Monsieur le premier Ministre Trudeau, nous vous écrivons pour vous exhorter à prolonger la norme d’admissibilité uniforme de 420 heures aux prestations d’assurance-emploi et les mesures de simplification administrative du régime d’assurance-emploi qui doivent prendre fin le 24 septembre 2022.

Introduites pendant la pandémie, la réduction de la norme d’admissibilité et les mesures de simplification administrative ont permis l’accès et l’amélioration des prestations pour un grand nombre de femmes et de travailleurs racialisés à temps partiel, saisonniers et employés de façon précaire, habituellement exclus de l’assurance-emploi.

Depuis 2019, votre gouvernement s’est engagé à créer un régime d’assurance-emploi pour le 21e siècle qui fonctionne pour tout le monde.

Des consultations publiques concernant l’amélioration de l’accès et de l’équité sont en cours et des changements permanents n’ont pas été annoncés, et encore moins mis en œuvre. Nous sommes consternés par le fait que le gouvernement s’apprête maintenant à aggraver le régime d’assurance-emploi au lieu de l’améliorer.

Le 25 septembre, les travailleurs mis à pied qui s’attendent à avoir accès à l’assurance-emploi en vertu des règles temporaires se verront exclus du régime. Bon nombre de ces travailleurs mis à pied auront travaillé pendant la pandémie alors que d’autres auront bénéficié des normes d’admissibilité moins élevées pour les prestations d’urgence de relance et de règles spéciales de l’assurance-emploi.

Les nouvelles mères et les nouveaux parents seront désormais incapables d’accéder aux prestations parentales.

Alors que le gouvernement se prépare à prolonger les prestations de maladie de l’assurance-emploi de 15 à 26 semaines, l’expiration des règles temporaires rendra plus difficile l’accès à ces prestations.

M. le premier Ministre, ce n’est pas le bon moment pour prendre cette mesure. Alors que l’inflation et les hausses des taux d’intérêt commencent à ralentir l’activité économique, l’incertitude quant à l’avenir est considérable. La reprise de l’emploi a atteint un plateau, la croissance économique se modère et le taux de chômage a augmenté. Les pénuries de main-d’œuvre dans la région des Maritimes et de l’Atlantique ont des causes profondément enracinées. Elles ne seront pas corrigées en retirant l’accès aux prestations d’assurance-emploi, comme l’a démontré la fin de la Prestation canadienne de la relance économique à l’automne 2021.

De plus, la décision de laisser expirer les règles temporaires de l’assurance-emploi, indiquée dans le budget de 2022, n’est pas non plus basée sur des preuves actuelles.

D’ailleurs, Emploi et Développement social Canada n’a pas été en mesure de fournir des simulations ou des modélisations justifiant cette décision.

Les recherches du Congrès du travail du Canada suggèrent qu’après le 24 septembre, de nombreux travailleurs mis à pied ne pourront pas avoir accès aux prestations d’assurance-emploi.

Compte tenu des retards inacceptables actuels dans le traitement des demandes d’assurance-emploi, nous avons également de sérieuses inquiétudes quant à la capacité du personnel de Service Canada à traiter les demandes en vertu des règles de l’assurance-emploi qui étaient en vigueur avant la pandémie en temps opportun.

Nous exhortons votre gouvernement à prolonger les règles temporaires de l’assurance-emploi jusqu’à ce que des améliorations permanentes en matière d’accès et de niveaux de prestations puissent être mises en œuvre.

Daniel Legere, Fédération des travailleurs et travailleuses du Nouveau-Brunswick
Carl Pursey, Fédération du travailde l’Île-du-Prince-Édouard
Mary Shortall, Fédération du travail de Terre-Neuve et du Labrador
Danny Cavanagh, Fédération du travail de la Nouvelle-Écosse

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