Monsieur le ministre Daniel Allain, la consultation populaire tenue le samedi 23 avril à Inkerman passera à l’histoire comme étant une parodie de démocratie.

À titre de citoyen et conseiller municipal de Le Goulet, j’assistais samedi dernier à cette consultation populaire, organisée par le comité de transition de l’unité 16, dont le but était de soi-disant informer la population.

J’ai toujours cru que lorsqu’on désire informer une population, on est de facto ouvert à leurs commentaires. J’ai toujours cru qu’un échange d’idées aurait été le bienvenu. Ce n’était pas le cas.

Puisque nous avions cru que cette rencontre devait servir d’échange d’idées avec la population, la conseillère Eda Roussel et moi-même avions préparé les propositions et positions de notre municipalité sur de grandes fiches que nous désirions afficher au mur.

Cette demande nous a sèchement été refusée. Notre maire, Paul-Aimé Mallet, eut beau intercéder auprès du comité, il a essuyé une fin de non-recevoir.

Tout était décidé à l’avance et il était clair qu’on organisait cette rencontre pour faire croire à la population que le comité de transi-tion consultait son monde. Or, il n’en fut rien.

À cette supposée consultation et/ou session d’information, il y a eu à peine 40 personnes du grand public qui se sont pointé le bout du nez, si on exclut la présence des présidents des DSL et maires faisant partie du comité, des conseillers municipaux et des organisateurs, qui comptaient pour une quinzaine de personnes.

Sur une population de plus de 4000 électeurs, cela signifie qu’à peine 1% y ont participé. Et on tentera de nous faire croire maintenant que la population s’est prononcée.

La seule façon d’échanger se faisait entre nous même et il était permis d’aller discuter avec un membre du comité, (style one on one, comme me l’a dit la facilitatrice). Mais il fallait savoir qui était qui, car les membres du comité étaient dispersés entre la foule et n’ont jamais été présentés au public.

Aucun mot de bienvenue, aucun discours. Deux ou trois cartes affichées sur les murs et un feuillet d’information remis au public à l’entrée. Et une boite de vote pour un nouveau nom, non surveillée, le long du mur. Veux-tu voter 10 fois? Bienvenue.

Et je le rappelle, refus absolu de distribuer nos fiches d’information, directive que nous avons ignorée. À un moment donné, on est allé jusqu’à me demander d’aller distribuer mes fiches d’information dehors.

Oh, qu’on est loin de 1982 et de la Charte canadienne des droits et libertés, garantissant la liberté d’expression dans ce pays.

Voilà donc la façon de procéder, Monsieur le ministre Allain, ici dans le futur Grand Shippagan. Des mesures décidées à l’avance par un comité à qui vous avez donné le pouvoir absolu.

La municipalité de Le Goulet avait proposé début avril une consultation populaire précise s’échelonnant sur six semaines et un vote de la population sur les trois choix les plus populaires. Ce fut rejeté. Or, nous ne demandons que d’avoir le droit démocratique de nous prononcer sur notre future identité.

Monsieur le ministre Allain, que ces décideurs soient des élus municipaux et des présidents de DSL nommés en assemblée publique, cela ne leur donne pas le droit ni la légitimité de procéder unilatéralement. Vous avez fait adopter une législation et je ne conteste pas la légalité de vos gestes. Mais ils ne sont pas pour autant légitimes.

Je vous demande de rappeler ce comité à l’ordre, car le torchon brûle. Il y va de votre réputation et de celle de ce comité.

Wilfred Roussel
Citoyen de Le Goulet et conseiller municipal

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