Monsieur le député Jean-Claude d’Amours,

Nous sommes très préoccupés, nous croyons comme vous, par la situation qui perdure dans notre système public de santé. Nous ne dresserons pas la liste des différents défis auxquels il fait face, car comme député, vous les connaissez sûrement autant que nous. Nous aimerions cependant souligner notre profonde préoccupation quant à la tendance du gouvernement à se tourner de plus en plus vers le système privé ou à but non lucratif pour résoudre les présentes difficultés de notre système public.

Comme vous le savez, le gouvernement a déjà sous-traité à Médavie-Croix Bleue, la pleine gestion de certains services de santé (AmbulanceNB, Hôpital extra-mural, TéléSoins-811).

Récemment, il a signé avec des entreprises privées des ententes qui coûtent très cher, avec entre autres la compagnie de soins virtuels, eVisitNB et avec le Centre d’Ophtalmologie Acadie Bathurst.

Les annonces de ces ententes par le gouvernement et la régie ont fait grand cas du fait que nous n’aurons pas à payer de notre poche pour ces services et pourrons utiliser notre carte d’assurance-maladie. Vous nous demanderez donc pourquoi nous nous opposons à de telles ententes; permettez-nous d’énumérer les raisons de notre désaccord.

Perte de contrôle: En nous tournant vers les entreprises privées ou à but non lucratif pour la livraison de services de santé, nous perdons le contrôle de notre système public de santé. Nous perdons le contrôle sur la direction que nous voulons donner au système, sur le personnel, sur les infrastructures, sur l’équipement, sur la technologie, sur les montants investis, etc. Se tourner de plus en plus vers le privé veut essentiellement dire que nous mettons en place un système à deux vitesses.

Imputabilité: Le système public de santé doit rendre des comptes aux députés et à l’Assemblée législative. De cette façon, nous pouvons tous savoir ce qui se passe et avons un droit de regard. Lorsque nous donnons la gestion ou payons des entreprises privées pour des services de santé, nous perdons complètement l’accès à l’information, car elles évoquent la confidentialité et la protection de leurs intérêts commerciaux pour nous la refuser. Quant aux entreprises à but non lucratif, elles ne rendent pas compte au public, mais à leur conseil d’administration et invoquent, elles aussi, la confidentialité des renseignements.

Concurrence: Les entreprises privées ou à but non lucratif ont besoin de personnel (médecins, infirmières, techniciens, gestionnaires, formateurs, etc.). Comme vous le savez, il y a actuellement une pénurie importante de personnel dans le système public. Pour fonctionner, le système privé doit alors «voler» des employés directement de notre système public, réduisant sa capacité à livrer les services à l’ensemble de la population. Le secteur privé se concentre sur les services plus rentables (cataracte, soins virtuels, etc.) et laisse au public les services plus onéreux (cancer, dialyse, maladie mentale, etc.), mais essentiels.

Coûts: Les entreprises privées ont été créées pour faire de l’argent. Elles ont besoin de récupérer leurs coûts d’investissement pour la location ou l’achat de locaux, pour l’équipement, pour attirer du personnel avec des salaires plus alléchants que ceux du système public et surtout, il ne faut pas l’oublier, pour faire un profit. Ces coûts supplémentaires sont inclus dans les contrats conclus avec notre gouvernement. Ces services nous coûtent donc plus cher que s’ils étaient fournis par notre système public. Ces argents sont détournés du secteur public pour enrichir des investisseurs privés. Quant aux entreprises à but non lucratif, bien que la motivation ne soit pas le profit comme tel, la rémunération et les avantages sociaux des dirigeants représentent un moteur important et elles sont loin d’être des entreprises altruistes.

Accessibilité dans les régions: Les entreprises privées ou à but non lucratif s’installent dans les régions à haute densité de population, c’est-à-dire Moncton, Fredericton et Saint-Jean. L’accroissement des ententes avec le privé va réduire les services en région, va occasionner des frais supplémentaires de déplacements et d’hébergement pour les populations rurales.

Services dans sa langue: L’accès aux services dans la langue officielle de son choix sera compromis. La privatisation des soins de santé fragilise les droits linguistiques et obligera les citoyens et les citoyennes à se battre devant les tribunaux pour des droits acquis.

Qualité de service: Dans notre système public de santé, nous avons des normes de qualité que tous doivent suivre et dont l’application est surveillée. À moins d’abandonner les normes de qualité, le transfert au secteur privé va exiger l’établissement d’un système de contrôle et par conséquent occasionnera un coût supplémentaire à la charge du public.

Grandes corporations: Lorsqu’on donne de plus en plus la gestion ou la livraison de services de soins de santé à l’extérieur de notre système public, nous créons les conditions idéales pour la concentration dans de grandes corporations.

