En français, remercier quelqu’un peut avoir divers sens. Ne me reprochez pas trop vite d’être impoli en croyant que je demande sa démission. J’avoue que si Higgs le fait, j’en serai ravi puisqu’on a déjà perdu beaucoup de temps sur des sujets qui devaient être réglés depuis longtemps. Je n’ai plus confiance en sa volonté et à sa capacité de collaborer avec les francophones tellement son aveuglement volontaire le paralyse.

S’il devait partir, je m’en voudrais de ne pas saisir l’occasion de le remercier pour sa contribution inestimable au renforcement de la solidarité entre les francophones de toutes les régions de l’Acadie. Unanimement, on s’entend pour dire que nous avons compris que nous devons demeurer aux aguets et ne jamais baisser la garde si on veut protéger et garantir nos acquis.

Nous devons le remercier pour nous avoir donné le coup de pouce nous unissant en faveur de notre volonté commune de renforcer la reconnaissance de notre vitalité acadienne et francophone.

Félicitons-le également, puisque la barre était haute. Seul l’inoubliable maire Leonard Jones, opposant féroce du bilinguisme officiel, avait réussi un exploit similaire en 1968. Face aux refus du maire entêté de reconnaître la place du français, un groupe de manifestants lui avait alors livré une «tête de cochon» à domicile pour protester contre ses propos et ses comportements démontrant sa hargne envers tout ce qui était francophone. Depuis, Moncton est devenue une ville officiellement bilingue en 2002. En février 2008, des étudiants à l’origine des manifestations de 1968 ont été invités à signer le livre d’or à l’hôtel de ville, édifice dans lequel Jones avait refusé de les écouter en français 40 ans auparavant.

Il est intéressant de constater les énormes ressemblances entre les antécédents de ces deux hommes, tant dans leurs parcours que dans leurs propos.

Jones et Higgs ne sont pas les seuls politiciens populistes manipulateurs de l’opinion publique. Ils savent s’entourer d’adeptes qui deviennent leurs porte-parole et vont au front pour eux. Ils réussissent même à attirer des complices de chez nous.

Dans le cas qui nous concerne, soit celui de notre pérennité, Higgs a minimisé le fait que les jeunes militants d’alors, inspirés par leurs ancêtres et soutenus par de nombreux citoyens, sont encore là et sont devenus les aînés d’aujourd’hui. Ils ont eu des enfants, sont devenus des grands-parents et ont transmis leur fougue.

Ils sont maintenant appuyés par de nombreux jeunes de toutes les origines qui se reconnaissent et s’identifient à la résilience des bâtisseurs acadiens.

L’histoire se répète question de nous rappeler que nous sommes condamnés à être vigilants et à avoir la mémoire longue.

Agissons quotidiennement tous ensemble dans une même direction. Célébrons notre «tête dure» en continuant à n’accepter rien d’autre qu’une égalité totale au lieu de la quémander.

Bien connaître nos ennemis est toujours un avantage. Tenez-vous-le pour dit… on vous a à l’œil. Bonne chance M. Higgs.

Crions ensemble: «Je suis Acadie!».

Jean Pereira
Beausoleil

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