En accompagnant une personne âgée en fin de vie, j’ai mieux compris que le devoir d’humanité est un devoir de compassion, devenu nécessaire en temps de pandémie.

La COVID-19 nous invite tous à apprivoiser l’idée de notre mort et que le mourir se tient aussi dans la vie de ceux et celles qui perdent un être cher, en faisant la triste expérience de l’absence.

Il est très douloureux de laisser partir le défunt en ne sachant pas trop comment poursuivre sa vie sans la présence de l’autre. Les personnes en deuil ont besoin de parler de leur souffrance, afin de ventiler, en toute confiance, les diverses émotions qui bousculent leur vie intérieure.

La mort comporte une grande part d’étrangeté. Trop de gens, effrayés de devoir affronter cette sombre inconnue, refusent d’y songer en l’ignorant.

Ce qui me frappe depuis le début de la pandémie, c’est que les réseaux sociaux passent sous silence cette réalité commune à tous les êtres vivants. Nous savons tous qu’un jour ou l’autre, nous serons confrontés à la mort, la nôtre ou celle de l’autre. Dans les médias, les sports et la politique tiennent une place importante. Le sujet de la mort est rarement souligné.

Il y a quelque chose que l’on peut faire pour adoucir l’épreuve, à la suite du décès de l’être cher. Ce quelque chose, c’est d’en parler.

«Au-delà des termes personnels qui nous relient à notre propre mort, il y a les autres: ceux qui subsistent à notre départ et qui devront apprivoiser notre mort. Se soucier d’eux, de l’épreuve qui les concerne et de leur manière de gérer le départ de l’autre, c’est reconnaître que la mort ne se vit pas par soi», (Kent 1977).

Les médias électroniques et les journaux nous aident à rester en contact les uns avec les autres. Cependant, ils ne remplaceront jamais la chaleur humaine d’une parole ou d’une écoute attentive.

Léon Robichaud
Shippagan

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