Même si le glyphosate est l’herbicide le plus utilisé dans le monde, il est considéré de plus en plus comme un produit qui induit un écocide dans l’environnement. Une étude de l’Université de Rajarata sous la direction du chercheur Channa Jayasumana et une autre de l’Université McGill au Québec montrent que le glyphosate n’est pas sans conséquences même à faible dose. Le produit concentre les métaux lourds et le phosphore en les rendant solubles dans l’eau. Cette concentration de métaux lourds et de phosphore peut par le ruissellement aller contaminer les puits et les cours d’eau.

Au niveau des instances mondiales, le glyphosate a été classé en 2015 dans les agents probablement cancérogènes pour l’homme par l’OMS.

Le Sri Lanka est le premier pays à avoir interdit son utilisation, en 2015. Les chercheurs ont pu relier une contamination des puits d’eau potable aux métaux lourds et l’utilisation du glyphosate dans les champs environnants. Le lobby est tellement fort qu’ils ont levé cette interdiction pour deux cultures en 2019.

Aux États-Unis, l’affaire Edwin Hardeman dans l’État de Californie a été gagnée contre Mosanto. La compagnie a été condamnée à lui verser plusieurs millions de dollars pour ne pas avoir mentionné sur l’étiquette que l’herbicide Roundup (agent actif, glyphosate) est cancérigène.

Le procès a mis en lumière une pratique frauduleuse de Mosanto. La compagnie faisait signer des études par des chercheurs de renom en contrepartie d’une compensation financière et de leur silence.

Dans un documentaire de Marie-Monique Robin, Roundup face à ses juges, elle explique qu’en Argentine, des médecins ont pu relier l’épandage par avion de Roundup et l’incidence de fausse-couche, de malformation congénitale et de cancer chez la population environnante.

Santé Canada est une agence d’homologation des produits phytosanitaires-sanitaires. Elle ne fait aucune recherche sur l’inoculation des produits. Elle ne fait qu’analyser les données des compagnies. Il y a un manque de recherche et d’indépendance flagrant.

La voie de la science et de la protection de la population doit primer sur les impératifs financiers.

Nous devrions imiter le Québec qui est la seule province canadienne où l’usage de phytocides chimiques est interdit en forêt, et ce, depuis 2001. Pourquoi pas nous?

Après 20 ans, l’industrie forestière québécoise n’est pas en faillite.

L’interdiction du glyphosate fait partie d’enjeux sanitaires où tout le monde doit prendre position. Il est légitime de se questionner sur le lègue environnemental que nous allons faire à nos enfants.

Doit-on encore attendre d’être au pied du mur comme pour les changements climatiques pour respecter la vie?

Même si le gouvernement n’interdit pas le glyphosate, il serait bénéfique pour tous de faire la promotion d’alternatives viables réduisant son utilisation.

Karine Lapointe
Grande-Digue

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