Tous derrière Sean Couturier!

NIGADOO – Pendant que Philadelphie vibre au rythme des Flyers en séries, le petit village de Nigadoo résonne à la mesure de Sean Couturier.

Depuis le début des éliminatoires de la Ligue nationale de hockey, un groupe d’une vingtaine de personnes de la région Chaleur se réunit pour voir à l’oeuvre le prodige de Bathurst sur écran.

Membres de la famille Couturier, amis, ainsi que membres de l’organisation du Titan d’Acadie-Bathurst et des Tigres de Campbellton sont au rendez-vous, match après match, afin de ne rien manquer de tous les faits et gestes de l’Acadien âgé de 19 ans.

«Nous sommes nerveux avant chaque match. Sean nous fait vivre de belles émotions et certainement des souvenirs inoubliables. Nous sommes fiers de lui. Ça dépasse nos attentes», mentionne la mère de l’ancien des Voltigeurs de Drummondville, Isabelle Morrier.

Ils ne sont peut-être pas aussi bruyants que les 20 131 spectateurs du Wells Fargo Centre, mais ils sont autant passionnés et enthousiastes.
Mardi soir, l’Acadie Nouvelle a eu la chance de se joindre à eux et de faire partie de leur univers, dans un garage de Nigadoo bien aménagé pour l’occasion.

La première mise en jeu n’est pas encore effectuée que tous sont déjà arrivés, bien assis et fin prêts pour ce deuxième duel de la série face aux Devils du New Jersey.

Plusieurs sont vêtus de t-shirts des Flyers, alors qu’une autre a une tuque et un foulard de Philadelphie. Les fameuses crottes de fromage orange font fureur. Les gens ont leur boisson en main et attendent le début de la rencontre. On sent déjà la tension et la fébrilité pendant l’hymne national américain.

«Je suis plus nerveux que je pensais», exprime le père de Sean, Sylvain Couturier.

Son fils est sur la glace pour le début de la partie, en compagnie de Maxime Talbot et d’Eric Wellwood.

«Je ne pensais pas qu’il serait habillé tous les matchs et là il se retrouve à surveiller les grosses lignes, il joue en désavantage numérique et est utilisé près de 17 minutes. Il a un gros rôle. C’est une grosse mission pour un gars de son âge», souligne le conseiller au directeur-gérant du Titan.

À 2:53, Matt Read ouvre la marque pour les Flyers. Les gens sont debout, ils se tapent dans les mains et la cloche se fait entendre.

La confiance règne en première période. Chaque fois que le numéro 14 de Philadelphie est sur la glace, on peut entendre des «let’s go Sean». Le paternel Couturier est concentré, parfois inquiet, ses yeux ne dérogent pas de l’écran.

Ce filet aura été le seul moment de réjouissance pour le groupe. La deuxième période a totalement été à l’avantage des Devils, qui ont dominé 12-2 au chapitre des tirs.

«Je n’aime pas ça», dit Sylvain Couturier.

Malgré la nervosité, les blagues sont toujours de mise. Alors que Sean est pris dans une légère altercation, l’entraîneur-chef et directeur général des Tigres de Campbellton, Charles LeBlanc, lance en riant: «Il a du chien comme son père. Il pousse et il s’en va!»

Au troisième tiers, New Jersey prend les devants pour la première fois, à 11:17. C’est le silence complet dans le garage. Mais l’espoir est encore présent. On peut entendre «il reste encore du temps».

Les visiteurs ont toutefois ajouté deux autres buts et se sont sauvés avec une victoire de 4 à 1. Plusieurs ont mis leurs mains dans leur visage, d’autres ont la tête renversée par en arrière. On blâme Daniel Brière et Andreas Lilja pour quelques filets de l’adversaire.

En dépit de la défaite, tous s’en vont avec le sourire. Ils ne s’attendaient quand même pas à voir leurs favoris balayer les Devils…