue au BC Catholic, au lendemain de l’annonce médiatique de juin, qu’il ne s’agit ni de charnière ni de fosses communes comme trop de médias l’ont avancé imprudemment, mais bien des tombes placées les unes à côté des autres, comme dans tous nos cimetières.

L’anthropologue Hamilton a conclu de ses recherches que les petites croix de bois qui surplombaient probablement les tombes ont tout simplement disparu avec le temps, faute d’entretien. Nulle part dans ses recherches, le professeur Hamilton, qui a consulté les dossiers, ne donne à penser que les responsables des pensionnats auraient voulu faire disparaître toutes traces de ces morts.

L’abus des peuples autochtones est un chapitre sombre de l’histoire du Canada. Trop de personnes ont porté atteinte à la dignité des membres du peuple des Premières Nations au Canada. Les pensionnats autochtones ont été initiés par le 1er premier ministre de la Confédération canadienne, John Alexander Macdonald. La réconciliation, tout en demeurant longue et ardue, n’en est pas moins importante.

En cherchant la vérité, n’oublions pas les faits historiques, trop souvent méconnus et oubliés.

Le premier pas de la réconciliation, il s’agit d’être ouvert à leur culture bienveillante en essayant de comprendre ce que sont les autochtones, qu’ils ont une vision différente de notre société, en saisissant même l’impact que les pensionnats ont eu sur leurs communautés. Les Canadiens non-autochtones doivent reconnaître les gestes du passé à leur égard, en leur donnant les moyens de regagner leur dignité. L’unique route de la réconciliation, c’est celle de la dignité.

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