Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations Unies lance des avertissements de plus en plus graves sur les effets mondiaux du réchauffement planétaire induit par l’homme, comme en témoignent ses récents rapports.

Les scientifiques sont au courant des changements climatiques anthropiques depuis au moins 50 ans, mais les répercussions ne sont devenues évidentes pour de nombreux Canadiens de l’Atlantique que plus récemment.

La santé humaine est – et continuera d’être – de plus en plus affectée par les manifestations du changement climatique, telles que les dômes de chaleur, les feux de forêt, les inondations, les tempêtes violentes et les sécheresses prolongées. Cela s’ajoute à la pollution déjà présente sur les populations en raison de la contamination de notre air, de notre eau et de nos terres.

En tant que médecin et membre du chapitre du Nouveau-Brunswick de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME-NB), je m’inquiète pour le bien-être des résidents du Nouveau-Brunswick. Vous devriez l’être aussi.

Le gouvernement provincial et Énergie NB traînent les pieds en matière d’atténuation et d’adaptation au changement climatique. L’an dernier, la province a tenté d’obtenir une prolongation du gouvernement fédéral pour continuer à exploiter la centrale au charbon de Belledune au-delà de 2030. De l’aveu même d’Énergie NB, l’usine de Belledune émet de 2,5 à 3,7 mégatonnes de dioxyde de carbone chaque année, soit à peu près la même quantité émise chaque année par 600 000 voitures (à combustibles fossiles). L’usine rivalise avec la raffinerie Irving Oil comme étant le plus grand émetteur de gaz à effet de serre de la province. Heureusement, le gouvernement fédéral a rejeté la demande du Nouveau-Brunswick de prolonger la durée de vie de Belledune au-delà de 2030.

Le Nouveau-Brunswick est à la traîne par rapport aux autres provinces dans la transition vers des énergies renouvelables propres, comme l’énergie éolienne et solaire. La première ferme solaire à grande échelle d’Énergie NB avec stockage par batterie est en cours de construction avec des partenaires à Shediac et devrait être opérationnelle cette année. La ferme solaire produira suffisamment d’énergie pour alimenter environ 100 foyers par an. Il s’agit d’un début attendu depuis longtemps pour Énergie NB et la province, mais, de toute évidence, cette quantité d’énergie n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan.

Même avant la forte hausse des prix des combustibles fossiles, les rapports de l’Institut Pembina (un groupe de réflexion national non partisan) ont clairement montré que les portefeuilles d’énergie propre favorisant l’énergie éolienne et solaire – combinés à des programmes d’efficacité énergétique et au stockage par batterie – peuvent produire de l’électricité à moindre coût que les combustibles fossiles. Il s’avère que ces sources peuvent également être aussi fiables que les combustibles fossiles.

Malheureusement, le gouvernement du Nouveau-Brunswick et Énergie NB misent plutôt sur des technologies énergétiques coûteuses et non éprouvées.

Au cours des dernières années, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a accordé 30 millions $ pour le développement commercial de petits réacteurs nucléaires modulaires. Que vous soyez en faveur d’une plus grande énergie nucléaire ou non, il est irréfutable que les petits réacteurs nucléaires modulaires ne soient pas en service à temps pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de la province au cours de cette décennie cruciale. Le dernier rapport du GIEC indique que «limiter le réchauffement à environ 1,5°C (2,7°F) nécessite que les émissions mondiales de gaz à effet de serre atteignent un pic avant 2025 au plus tard». Nous n’avons pas beaucoup de temps.

Plus tôt cette année, l’ancien chef de la Commission de réglementation nucléaire des États-Unis et les principaux conseillers du gouvernement européen sur l’énergie nucléaire ont publié une déclaration commune, affirmant que l’énergie nucléaire ne faisait «tout simplement pas partie d’une stratégie réalisable qui pourrait lutter contre le changement climatique». Ils énumèrent un certain nombre de préoccupations, allant des coûts extrêmement élevés et des longs délais réglementaires à la complexité et à l’incertitude technologiques, aux questions de sécurité nationale, aux déchets nucléaires toxiques et à la vulnérabilité des infrastructures nucléaires face à des phénomènes météorologiques de plus en plus extrêmes, tels que les inondations.

Il est impératif que le gouvernement du Nouveau-Brunswick utilise le Fonds des changements climatiques pour soutenir des projets qui réduiront les émissions de gaz à effet de serre, rapidement, à un prix abordable et de façon fiable. Nous pouvons sortir le Nouveau-Brunswick du charbon, du gaz naturel, du diesel et d’autres combustibles fossiles en passant à l’énergie solaire et éolienne, soutenue par la conservation et l’efficacité énergétiques, le stockage de l’énergie et la flexibilité de la demande de pointe.

Lorsque nous le ferons, cela contribuera grandement à assurer la santé et le bien-être des résidents du Nouveau-Brunswick.

Dr David Beaudin
Rothesay

*Le Dr Beaudin siège au comité des combustibles fossiles de la section du Nouveau-Brunswick de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement

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