NDLR : Le Nouveau-Brunswick compte de plus en plus d’adeptes de bières artisanales. Aujourd’hui, à peu près chaque région de la province a sa ou ses microbrasseries. L’Acadie Nouvelle a sillonné les routes de la province afin de vous faire découvrir les nombreuses facettes de la bière artisanale et les retombées qu’a cette industrie.

En plus des retombées économiques intéressantes qu’elles génèrent pour le Nouveau-Brunswick, plusieurs sont d’avis que les microbrasseries contribuent à la revitalisation, au développement et au sentiment d’appartenance dans de petites communautés rurales.

Le Nouveau-Brunswick compte aujourd’hui une soixantaine de microbrasseries, dont plusieurs dans de petites communautés.

D’après l’Association des producteurs d’alcool artisanal du Nouveau-Brunswick, les microbrasseries représentent un important atout pour les petites localités de la province qui connaissent des défis démographiques, un outil intéressant pour attirer de nouveaux résidents.

«On retrouve des producteurs d’alcool artisanal dans tous les comtés du Nouveau-Brunswick, que ce soit en milieu rural ou urbain, dit Christine Comeau, directrice générale de l’APAANB. Ils deviennent très souvent le cœur battant des communautés et contribuent à la fierté communautaire. Par exemple, les microbrasseries sont des lieux de rencontre culturels où sont présentés des spectacles.»

Marco Ouellette, l’un des copropriétaires de Grand Falls Brewing, dit avoir pu constater que sa brasserie est un important lieu de rencontre communautaire.

«Notre brasseur dit toujours que les microbrasseries sont un peu les nouveaux perrons d’église, un lieu où les gens de la communauté peuvent se rencontrer pour discuter et je crois que c’est vrai, relate M. Ouellette. Nous avons un client qui a perdu sa femme, il y a deux ans, il était souvent seul. Maintenant, il vient ici tous les jeudis soirs et il a toujours des amis ici.»

À Alma, Holy Whale Brewing offre aussi un lieu de rencontre pour la communauté depuis son ouverture en 2017.

Holy Whale Brewery offre un lieu de rencontre pour plusieurs citoyens d’Alma, un village où il y a peu de choses à faire pendant la basse saison touristique, dit Peter Grandy, l’un des propriétaires de l’entreprise.

«Plusieurs personnes cherchent un endroit où se rencontrer et discuter et c’est quelque chose qu’une brasserie peut offrir, dit Peter Grandy. Depuis notre ouverture, nous avons des groupes d’amis qui se réunissent régulièrement ici pour traîner, jouer aux cartes, particulièrement en basse saison parce qu’il y a peu de choses à faire à Alma.»

Lorsqu’ils ont voulu créer Grand Falls Brewing, M. Ouellette et ses partenaires souhaitaient notamment créer un espace culturel rassembleur dont les gens de Grand-Sault seraient fiers. Jusqu’à présent, l’appui de la communauté a été phénoménal.»

Pendant la pandémie, Grand Falls Brewing a notamment servi de lieu où les citoyens de la région pouvaient espérer avoir un peu de répit.

«Pendant la pandémie, lorsque c’était permis, les gens du coin venaient ici après les heures de bureau et c’était intéressant parce qu’ils pouvaient se défouler, évidemment en respectant les normes de santé publique. C’était vraiment un lieu de rassemblement», explique Marco Ouellette.

Revitaliser de petites communautés

En plus de contribuer au renforcement identitaire des communautés, Christine Comeau note que les microbrasseries contribuent aussi à la vitalité économique de nos régions.

Le cas de Harvey, une petite communauté dans la région de Fredericton, est une figure de cas intéressante puisqu’il s’agit d’un secteur où l’on retrouve trois petites microbrasseries et une ferme de houblon.

«On blague souvent qu’on a le plus grand nombre de brasserie per capita ici à Harvey, une communauté de 358 personnes», lance en riant Isaac Maclean, le brasseur de Think Brewing, l’entreprise fondée par son père Scott.

Scott Maclean, à gauche, a été inspiré par d’autres microbrasseries qui reversent une partie de leurs ventes à des œuvres caritatives. C’est ainsi que Think Brewing donne 1% de ses ventes à des banques alimentaires de la région.

Cette petite entreprise familiale – la mère et la femme d’Isaac donnent aussi un peu de temps à la brasserie – compte aussi un autre employé à temps partiel. Rien pour faire travailler un village en entier, concède Scott Maclean. Mais les retombées vont au-delà de Think Brewing.

«C’est très positif pour la communauté, fait-il remarquer. Nous achetons du houblon de Lakeview Hops. L’électricien du coin fait du travail dans notre brasserie et nous achetons tout ce que nous pouvons dans la quincaillerie locale, explique t-il. Autrefois, il y avait un pub dans le village, malheureusement disparu à la suite d’un incendie, qui servait nos bières et celles de l’autre brasserie du coin, Off Grid Ales.»

Josh Parker, le propriétaire de Lakeview Hops, situé à quelques minutes de Think Brewing, abonde dans le même sens.

«L’impact de ce secteur dans les petites communautés, c’est énorme. C’est grâce à l’industrie de la microbrasserie que j’ai pu construire les quatre murs de ma grange, le plancher de béton, l’allée qui y mène. Il y a probablement une trentaine de personnes de la région qui ont eu des revenus grâce à mon entreprise de houblon qui, elle, existe grâce aux microbrasseries», illustre-t-il.

Jeff Janiszewski, propriétaire du Houblon-Pêcheur à Village-des-Poirier, essaye lui aussi de s’approvisionner auprès de petits producteurs du coin lorsque c’est possible.

Jeff Janiszewski, propriétaire du Houblon-Pêcheur à Village-des-Poirier, essaye lui aussi de s’approvisionner auprès de petits producteurs du coin lorsque c’est possible.

«Quand je brasse ma sûre aux bleuets, j’achète 175 livres de petits fruits à un producteur de Caraquet, dit M. Janiszewski.. Même avec une petite production comme la mienne, c’est bon pour la région.»

Scott Maclean souhaitait toutefois que les retombées pour sa communauté aillent au-delà des retombées économiques. Inspiré par d’autres microbrasseries qui reversent une partie de leurs ventes à des œuvres caritatives, il a décidé de donner 1% des ventes de Think Brewing à des banques alimentaires de la région.

«C’est l’une des choses qui m’a attiré dans cette industrie, plusieurs microbrasseries essayent d’être des citoyens responsables en appuyant différentes charités ou causes. On essaye de faire pareil, d’avoir une certaine conscience sociale», explique-t-il.

On a visité:
Acadie Broue*

Moncton
On a aimé:
Brassin des mines
*Les produits d’Acadie Broue ne sont pas disponibles dans les succursales d’Alcool NB et peuvent être trouvés dans plusieurs bars et restaurants de la région de Moncton. 

Happy Craft Brewing
800 rue Main, Moncton
On a aimé:
Blackberry Sour

La Blackberry Sour, de la brasserie Happy Craft Brewing.

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