Je me présente, je m’appelle Anna-Belle Pitre et je suis étudiante à l’Université de Moncton. En septembre, je débuterai ma deuxième année du programme de biologie afin de travailler dans le secteur de l’environnement et des changements climatiques. Comme vous le savez probablement déjà, on constate un grand manque de main-d’œuvre partout au Nouveau-Brunswick, et ce, dans tous les secteurs du marché du travail. Cependant, cette pénurie est flagrante dans le domaine de l’environnement, vu les conditions climatiques précaires dans lesquelles nous vivons actuellement. C’est pourquoi je suis fière de travailler si fort afin de contribuer à combler ce manque de personnel important dans ma province.

Pourtant, mon humeur s’est assombrie cet après-midi (jeudi) lorsque j’ai appris la nouvelle que nous, les étudiants postsecondaires, n’aurons plus accès à l’assurance-emploi durant nos études. J’ai premièrement ressenti une grande tristesse pour moi et toutes les personnes étudiantes qui doivent travailler toujours si fort et qui doivent redoubler d’efforts afin de rejoindre les deux bouts. La tristesse a laissé place à la colère, une colère dirigée vers les dirigeants qui ont pris cette décision.

Et puis maintenant, approximativement cinq heures après avoir appris la nouvelle, je suis inquiète. En effet, je me demande comment j’arriverai à financer mes études pendant toute l’année et, si j’y arrive, de quelle façon ce stress supplémentaire affectera mes résultats scolaires.

Puisque j’habite à Campbellton, à plus de 300 kilomètres du campus situé à Moncton, je suis dans l’obligation de me trouver un logement dans cette région. Malheureusement, les prix des appartements dans cette ville sont exorbitants, rares sont les étudiants qui peuvent se le permettre seuls ou même avec un colocataire. En plus de mon loyer, que je dois aussi payer tout au long de l’été, je dois payer plusieurs autres services essentiels, comme l’électricité, l’internet, une assurance pour locataire, etc. Puisque Moncton n’est pas une ville conçue pour les piétons ou les cyclistes, je dois me déplacer en voiture afin de vaquer à mes occupations quotidiennes.

Donc, l’assurance automobile ainsi que l’essence (qui n’arrête pas d’augmenter) font aussi parties de mes dépenses régulières. Finalement, on ajoute l’épicerie (qui elle aussi n’arrête pas d’augmenter) ainsi que mes frais de scolarité d’environ 8000$, incluant les manuels et les coûts divers. On arrive alors à une somme globale, très conservatrice, de 22 180$ par année. Avec un salaire de 12,75$/l’heure, le salaire minimum au Nouveau-Brunswick, je devrais travailler plus de 33 heures par semaine pour couvrir ces coûts. Certes, j’ai accès à des prêts et des bourses gouvernementales, mais celles-ci sont largement insuffisantes pour payer toutes mes dépenses essentielles.

Depuis l’annonce de la fin du programme Connexion NB-AE, je considère fortement poursuivre mes études au Québec, puisque les frais de scolarité sont moindres et la qualité de l’enseignement supérieure. J’adore ma province, mais je crains ne pas pouvoir me permettre d’étudier au Nouveau-Brunswick.

Donc, j’invite les élus à nous écouter, nous la relève et les futurs travailleurs, et de faire tout en votre pouvoir afin de nous aider et nous encourager à poursuivre nos études dans notre belle région.

Anna-Belle Pitre
Campbellton

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