Du tiers-monde au Klondike

CARAQUET – En près de 20 ans, le soccer au Nouveau-Brunswick est passé du tiers-monde à la société industrialisée. Malgré l’évolution phénoménale et rapide qu’a connue le sport, il reste encore beaucoup de travail à faire.

Selon les données fournies par Soccer NB, 3000 joueurs et joueuses pratiquaient le soccer en 1991. En 2000, ce chiffre est passé à 12 000. Et, en 2012, l’organisme évalue la participation totale à environ 16 000 garçons et filles.

La province compte 10 équipes provinciales, soit le double par rapport à 2008, 54 formations AAA, 40 associations affiliées à Soccer NB et produit de plus en plus de joueurs élites.

En 2010, les filles du FC Chaleur ont terminé au quatrième rang aux Championnats canadiens de soccer BMO U-16, un fait rare.

En 2011, le Nouveau-Brunswick a récolté cinq médailles sur une possibilité de huit aux Championnats de l’Atlantique 2011. Il s’agit d’une nette amélioration par rapport aux dernières années.

«Nous avons progressé de façon phénoménale. Tout un travail a été fait dans la structure. Nous avons des bénévoles fantastiques et passionnés qui veulent développer les jeunes. Soccer NB est mieux organisé aussi», constate le directeur technique de Soccer NB, Younes Bouida.

«Depuis que Younes est là, il y a eu une amélioration de 200 % chez Soccer NB», renchérit le directeur général de Soccer Chaleur, Hollis Chamberlain.

Marcel Marsh, engagé depuis près de 30 ans dans le monde du ballon rond dans la Péninsule acadienne, croit que le transfert de l’organisme provincial de Saint-Jean à Moncton a grandement aidé au développement du sport au tournant des années 2000.

«C’est devenu plus central et plus de francophones ont commencé à s’impliquer», estime M. Marsh.

L’ajout d’infrastructures comme le Dundee SportsDome de Moncton en 2005 et le Sportplexe Richelieu de Nigadoo en 2004 (transformation de l’aréna en terrain de soccer) ont aussi eu un rôle à jouer, selon lui.

Malgré tout, le manque d’infrastructures est toujours un problème, d’après Younes Bouida.

«Même si les jeunes peuvent s’entraîner toute l’année dans certaines régions, il n’y a pas des dômes partout. Nous sommes la seule province qui n’a pas encore un vrai complexe de soccer, avec turf, vestiaires, cantines, gymnases d’entraînement, boutiques, bureaux, etc.», affirme le directeur technique de Soccer NB.

«Nous avons encore beaucoup de travail à faire sur cinq points principaux, soit les infrastructures, la promotion des activités, la structure de compétition, la structure des associations et la formation des entraîneurs», ajoute M. Bouida.

Marcel Marsh est du même avis, particulièrement en ce qui concerne les entraîneurs.

«Au début des années 1990, les gens qui s’occupaient du soccer n’avaient jamais joué de leur vie. Maintenant, nous avons des personnes compétentes qui sont là pour transmettre leur savoir-faire. Nous devons continuer à aller chercher des entraîneurs enthousiastes.»