Sylvio Bourque conserve son titre mondial

GRANDE-DIGUE – Sylvio Bourque peut dire mission accomplie, lui qui a fait fureur à Almaty, au Kazakhstan, où ont été présentés les Championnats mondiaux de tir au poignet.

Pour une deuxième année consécutive, le sportif de 52 ans a défendu avec succès son titre du bras gauche, catégorie 75 kilogrammes chez les grands maîtres.

«Je veux dédier ce championnat à Yvonne LeBlanc, mon enseignante de septième et de huitième année, qui est très malade. C’est une bénévole très dévouée à Grande-Digue», a fait savoir Sylvio Bourque.

L’Acadien, qui est de plus monté sur la deuxième marche du podium dans la même catégorie du bras droit, est revenu à la maison avec deux des quatre médailles gagnées par le Canada au Kazakhstan.

«C’est le plus grand moment de ma carrière», a affirmé celui qui vient maintenant au deuxième rang dans la colonne des médailles mondiales remportées par un Canadien.

Seul Dave Hicks, de Vancouver, qui s’est imposé dans une catégorie en sol kazakh, le devance avec sa récolte de 25. Bourque en a 19. Deux autres athlètes en ont 18.

Dans les deux finales, Bourque a affronté Sener Arslan de la Turquie, un ancien lutteur olympique. Du bras gauche, il devait défaire Arslan, qui était invaincu, à deux reprises.

Cet athlète avait facilement eu raison de Bourque plus tôt dans le tournoi.

«En raison de ma défaite, je me suis retrouvé du côté B et j’ai dû remonter la route. J’ai disputé trois matchs de suite avec une minute entre chaque match», a raconté Bourque.

Dans le duel ultime, le sportif de Grand-Digue était prêt à faire face à la musique.

«Je ne pouvais pas me permettre de faire une petite erreur. Techniquement, je suis allé dans des angles complètement différents afin de ne pas me retrouver dans ses forces. Ce fut difficile à croire, mais mon plan de match a fonctionné», a résumé le vainqueur.

Du bras droit, Bourque était bien satisfait de son podium argenté. En 2008, il figurait au 14e échelon mondial. Il avait terminé deuxième en 2009 et quatrième en 2010.

«Je ne suis pas si loin que cela du but. Je ne perdais pas de beaucoup contre le Turc. Je vais m’entraîner pour développer de petits détails techniques. Comme un lanceur au baseball, je dois avoir beaucoup de munitions», a-t-il indiqué.

Le frère cadet de Sylvio, Édouard, lève son chapeau au grand sportif.

«C’est très impressionnant. Le Canada a juste remporté quatre médailles à ces championnats mondiaux et Sylvio en a deux. Certains qui sont invincibles en terre canadienne ont terminé 10es, 15es et même 20es. Il faut donner crédit à Sylvio. C’est définitivement l’un des meilleurs au monde», a-t-il signalé.

Toute une aventure

Même si son voyage fut fructueux, Bourque était bien heureux de remettre les pieds en sol acadien.

«Le Kazakhstan, c’est loin, voire très très loin. Ils ont leur propre culture. Nous sommes chanceux au Canada. Il y a tellement de corruption là-bas que tu ne peux même pas aller courir sans ton passeport. Le plus vite que je sortais de là, le mieux c’était», a-t-il dit.

En ce qui concerne le secret de ses constantes performances éclatantes, Bourque dit apprendre tous les jours.

«(Les coureurs) Ryan Cassidy, Geneviève Lalonde et Réjean Chiasson font partie de ceux qui m’ont conseillé. Un athlète, c’est un athlète. Nutrition et entraînement, il faut faire des sacrifices. Il faut payer le prix, peu importe le sport», a-t-il lancé.à

Bourque commence déjà à se préparer pour le prochain championnat canadien, qui aura lieu en juillet à Vancouver. En 2012, le championnat mondial sera présenté au Brésil.

«Le tir au poignet pourrait être un sport de démonstration aux Olympiques en 2016», a souligné Bourque.