J’ose espérer ne plus avoir honte un jour! Je suis conscient que notre société fait face à une crise de la main-d’œuvre qui ne sera pas résorbée pour une décennie au moins. Que nous manquons d’infirmières, de médecins, d’aide-soignant et j’en passe. Pourtant, la population des baby-boomers, ces personnes nées entre 1945 et 1960, ne va pas arrêter de vieillir pour autant.

La pandémie a exacerbé la situation précaire que connaissent, depuis des décennies, les personnes vivant dans les foyers de soins de longue durée dans notre province, au pays et dans la majorité des pays dits civilisés.

Nous ne gardons plus nos parents dans nos résidences ou dans la leur, et ce, pour différentes raisons que je n’ai pas à mentionner. Ce serait superflu.

En tant que société, pouvons-nous accepter, en 2021, que des résidences de longue durée soient privées?

Qu’il est tout à fait louable, sinon acceptable, que des propriétaires, des actionnaires, des multinationales et autres entités, pensent au rendement, à rentabiliser, disons les vraies choses, à faire de l’argent avec nos aînés?

Vraiment, comment pouvons-nous nous regarder dans le miroir chaque matin et dire que c’est OK? Ou pire, regarder ailleurs?

Loin de moi l’idée de jeter la pierre aux propriétaires de ces résidences, ils accaparent un secteur de nos vies que nos gouvernements, ceux que nous avons élus, ont délaissé puisque les coûts sont trop importants. Il n’y a pas d’autres raisons pour expliquer cette situation.

Je peux affirmer sans me tromper, qu’il y a des résidences privées qui offrent des conditions acceptables, mais ce ne sont pas toutes.

Je plaide, comme citoyen, pour que nous fassions pression sur nos élus afin que toutes les résidences de soins de longue durée soient du domaine public. Avec des normes et des règles provinciales ou nationales. Cela ne réglera pas tout, mais ce sera, au moins, un pas dans la bonne direction.

Nous avons les moyens d’entretenir nos routes, nos édifices publics et de nous payer des services plus qu’adéquats, je ne vois pas pourquoi nous ne pouvons pas nous payer la dignité pour eux… et nous tous!

J’ai hâte au jour où je pourrai me regarder dans ce miroir matinal et ne plus avoir honte!

Bruno Godin
Beresford

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