Les Jeux de Londres vus et ressentis en Acadie

CARAQUET – Lorsque les Jeux de Londres prendront fin, dimanche, c’est pas moins de cinq milliards de téléspectateurs qui, ne serait-ce que pour un seul exploit, auront été «scotchés» devant leur téléviseur au cours des 17 jours d’activités du plus grand rassemblement sportif de la planète.

Nos anciens olympiens et autres athlètes de pointe de l’Acadie ne font pas exception et ingurgitent eux aussi leur lot quotidien d’émotions fortes.

Comme nous tous, ils ont été témoins des magnifiques cérémonies d’ouverture qui en ont mis plein la vue. Ils ont également vu l’Américain Michael Phelps ajouter une 17e médaille d’or olympique au 100 m papillon et ainsi compléter son époustouflante carrière avec un record de 22 podiums.

Évidemment, ils n’ont rien manqué non plus de l’électrisante victoire du Jamaïcain Usain Bolt au 100 m. Un homme qui court à 44,72 km/h, c’est quand même quelque chose.

Mais qu’en est-il des coups d’éclat des athlètes canadiens? Certes, il n’y a pas de Joannie Rochette pour émouvoir des millions de personnes comme l’avait fait la patineuse artistique aux Jeux de Vancouver. Mais peu importe, les moments forts ont malgré tout été nombreux.

À commencer par les larmes de joie du judoka Antoine Valois-Fortier après sa médaille de bronze la semaine dernière, ou encore le podium d’or de Rosannagh MacLennan, au trampoline, qui a possiblement meublé la discussion de votre souper de samedi en famille. Et que dire des trois buts de Christine Sinclair dans la défaite crève-coeur de 4 à 3 contre les États-Unis, lundi?

C’est dans cette optique que l’Acadie Nouvelle a voulu connaître les coups de coeur de Geneviève Lalonde, Shawn Sawyer et Patrick Côté.

Pour Lalonde, dont l’objectif est de se tailler une place pour les Jeux de Rio de Janeiro en 2016 au 3000 m steeple, son coup de coeur est la cinquième position de Clara Hughes en cyclisme.

«Clara est une idole pour plusieurs jeunes filles du pays et de la voir terminer en cinquième place dans le contre-la-montre à presque 40 ans (son anniversaire est le 27 septembre), c’est incroyable», raconte la coureuse de Moncton qui ne rate rien, ou presque, des Jeux de Londres avec les membres de sa famille.

«Parmi mes autres coups de coeur, il y a la 13e place de mon bon ami Inaki Gomez qui a réussi un nouveau record canadien au 20 km marche. C’était vraiment excitant pour moi», révèle Lalonde avec de l’émotion dans la voix.

Shawn Sawyer, lui, avoue avoir craqué pour les deux plongeuses Émilie Heymans et Jennifer Abel, médaillées de bronze dans l’épreuve synchronisée au tremplin de 3 mètres.

«J’ai adoré leur complicité. C’était vraiment beau à voir», indique l’ancien patineur artistique d’Edmundston, 12e aux Jeux de Turin en 2006.

«Mais mon véritable coup de coeur, c’est la gymnaste américaine Gabrielle Douglas. La gymnastique m’intéresse davantage parce que c’est le sport qui ressemble le plus à mon sport. Mon fun avant chaque olympique, c’est de deviner qui sera la nouvelle star des jeux. J’ai mis dans le mille avec Gabrielle. Je l’avais vue aux Championnats des États-Unis et elle m’avait vraiment impressionné. Sa détermination, son sourire, tout m’avait conquis. C’est là que je me suis dit que c’est elle qui allait sortir du lot aux Jeux de Londres», relate Sawyer.

Quant à l’ancien biathlète Patrick Côté, le rendement de Michael Phelps a particulièrement retenu son attention.

«Je trouve qu’il s’est très bien débrouillé malgré les critiques qu’il a essuyées après sa quatrième place dans le 400 m quatre nages. Il a terminé la tête haute avec une médaille d’or. Ç’a été tellement inspirant de le voir effectuer son dernier tour de piscine avec la foule en délire. J’étais cependant très déçu pour Simon Whitfield dans le triathlon et de la défaite des femmes au soccer. J’espère qu’elles seront en mesure d’aller chercher le bronze», exprime l’athlète de Grand-Sault.

