En ce temps de pandémie, on accorde beaucoup d’attention à l’épuisement professionnel des personnes œuvrant dans divers secteurs névralgiques de la société.

Pas une journée ne passe sans qu’on entende un commentaire ou une nouvelle selon lequel des employés n’en peuvent plus du lourd fardeau qui leur incombe: quarts de travail interminables; clients vulnérables ou insatisfaits dont on n’arrive pas à améliorer le sort; manque de reconnaissance de la part des décideurs et dirigeants, eux-mêmes aux prises avec l’épuisement et arrivant difficilement à motiver leurs troupes. Ajoutons à cela les efforts déployés afin de remonter le moral de collègues désespérés et menaçants de quitter le bateau. Certains le font.

Qu’il s’agisse de fatigue par compassion, de trouble de l’adaptation ou du burnout, les symptômes se recoupent. La trajectoire qui conduit à l’épuisement est prévisible. À l’embauche, l’employé est perçu favorablement par ses nouveaux collègues. Une telle atmosphère à l’accueil nourrit le sentiment de pertinence et de compétence. À la longue cependant, suite au manque chronique de repos et de valorisation, l’apparition progressive de toutes sortes de malaises physiques ou psychologiques se fait sentir: par exemple, maux de tête ou de dos; insomnies; sommeil non réparateur; sentiment de ne pouvoir suffire à la tâche, sans compter la culpabilité engendrée par la proverbiale conciliation travail-famille.

Peu à peu l’épuisement fait son œuvre. La personne en arrive à douter de sa compétence; la déception affecte l’estime de soi. L’impasse se produit lorsqu’apparaissent les symptômes anxieux-dépressifs, dont le désengagement affectif. Les clients ou bénéficiaires sont alors considérés comme encombrants et traités avec détachement. Les sautes d’humeur ne sont pas rares.

Les difficultés d’attention et de concentration affectent peu à peu le jugement d’où le risque de commettre des erreurs ou de prendre de mauvaises décisions. Il n’est pas rare que l’esprit d’équipe soit miné par des collègues devenus dysfonctionnels faute de ne pouvoir s’offrir de répit. À ce point, la personne sur qui on compte ne parvient pas à recouvrer son mieux-être.

Comment alors prévenir le pire? D’abord, chercher d’autres moyens d’alléger sa charge physique et mentale. Certains collègues empathiques pourraient apporter leur soutien dans la recherche de solutions. Encore faut-il se confier à eux. S’il y a accumulation de symptômes et que la détresse semble imminente, une approche thérapeutique médicale ou psychologique peut être indiquée. Il faut éviter de sombrer dans le déni et négliger de se faire aider. Carey Price et Jonathan Drouin ont su demander de l’aide. Ils ont eu le courage de briser le tabou. Alors!

Clément Loubert
Psychologue – clinicien à la retraite
Moncton

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