Justin Haché célébré à Petit-Rocher

PETIT-ROCHER – Après avoir remercié un peu tout le monde, Justin Haché a eu une belle pensée pour le regretté Luc Bourdon quand est venu le temps d’expliquer son cheminement dans le hockey.

Le champion de la Coupe Memo­rial, célébré jeudi soir devant près d’une centaine de personnes à l’édifice municipal de Petit-Rocher, ne cache pas l’importance que l’enfant chéri de Shippagan a eue dans le déroulement de sa carrière.

«Quand tu es tout jeune, comme tous les petits gars qui jouent au hockey, tu en rêves à la Ligue nationale. Mais tout ça reste quand même loin, un peu comme la Coupe Memorial. Tu vois ça à la télévision, mais tu te dis que ce n’est pas pour toi. Tu finis par croire que ce n’est pas possible», a raconté Haché quelques minutes avant le début des cérémonies.

Puis est arrivé Luc Bourdon dans le portrait et ç’a eu un effet monstre dans la tête du jeune Haché. À un point tel qu’il s’est mis au défi de suivre les traces de son idole.

Comme Bourdon, il a joué son hockey midget AAA avec les Rivermen de Miramichi. Et comme Bourdon, il a ensuite été sélectionné en première ronde de la LHJMQ (8e au total en 2010 par les Cataractes de Shawinigan). Et toujours comme Bourdon, il a réussi à se faire sélectionner au repêchage de la LNH (7e ronde, 208e au total) en juin. Il a même réussi à faire quelque chose que Bourdon n’a jamais pu, remporter la Coupe Memorial.

«Je me suis toujours senti proche de Luc même si je ne lui ai jamais parlé. Je l’ai vu jouer au Centre régional K.-C.-Irving et à la télévision, mais c’est tout. Il a toujours été mon idole. Plus jeune, le plus beau compliment qu’un entraîneur pouvait me faire, c’était de me dire que je
lui ressemblais dans ma façon de jouer», dit-il avec le sourire.

Les personnes qui se sont présentées aux célébrations ont pu jeter un oeil non seulement sur les différents chandails portés par le héros du jour au fil des ans, mais aussi sur une quantité industrielle de photos des différentes époques. Deux de ses anciens entraîneurs ont également pris la parole, soit Roch Bois et le maire lui-même, bien fier de dire qu’il a déjà été l’entraîneur d’un joueur qui a été repêché dans la LNH.

«C’est une journée spéciale pour moi d’être avec les miens et la coupe Memorial, même si ce n’est pas le vrai trophée. Je remercie tous mes entraîneurs, de l’initiation jusqu’à la LHJMQ. Je remercie aussi mes parents qui sont mes fans numéro un. Ils ont toujours été là pour moi.»

Plus tard, devant le public, il a également remercié les médias et toute la population de Petit-Rocher et des environs qui suivent depuis déjà plusieurs années sa carrière de hockeyeur.

Pour le maire Desjardins, les succès de Justin Haché s’expliquent par sa volonté de se dépasser.

«Je ne sais pas ce que l’avenir lui réserve, mais Justin a toujours été un gagnant, peu importe le sport. Sa plus grande force, c’est son plaisir à compétitionner. Il s’amuse dans le sport», a-t-il mentionné.

«Je n’aurais jamais pensé avoir un joueur de hockey professionnel dans la famille»

 

PETIT-ROCHER – Michelle Haché a eu le coeur brisé lorsque les Cataractes de Shawinigan sont venus lui «voler» son plus vieux pendant l’été 2010. Deux ans plus tard, la blessure désormais guérie, c’est avec émotion et fierté qu’elle vit le tourbillon qu’est devenue la vie de son Justin.

«Ça m’a fait mal de le voir partir de la maison à seulement 16 ans. Heureusement, il est tombé sur une excellente famille de pension à Shawinigan, des gens qui sont devenus depuis de bons amis de notre famille», dit-elle.

Michelle et son mari Jean-Marc ont vécu toute une expérience en mai dernier lorsqu’ils ont vu leur fils célébrer avec ses coéquipiers après la conquête de la Coupe Memorial.

«C’était très émouvant ce soir-là. C’était quand même notre fils qui était sur la glace», dit-elle.

«Nous apprenons à vivre avec la renommée de Justin au jour le jour, ajoute Jean-Marc. Nous étions à Pittsburgh en juin pour le repêchage de la LNH et nous ne savions même pas comment ça fonctionnait.»

Le grand-père maternel, Réal Bossé, n’était pas présent à Shawinigan lorsque son petit-fils a soulevé le prestigieux trophée. Il n’était toutefois pas bien loin puisqu’il séjournait chez sa soeur Dora, âgée de 93 ans, à Québec.

«Nous avons écouté le match à la télévision et c’était spécial. Je n’aurais jamais pensé avoir un joueur de hockey professionnel dans la famille. Grâce à Justin, il y a plein de gens que je ne connais même pas et qui m’abordent pour me parler de mon petit-fils. Ses parents ont fait beaucoup de sacrifices pour qu’il y arrive. Ça prend du courage», révèle cet ex-enseignant à la retraite qui habite à Atholville. – RL