L’AJLCH vise la reconnaissance d’ici le 1er septembre

MONCTON – La nouvelle Association des joueurs de la Ligue canadienne de hockey (AJLCH) se dit optimiste d’être officiellement reconnue par la LCH et par Hockey Canada d’ici la fin du mois d’août. Si ce n’est pas le cas, elle se dit prête à utiliser des moyens musclés pour arriver à ses fins.

Un responsable de l’association, qui préfère garder l’anonymat pour le moment afin de ne pas «piler sur les orteils de personne», indique qu’une stratégie en trois étapes est déjà en place pour atteindre son objectif.

«La première étape est une reconnaissance volontaire de la LCH et de Hockey Canada et c’est ce que nous souhaitons. La deuxième phase comprend des méthodes plus musclées alors que dans la troisième étape, on peut carrément les mettre à genoux», affirme ce responsable sans détour, en laissant entrevoir la possibilité d’une action en justice.

On évoque également la possibilité de ne pas permettre aux joueurs de la LCH de participer à des événements internationaux.

«Nous sommes la seule ligue professionnelle en Amérique du Nord qui n’a pas d’association de joueurs», avance cette même source.

Selon lui, l’allocation que reçoivent les joueurs, aussi minime soit-elle, fait des joueurs de la LCH des professionnels au même titre que les autres.

Ce que l’association veut, c’est d’abord et avant tout s’occuper des 98 % de ses membres qui n’accéderont pas un jour à la LNH.

On souhaite notamment permettre à des joueurs qui décident de suivre des cours spécialisés ailleurs qu’à l’université d’être aussi éligibles à recevoir une bourse.

«La société a besoin de maçons, de menuisiers, de soudeurs. Pourquoi ces gars-là n’ont-ils pas droit à la même bourse que ceux qui vont à l’université?», demande le responsable de l’association.

Ce dernier cite l’exemple de la Ligue de hockey de l’Ouest.

«Depuis 1992, seulement 15 % de leurs joueurs ont eu droit à une bourse d’études pour leur éducation. Les autres qui ont tenté leur chance dans le hockey professionnel avant de revenir aux études ou qui ont choisi une formation spécialisée n’ont rien eu», déplore-t-il.

L’association déplore le fait qu’un joueur perd sa bourse s’il ne l’a pas utilisée 18 mois après la conclusion de sa carrière dans le hockey junior.

Ce responsable affirme que les négociations avec les autres entités pourront se faire en douceur si l’Association des joueurs de la Ligue canadienne de hockey est reconnue comme représentante officielle des joueurs.

Le regroupement vise également à assurer un meilleur partage des revenus entre Hockey Canada, la LCH et les joueurs.

«Nous en avons ras le bol de voir Hockey Canada faire tous les profits. Essayons plutôt d’en arriver à une entente pour corriger la situation», indique le responsable de l’association.

Selon ses chiffres, la dernière édition du Championnat mondial de hockey junior présentée au Canada (à Calgary et Edmonton en 2012) aurait permis à Hockey Canada de faire des profits de l’ordre de 22 millions $.

«La LCH a reçu pour sa part 6 millions $ et les joueurs n’ont eu absolument rien. Ce sont pourtant des joueurs de la LCH qui évoluaient sur la patinoire et qui leur ont permis de générer tous ces profits», constate -t-il.

Cette même source indique également que l’association nommera un directeur général plus tard cette semaine.

Il s’agirait d’un ancien joueur professionnel, bien connu dans le milieu du hockey junior.