Enfin, les Néo-Brunswickois savent quelles sont vos stratégies linguistiques.

Depuis le dépôt du rapport sur la révision de la Loi sur les langues officielles du N.-B., (Yvette Finn et John McLaughlin), vous n’avez pris aucune position publique sur le sujet, mais vous avez ouvertement pris des décisions et des actions stratégiques qui ont et peuvent encore changer l’échiquier politique du parti conservateur du Nouveau-Brunswick au sujet du bilinguisme. Et ceci peut changer en peu de temps.

Vous avez accepté d’intégrer Kris Austin, chef du People’s Alliance, et sa collègue Michelle Conroy au sein du PC, sans entrer dans le détail de leur pensée linguistique.

Vous avez nommé Kris Austin ministre de la Sécurité publique. Tous les citoyens savent que tout ce qui se discute au cabinet est secret. Ce qui se passe au cabinet reste au cabinet.

Vous avez nommé Kris Austin membre du Comité de la révision de la Loi sur les Langues officielles. Encore une fois, ce qui se passe au cabinet reste au cabinet.

Et voilà, c’est parti pour la disparition du bilinguisme… En tant que Néo-Brunswickois, anglophones et francophones, pouvons-nous commencer à réfléchir sur la province que nous voulons plus tard et surtout pour les générations à venir?

Plusieurs questions se posent aux citoyens, et certes, nous ne pourrons pas répondre à toutes. Pour être certain que nous parlons tous de la même chose, je vous propose humblement ma définition du bilinguisme tel que je le comprends. Le mot bilinguisme implique que deux personnes de culture respective et différente peuvent s’exprimer et converser dans chacune leur langue maternelle respective et être comprises par l’autre.

Est-ce vraiment ce bilinguisme que le Nouveau-Brunswick veut atteindre? Dans le but de tout être vraiment égal partout et en tout, nous croyons que oui.

Est-ce que la dualité linguistique est un mal nécessaire pour atteindre nos objectifs de bilinguisme?

Bien que la dualité soit un outil nécessaire pour arrêter ou au moins diminuer l’assimilation des francophones, la population du N.-B. est encore à un stade embryonnaire de son évolution vers un bilinguisme parfait tel que défini ci-haut.

Les gouvernements Robichaud et Hatfield des années 1960, 1970 et 1980 ont donné au Néo-Brunswickois d’abord une idéologie et ensuite une Loi sur les langues officielles. Et le bilinguisme du N.-B. a été inscrit dans la Charte des droits et libertés du Canada.

Depuis ce temps, les gouvernements, les uns après les autres, n’ont pas travaillé à faire évoluer cet aspect de notre société vers un bilinguisme idéal. En acceptant ceci, notre société a accepté comme conséquence d’avoir deux systèmes linguistiques, un pour les anglophones et un pour les francophones, d’où la dualité.

Est-ce que les deux langues sont traitées de façon égale pour atteindre notre idéologie linguistique? La réponse est définitivement non. Voici pourquoi.

Le N.-B. est maintenant rendu à une croisée des chemins où les citoyens ont une idéologie et où les gouvernements ont donné aux francophones les outils nécessaires pour atteindre cette idéologie, mais aussi, où il faut donner aux anglophones de la province des outils semblables et égaux, avec exigences équivalentes, à ceux des francophones pour atteindre cette idéologie.

Exemple: les francophones commencent à apprendre leur deuxième langue officielle dès le mi-élémentaire. (Certains l’apprennent déjà à la tendre enfance, dépendant de leur entourage immédiat), et les notes reçues dans ces cours de deuxième langue sont non-facultatives de telle sorte que si un élève ne réussit pas son cours d’anglais, ça affecte sa note académique et peut peut-être le faire échouer, et ce, jusqu’à la fin du secondaire. Leur langue seconde est obligatoire.

Les anglophones, par contre, ont le choix de suivre leur cours en immersion française ou en anglais seulement, où ils ont très peu de français et ça n’affecte pas leur rendement scolaire.

Avoir implanté, il y a 40 ou 50 ans, un régime rigide et égal pour les deux langues officielles, il y aurait autant d’anglophones qui comprennent et parlent le français qu’il y a de francophones qui comprennent et parlent l’anglais. La province pourrait alors oublier la dualité linguistique. On serait rendu là! Mais on est encore loin.

Si M. Higgs ne veut pas traiter du sujet des langues officielles, qu’il le dise et admette que le gouvernement actuel, avec ses députés, n’est pas équipé pour faire les changements qui s’imposent. Les francophones comprendraient, d’autant plus que le N.-B. est aux prises avec d’autres éléments tout aussi importants tels que la crise du logement, l’inflation, la hausse exorbitante des coûts de l’énergie (diesel, essence, propane, etc.), les subventions à certains secteurs industriels (papetière, foresterie, et autres), et enfin, et non le moindre, l’inégalité de l’augmentation de l’impôt foncier de certaines propriétés industrielles, commerciales et même résidentielles.

Dans sa transparence, ce gouvernement démontre clairement qu’il gouverne pour le 1% de notre population la mieux nantie au détriment de la classe moyenne et des pauvres.

Vive la transparence!

Claude Roy
Saint-André

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