LALONDE ET SAWYER TRISTES POUR FINDLAY

CARAQUET – L’ancienne championne du monde du triathlon Paula Findlay, dont la déconfiture aux Jeux de Londres avec la 52e et dernière position a abasourdi le Canada entier, peut au moins compter dans ses malheurs sur l’appui de Geneviève Lalonde et de Shawn Sawyer.

Lalonde est une amie personnelle de Findlay depuis leur participation aux Championnats mondiaux de cross-country de 2008 à Edimbourg, à l’époque où les deux filles faisaient partie de l’équipe canadienne de la discipline.

«Ç’a été une année passablement mouvementée et désagréable pour elle, rapporte Lalonde. En raison de sa blessure à la hanche, elle n’avait pas compétitionné depuis un an. Malgré tout, elle a tout donné pour compléter sa course. Elle y a mis tout son coeur.»

Sawyer dit avoir été très touché par les problèmes de l’Albertaine âgée de 23 ans.

«Ça m’a vraiment beaucoup touché de la voir à la télévision répéter continuellement après sa course à quel point elle était désolée. C’était cruel à regarder. Ce que nous avons vu là, ce n’était pas seulement une athlète, mais aussi une personne qui venait de perdre quelque chose de très important pour elle. J’ai trouvé ça vraiment triste», confiie Sawyer. – RL

 

LISE GAUTREAU-ROBICHAUD NE RATE PAS UN INSTANT

CARAQUET – Lise Gautreau-Robichaud sera une téléspectatrice doublement attentive lorsque les compétitions de gymnastique rythmique débuteront jeudi. Trente-deuxième aux Jeux de Séoul, en 1988, l’ancienne olympienne native de Moncton dit dévorer chaque jour des heures d’écoute avec son époux et leurs enfants au chalet familial.

«Je passe définitivement trop d’heures devant la télé ces temps-ci, dit-elle en riant aux éclats.

«Nous avons même acheté une nouvelle télévision juste pour ça. L’un de nos voisins, Richard Steeves, qui a été un officiel pour deux olympiades, est dans la même situation que nous. Il m’a même dit qu’il n’en dormait presque pas la nuit», ajoute Gautreau-Robichaud en pouffant de rire encore une fois.

Tous les deux ans, elle dit revivre sensiblement les mêmes émotions qu’à l’époque de Séoul.

«Peu importe la discipline, ça vient me chercher. Surtout quand ce sont des athlètes canadiens qui sont en action. J’ai le coeur gros quand je vois l’un des nôtres rater son coup. La ligne est tellement mince entre une médaille et le contraire. Les Jeux olympiques, c’est énormément de pression et de stress à gérer. C’est très difficile de garder le focus.»

Gautreau-Robichaud apprécie également les entrevues de fond réalisées avec les athlètes.

«J’aime les voir raconter leur cheminement. Ça me rappelle des souvenirs. J’ai bien aimé le reportage sur Alexandre Despatie qui en a profité pour rendre un hommage à sa grand-mère qui l’a beaucoup aidé à ses débuts dans le plongeon. C’était touchant.»

Samedi, elle tient énormément à ce que ses enfants regardent la gymnastique rythmique afin qu’ils puissent comprendre ce qu’elle a vécu en 1988.

«Je ne veux pas qu’ils regardent pour faire ensuite le jeu des comparaisons avec mon époque, parce que c’est injuste de comparer. Les gymnastes d’aujourd’hui réalisent des trucs qu’aucune fille ne pouvait faire dans mon temps. Malgré tout, ce n’était pas plus facile quand je compétitionnais. Il n’y a rien de facile à ce niveau», dit-elle.

Et son coup de coeur jusqu’ici aux Jeux de Londres? Elle ne peut en nommer un en particulier, bien que la course du 100 m d’Usain Bolt, dimanche, a beaucoup remué la petite famille.

«Ç’a été un spectacle incroyable. C’est quand même dur à croire qu’un être humain est capable de courir plus de 44 km/h. Les enfants étaient impressionnés et ils en parlaient encore le lendemain. Ils voulaient même savoir à quelle vitesse ils étaient capables de courir», affirme Gautreau-Robichaud, avant d’aller se lover pour quelques autres heures devant son téléviseur. – RL