Le meilleur exemple est Médavie-Croix Bleue qui gère AmbulanceNB, l’Hôpital extramural, TéléSoins-811, et le programme de médicaments du Nouveau-Brunswick. Ces grandes corporations à but non lucratif ou à but lucratif sont alors en bonne position pour décider de l’orientation de notre système de santé. Elles ont du personnel, de l’expertise et de l’argent pour faire du lobbying auprès de nos décideurs publics, pour de la publicité et ainsi influencer les orientations futures qui répondront à leurs intérêts privés plutôt qu’au bien commun.

Perte de soutien: Notre système public coûte cher, mais il est accessible à tous et à toutes, sans égard au portefeuille de la personne. Pour le maintenir et l’améliorer, le soutien constant du public est nécessaire. En privatisant de plus en plus, on mine le soutien d’une partie de la population à notre système public et l’on prépare son effritement.

M. d’Amours, avant les années 1960, nous avions un système de santé privé; nous nous en sommes débarrassés, car la majorité de la population n’y avait pas accès. Nous sommes certains que vous êtes d’accord avec nous que nous ne voulons pas retourner en arrière.

Jean-Claude Basque, Moncton

Chantal Abord-Hugon, Moncton

Greg Allain, Dieppe

Anne-Marie Arseneault, Moncton

Samuel Arseneault, Moncton

Maurice Aubé, Ste-Rosette

Alex Bailey, Fredericton

Albertine Basque, Tracadie

Ron Batt, Moncton

Jean- Luc Bélanger, Dieppe

Steve Berube, Riverview

Léo Blanchard, Moncton

Denis Boulet, Haut-Madawaska

George Bourgeois, Grande-Digue

Hélène Branch, Moncton

Alphonse Breault, Tracadie

Roland Brideau, Moncton

Fernande Cantin, Dieppe

Daniel Caron, Dieppe

Louis Caron, Campbellton

Michele Caron, Dieppe

Leslie Chandler, Moncton

Hilaire Chiasson, Balmoral

Jules Chiasson, Moncton

Omer Chouinard, Moncton

Auréa Cormier, Moncton

Hector Cormier, Moncton

Irma Cormier, Bathurst

Monique Cormier-Daigle, Moncton

Pierre Cormier, Dieppe

Denise Cyr, Tracadie

Alain Deneault, Shippagan

Jean-Eudes Doucet, Pointe-Verte

Suzanne Doucet, Moncton

Suzanne Doucet, Balmoral

Rhéal Drisdelle, Dieppe

Yolande Drisdelle, Dieppe

Thérèse Duguay, Tracadie

Lise Éthier, Moncton

Liliane Ferguson, Dieppe

Lise Gagné-Losier, Tracadie

Marie-Gabrielle Gagnon, Fredericton

Pauline Gallant, St-Louis de Kent

Huberte Gautreau, Moncton

Julie Gilet, Moncton

Louise Guérette, Edmundston

Yvette Godin, Dieppe

Dirk Groenenberg, Rusagonis

Rose-Marie Haché, Moncton

Léoline Hétu, Dieppe

Nicolas Kalgora, Moncton

Sarah Kardask, Sackville

Bernadette Landry, Dieppe

Georgette Landry, Moncton

Romain Landry, Dieppe

Serge Landry, Moncton

Nicole Lang, Edmundston

Jeanne Lanteigne, Pointe-Verte

Lucienne Lanteigne, Moncton

Rose-Hélene Lanteigne, Ste-Rosette

Brigitte Lavoie, Moncton

George Leaman, Riverview

Gladys LeBlanc, Dieppe

Armand La Blanc, Dieppe

 Simone Leblanc-Rainville, Moncton

Claude Léger, Shediac

Daniel Légère, Memramcook

Raymond Léger, Bertrand

Ginette LeGresley, Bathurst

Claire Levesque, Campbellton

Julien Massicotte, Edmundston

Yvon McGraw, Pointe à Tom

Robert McKay, Moncton

Rosella Melanson, Fredericton

Jean-Marie Nadeau, Moncton

Simon Ouellette, Fredericton

Jean Pereira, Grande-Digue

Johanne Perron, Dieppe

Serge Plourde, Allardville

Denise Boucher Pineault, Moncton

Rachelle Poirier, Shédiac

Susie Proulx-Daigle, Fredericton

Maurice Rainville, Moncton

Jeanne Renault, Moncton

Noëlla Richard, Dieppe

Rosemonde Richard, Losier Settlement

Lise Savoie, Moncton

Marc H. Savoie, Moncton

Marie-Thérese Séguin, Moncton

Louis-Marie Simard, Cocagne

Claude Snow, Caraquet

Gérard Snow, Moncton

Alice Thériault, Moncton

Paul Thériault, Dieppe

David P. Thomas, Sackville

Carole C. Tranchant, Moncton

Odetta Vienneau, Pointe à Tom

Christopher (Chris) Wanamaker, Saint John

Elizabeth Weir, Saint-Jean

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