Les aînés de 78 ans et plus sont nés avant la fin de la Seconde Guerre mondiale. Nous étions trop jeunes pour saisir les horreurs de la guerre et, au Canada, nous avons vécu avec l’impression que la paix avait été rétablie parce que la Pax Americana nous a permis de vivre sans avoir à aller à la guerre. Il y bien eut la guerre de Corée dans les années 1950. Il y eut aussi la participation de soldats canadiens à des missions des Casques bleus de l’ONU dans différents conflits, dont l’objectif était de mettre fin à la guerre et rétablir la paix. De façon générale, nous avons été épargnés du fardeau de la guerre. Mais ceci n’est pas une garantie pour l’avenir et rien ne dit que nos petits enfants ne seront pas mobilisés dans de futures guerres. Aucun parent ne souhaite que ses descendants connaissent l’horreur de la guerre et ceci devrait constituer une motivation suffisante pour militer pour une paix durable, à l’échelle de la planète.

Et pourtant, en ce début de 2023, la menace d’un conflit mondial n’est pas inexistante. Il y a plusieurs lieux de tensions entre les pays. Les plus inquiétantes concernent les suites de la guerre que la Russie mène en Ukraine. Les pays de l’OTAN sont menacés de représailles nucléaires s’ils s’y impliquent. Quant à la Chine, elle menace d’envahir Taïwan. Une alliance Russie-Chine n’est pas impossible, ce qui pourrait mener à un conflit mondial de grande envergure. Tous les jeunes de la planète pourraient être mobilisés.

N’oublions pas que la dizaine de pays qui possèdent l’arme nucléaire ont un arsenal suffisant pour nous anéantir. Voilà une mise en contexte pour réfléchir aux atrocités de la guerre et trouver les moyens d’y mettre fin.

Parlant des horreurs de la guerre, il est très difficile d’en compter le nombre exact depuis la Deuxième Guerre mondiale. Seulement depuis l’an 2000, il y aurait eu au moins 70 conflits armés majeurs. On ignore aussi le nombre précis de morts et de victimes. De très nombreux combattants en sont revenus blessés ou en chocs post-traumatiques. Il faut aussi ajouter les victimes innocentes, des civils, des femmes et des enfants agressés ou tués. Vraiment la guerre c’est une sale affaire.

Il y a différents genres de guerres. Il y a des guerres civiles où les gens d’un même pays s’entretuent, comme c’est arrivé en Yougoslavie dans les années 1990 et en Syrie récemment. Il y a des guerres oubliées comme cela se passe actuellement au Yémen. Il y a des guerres dont on parle peu, mais qui n’en finissent plus comme c’est le cas dans l’est du Congo. Une autre guerre, celle de Corée, qui a fait environ trois millions de victimes n’est même pas formellement terminée puisque le pays est toujours divisé en deux. Les deux parties n’ont pas, à ce jour, signé de traité de paix.

Quant à la guerre du Vietnam, qui dura 30 ans entre 1945 et 1975, elle correspond à différents genres puisqu’elle fut idéologique, opposant capitalisme et communisme, mais aussi civile, nationaliste, et anti-impérialiste. Elle fut d’une grande atrocité opposant les États-Unis au Nord Vietnam. Les Vietnamiens sortirent victorieux face à la super puissance mondiale. Les leçons à tirer de cette seule guerre sont suffisantes pour s’y opposer et militer pour la paix.

Face à toutes ces horreurs, on peut se demander pourquoi il y a autant de guerres et pourquoi l’humanité continue à s’entretuer.

Limitons-nous à une seule raison. Rappelons qu’il y a une immense industrie de fabrication d’armes qui fait la richesse de bien des pays. Quelques pays sont parmi les plus grands vendeurs d’armes, dont les États-Unis, la Chine, la Russie, l’Allemagne, la France et l’Angleterre. Selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, le commerce mondial des armes atteindrait les 400 milliards $ US par année. Ceci n’est que la pointe de l’iceberg puisque selon les Nations Unies, les dépenses militaires se sont chiffrées à 2,113 milliards $ US en 2021! Quel gaspillage de ressources rares, alors que ces sommes gigantesques pourraient être utilisées de façon tellement plus positive. Et que dire des effets sur la nature des produits chimiques et autres. Que l’on pense par exemple à la guerre du Golfe de 1990 où l’on voyait brûler des puits de pétrole au Koweït. Pire encore, l’utilisation du napalm en Indochine, en Corée et au Vietnam eut des effets très néfastes.

Nous sommes fiers de dire que le Canada ne compte pas parmi les principaux vendeurs d’armes au monde. Il n’en reste pas moins qu’en 2020, nous en avons vendues à l’étranger pour plus de 2,7 milliards $. Et même si nos alliés de l’OTAN nous disent que nos dépenses militaires sont insuffisantes, nous y avons quand même consacré 23,4 milliards $ en 2021-22, ce qui représente environ 7% des dépenses budgétaires du gouvernement fédéral, pour cette année. Si nous avions répondu aux attentes de l’OTAN de consacrer 2% du PIB aux dépenses militaires, il aurait fallu y ajouter 18 milliards $ additionnels. De plus, n’oublions pas, que notre pays considéré comme pacifiste, procède actuellement à la construction de 15 navires de combat dont le coût frise les 80 milliards $ et les 88 avions militaires dont on vient de nous confirmer l’achat coûteront au bas mot 20 milliards $…

Ce triste tableau de l’état de guerres perpétuelles dans lequel nous vivons correspond-t-il à nos valeurs et nos aspirations? Que pouvons-nous faire comme simples citoyens si nous nous opposons à la guerre? La question se pose.

Jean-Bernard Robichaud, Ph.D.
Gatineau

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