Ann McAllister
Rothesay

L’achèvement d’un petit réacteur nucléaire modulaire (PRNM) d’ici 2029-2030, annoncé par le PDG d’ARC dans l’article intitulé ARC expands NB footprint (Telegraph-Journal, 6 octobre), est trop optimiste pour deux raisons: le retard et le coût.

Le PRNM de l’ARC est encore à l’étape de la conception préliminaire, mais le calendrier de l’entreprise ne tient pas compte des retards dus aux défis réglementaires et techniques, comme le confinement sécuritaire du liquide de refroidissement au sodium, corrosif et explosif, du réacteur. À titre d’exemple, le physicien M.V. Ramana de l’UBC cite le PRMN de l’Argentine, achevé à 70% seulement après six ans, et le réacteur américain Nuscale, qui a pris 16 ans de retard et a dépensé 1 milliard $US avant sa construction. Le calendrier de construction de l’ARC de 2027 à 2029 ou 2030 est-il réalisable?

Deuxièmement, les coûts de l’électricité produite par les PRNM ne peuvent rivaliser avec les énergies renouvelables telles que l’éolien et le solaire. Selon le rapport Levelized Costs of Electricity 2020 de Lazard, les coûts énergétiques en dollars américains par kilowattheure pour l’énergie éolienne varient de 2,6 à 5,4 cents, pour l’énergie solaire à grande échelle de 2,9 à 4,2 cents et pour l’énergie géothermique de 5,9 cents à 1,01$, tandis que l’énergie nucléaire à grande échelle varie de 1,29 à 1,98$. Il est peu probable que l’électricité produite par les PRMN soit moins chère, car les PRMN ne permettent pas de réaliser des économies d’échelle; un réacteur produisant 10 fois plus d’électricité ne nécessite pas 10 fois plus de béton ou 10 fois plus de travailleurs. Enfin, les tarifs de l’énergie nucléaire continuent d’augmenter, tandis que ceux des énergies renouvelables continuent de baisser.

Même si le PRMN de l’ARC ne connaît aucun retard technique, réglementaire ou de construction, 2029 ou 2030 est trop tard pour commencer la décarbonisation. D’ici là, nous devons être bien engagés sur la voie de la réduction des émissions de carbone pour éviter les pires impacts climatiques.

Qu’on soit pour ou contre les PRMN, il faut commencer à construire des installations d’énergie renouvelable dès demain. Elles sont immédiatement disponibles, coûtent moins cher à construire, produisent de l’électricité moins chère et peuvent commencer à réduire les émissions de carbone en une ou deux saisons de construction, pas dans huit ans.

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