Kathy Desjardins, «madame jeu blanc» en Atlantique

MONCTON – Avec cinq coups de pinceau en onze rencontres, la gardienne Kathy Desjardins est devenue «madame jeu blanc» dans le circuit universitaire de l’Atlantique. Son rendement explique en bonne partie la fiche exceptionnelle des Aigles Bleues de l’Université de Moncton cette saison (12-1-1).

«Je commence chaque partie en me disant que ça va être le fun. J’ai arrêté de me placer inutilement de la pression sur les épaules», explique la gardienne québécoise.

«Il me reste peut-être seulement deux mois de carrière, si je ne joue pas en Europe, et je veux en profiter au maximum. Je prends ça un match à la fois, un lancer à la fois», précise le numéro 1 du Bleu et Or.

«J’essaie d’avoir du fun à chaque partie, et ça marche!», lance Desjardins en riant.

«Pour moi, c’est maintenant ou jamais. Je sais que j’ai le talent pour aider mon équipe à gagner les grosses parties. Il faut aussi dire que l’ambiance est très différente des autres années dans l’équipe», mentionne-t-elle.

«Les filles sont plus jeunes et c’est une tout autre dynamique. Les sujets de conversation dans l’autobus sont différents et c’est une nouvelle expérience pour moi. C’est différent, mais j’aime ça», explique celle qui vient de recevoir le titre d’athlète de la semaine à l’U de M.

À 24 ans, Kathy Desjardins est l’une des doyennes dans l’équipe.

«Je veux donner aux jeunes l’expérience que j’ai. Je crois beaucoup dans ces petites filles-là. Elles ont beaucoup de coeur au ventre!», déclare-t-elle avec un large sourire.

Mais il y a encore beaucoup de boulot à accomplir cette saison, explique la femme masquée du Bleu et Or

«Ça va bien, mais il y a encore beaucoup de travail à faire jusqu’au championnat canadien. Mais je sais qu’on peut encore pousser les jeunes. Je me vois en finale du championnat canadien cette année. Je n’ai jamais dit ça depuis que je suis ici», souligne-t-elle.

Comment expliquer cet optimisme?

«St. Francis Xavier a remporté la médaille d’argent l’an passé et nous les avons battues à deux reprises cette saison. Pourquoi ne pourrions-nous pas faire la même chose qu’elles?», demande-t-elle.

Desjardins réalise également qu’elle doit commencer à penser à la suite des choses.

«J’aimerais aller jouer en Europe l’an prochain, c’est un de mes rêves. J’ai déjà eu des offres de la Suisse et de l’Australie, mais il n’y a rien de concret. Je vais être patiente. Je vais peut-être aussi regarder du côté de la Ligue canadienne de hockey féminin. Mais si je ne joue pas l’an prochain, il n’y aura pas de panique»», assure celle qui terminera dans quelques mois ses études en kinésiologie.

Mais le goût de jouer au hockey est encore présent, s’empresse-t-elle d’ajouter.

«Je sais que j’ai encore les habiletés pour jouer, mais je dois aussi penser à mon futur. Depuis que je suis ici, je suis blessée au genou. J’ai aussi eu des blessures aux bras, au dos et à l’aine», explique-t-elle en grimaçant.

«J’ai fait cinq années ici et trois autres au collège. Ça fait donc huit ans que je suis sur la glace chaque jour et que je m’entraîne en gymnase. Mon corps a ses limites. Je veux pouvoir m’amuser avec mes enfants plus tard. Je ne veux pas être obligée de leur dire que maman ne peut plus courir.»