L’arrivée de l’année 2022 nous suggère de faire une rétrospection de l’année qui vient de prendre fin ainsi qu’une projection de ce qui nous attend.

L’inflation des prix alimentaires a touché la plupart des catégories d’aliments cette année, voilà pourquoi les 12 derniers mois ont apporté leur lot de tracas aux Canadiens, tant à l’épicerie qu’au restaurant.

Le Rapport sur les prix alimentaires 2022, publié récemment par l’Université Dalhousie, l’Université de Guelph, l’Université de la Saskatchewan et l’Université de la Colombie-Britannique, prévoit que la famille canadienne moyenne pourrait dépenser jusqu’à 966$ de plus en épicerie en 2022, par rapport à 2021. C’est un record depuis le tout premier rapport, il y 12 ans. Le laboratoire publiait aussi un compte-rendu sur les intentions des Canadiens pour la prochaine année en ce qui concerne la nourriture et les autres aspects de leur vie liés à l’alimentation.

Au total, 9999 Canadiens ont participé à cette enquête en nous révélant leurs attentes en matière de vente au détail et de services alimentaires pour les 12 prochains mois. Le rapport a également examiné les résolutions du Nouvel An et la façon avec laquelle les Canadiens tenteront de contrer la hausse des prix alimentaires ou s’ils prévoient aborder différemment le concept de la nourriture dans leur vie.

Le sondage demandait d’abord aux Canadiens à quel rythme ils croyaient que le prix des aliments augmentait par rapport au revenu de leur ménage. Au total, 89,8% des personnes interrogées ont déclaré que le prix des denrées alimentaires augmentait à un rythme plus rapide que leurs revenus. Notre problème d’abordabilité est réelle.

En trois ans, il s’agit du pourcentage le plus élevé de Canadiens qui croient que le prix des aliments augmente plus rapidement que leur revenu. Dans le Rapport sur les prix alimentaires 2022, concernant les prévisions qui anticipent que le prix des aliments augmentera jusqu’à 7% au cours de la nouvelle année, la plupart des Canadiens estiment que ces prévisions demeurent trop modestes.

Au total, 60,2% des Canadiens s’attendent à ce que le prix des aliments augmente encore.

L’Île-du-Prince-Édouard a enregistré le taux le plus élevé à 68,2%, tandis que le Québec avait le taux le plus bas, à 51,0%. Pour la nouvelle année, certaines catégories d’aliments préoccupent plus que d’autres. Sans surprise, le prix de la viande représente une grande source de préoccupation pour les Canadiens.

Il y a deux ans, lors d’un sondage similaire, la catégorie des légumes inquiétait beaucoup les Canadiens. Pour 2022, alors qu’un total de 49,3% des Canadiens se disent préoccupés par le prix de la viande, 22,8% se tracassent pour celui des légumes. Les fruits correspondent à 12,8% et les produits laitiers à 6,4%. Les poissons et les fruits de mer ainsi que les produits de boulangerie ne constituent pas des catégories très préoccupantes pour les consommateurs.

Ces résultats sont intéressants car les perceptions ne reflètent pas ce qui se passe réellement dans les épiceries. Même si les prix des produits ont à peine bougé cette année, les Canadiens se préoccupent toujours de la fluctuation du prix des fruits et légumes, tout comme il y a deux ans lorsque les prix augmentaient.

Lorsque les consommateurs sont effrayés, cela marque l’imaginaire. Il y a fort à parier que plusieurs croient encore qu’une tête de chou-fleur coûte 8$, alors qu’elle se vend à moins de 2$ cette année.

Pour la nouvelle année, un total de 63% des Canadiens ont l’intention de changer leurs habitudes. La décision la plus populaire pour 2022 avec 52,8% opte pour l’utilisation plus fréquente des coupons. Diminuer les sorties au restaurant constitue le deuxième changement d’habitude le plus populaire de l’enquête. Au total, 51,7% des Canadiens ont l’intention d’éviter les restaurants au cours de la nouvelle année.

Les circulaires devraient également devenir plus populaires, puisque 45,5% des acheteurs veulent les consulter plus souvent.

Depuis le début de la pandémie, il a été signalé à plusieurs reprises que les acheteurs visitaient différents marchés d’alimentation ou même changeaient d’épicerie principale. Cette tendance va probablement se poursuivre en 2022, puisque 31,9% envisagent de se rendre dans différentes épiceries.

Enfin, le sondage demandait ce que les Canadiens avaient l’intention de faire de plus à propos de la nourriture au cours de la nouvelle année.
La principale résolution pour 2022 veut réduire le gaspillage alimentaire et manger plus de légumes.

Au début de l’année 2020, période pré-pandémique, nous avions également mené une enquête similaire. Les résultats se ressemblaient, car la réduction du gaspillage alimentaire et la consommation accrue de fruits et de légumes se retrouvaient aux premiers rangs.

L’option de cuisiner plus souvent se retrouve troisième sur la liste des résolutions alimentaires pour 2022.

Changer de régime et manger plus de restes ont également reçu un fort soutien, tout comme en 2020.

Par rapport à notre dernière enquête pré-pandémique menée en 2020, quelques choix nouveaux se retrouvent dans la liste, notamment changer la façon de gérer les repas (15,0%), manger plus de poisson et de fruits de mer (11,6%), jardiner (9,3%), commander de la nourriture en ligne (7,1%) et commander plus de trousses repas (4,7%).

Ces nouvelles résolutions phares reflètent quelque peu la façon dont le paysage alimentaire a changé en raison de la pandémie.

Étant donné que 2022 sera l’Année internationale de l’aquaculture et de la pêche artisanale, constater qu’un plus grand nombre de Canadiens souhaitent manger plus de poisson et de fruits de mer correspond à l’air du temps.

Dr Sylvain Charlebois
Directeur principal
Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire
Université Dalhousie, N.-É.

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