La semaine dernière, le gouvernement a annoncé qu’il avait maintenant un excédent prévu de 774 millions $ pour l’exercice financier de cette année. Mais en termes simples, qu’est-ce que cela signifie? Bien qu’il soit merveilleux d’avoir plus d’argent que prévu au budget, pourquoi notre gouvernement semble-t-il le mettre de côté alors que nous avons des problèmes majeurs qui pourraient être résolus avec un afflux de fonds?

Notre système de santé, sous-financé, en manque de personnel et en morceaux, est une préoccupation majeure du public… mais est-ce une priorité pour les personnes que nous avons élues?

Si nous avons de l’argent en main, pourquoi ne l’utilisons-nous pas pour relever ces défis – des défis qui découlent du manque de personnel dans les hôpitaux, les cliniques et les établissements de soins de longue durée? Pourquoi le gouvernement n’accélère-t-il pas la mise en place de cliniques multidisciplinaires dirigées par des infirmières et infirmiers praticiens?

Puisqu’il a un excédent budgétaire 22 fois supérieur aux prévisions du budget de cette année et des recettes supérieures de 900 millions $ aux prévisions, le gouvernement se doit d’écouter les travailleurs de la santé de première ligne qui sont poussés à bout et les gens qui appuient les investissements dans les soins de santé, le logement et les soutiens aux personnes handicapées.

Le gouvernement a publié son plan de stabilisation des soins de santé. Il stipule qu’il existe de multiples «facteurs de réussite» à la réalisation de ce plan, notamment le personnel, la technologie, le financement et la gouvernance.

Le Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick (SIINB) veut que soit établie une voie à suivre pour s’attaquer au premier facteur de réussite: le personnel. Le recrutement, le maintien en poste et l’amélioration des conditions de travail sont essentiels dans ce domaine et figurent en tête de notre liste de mesures depuis de nombreuses années. Le pilier du «personnel» signifie que le respect du mieux-être des travailleuses de première ligne doit être une priorité absolue, car il a une incidence sur la capacité à recruter le personnel et à le maintenir en poste. Le maintien en poste et le recrutement vont de pair. Nous pouvons embaucher tout le personnel infirmier que nous souhaitons, mais si nous ne retenons pas les personnes que nous avons déjà attirées, nos efforts de recrutement auront été vains. En fait, nous jetons de l’argent par les fenêtres si les infirmières continuent de quitter la profession au rythme où ils l’ont fait ces dernières années.

La gouvernance est un autre facteur de réussite mentionné: le SIINB est prêt à être un partenaire solide dans la réforme des soins de santé. Cependant, les infirmières et les infirmiers doivent être à la table des négociations. Ils constituent une contribution précieuse qu’ils sont les seuls à pouvoir fournir quand vient la meilleure façon d’utiliser les ressources offertes et à déterminer les éléments à ajouter au système.

La gouvernance, ou l’absence de gouvernance, dans le secteur des soins de longue durée est consternante. Malgré les recherches et les recommandations formulées dans «La génération oubliée», les soins aux aînées et aînés du Nouveau-Brunswick continuent d’être laissés à la discrétion des propriétaires de foyers de soins… il y aura peut-être une infirmière immatriculée dans le foyer de soins avec les résidents, mais il n’y en aura peut-être pas. Le SIINB est consterné par le manque de surveillance dans le secteur des soins de longue durée. Notre génération de personnes âgées mérite mieux.

Les Néo-Brunswickois n’ont jamais hésité à exprimer leurs attentes quant aux priorités du gouvernement, et les soins de santé ont toujours été la principale préoccupation. Le temps est venu pour le gouvernement d’accorder la priorité à la protection de notre système de santé public par les moyens suivants: en accélérant la mise en place d’équipes de soins de santé intégrés; en embauchant un plus grand nombre d’infirmières praticiennes pour les cliniques; en amélioration les conditions de travail et les mesures de soutien pour nos infirmières auxiliaires autorisées, nos infirmières immatriculées et nos infirmières praticiennes; en assurant l’accès aux soins primaires, secondaires et tertiaires pour tous dans le système de santé public; et en mettant fin aux plans de privatisation accrue, qui ne favorisent ni ne protègent la santé de la population.

En tant que Canadiens et Canadiennes, nous devrions être fiers de notre système de santé public et il incombe à ce gouvernement de faire les investissements nécessaires à la santé des citoyens. Le besoin est immédiat!

Paula Doucet
Présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick

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