De batboy à immortel

TRACADIE-SHEILA – C’est en tant que préposé au bâton des Aigles de Tracadie-Sheila, en 1972, que Robert Landry a véritablement eu la piqûre du baseball. Le jeune batboy âgé de 10 ans, déjà féru de divers jeux qu’il pratiquait quotidiennement avec ses petits camarades de la rue des Basque, avait alors eu tout le temps nécessaire pour apprendre les rudiments de son sport de prédilection.

Landry, qui sera intronisé au Temple de la renommée de Baseball Nouveau-Brunswick le samedi 20 octobre, devient du même coup le troisième porte-couleurs des Aigles à être immortalisé après Jean-Guy Robichaud (1999) et Keith Coughlan (2002).

«Comme batboy, j’ai eu la chance de voyager avec l’équipe à travers la province et j’ai côtoyé de très bons joueurs, comme Jean-Guy, Keith, Maurice Ferguson, Raymond Losier, Léo-Paul Johnson et Samuel Richard. En les regardant jouer, je me suis mis dans la tête que je voulais aussi jouer un jour à ce niveau», se souvient-il.

Il n’aura pas eu longtemps à attendre, puisque, dès ses 18 ans, en 1980, il fait le saut au sein de l’équipe avec laquelle il remportera cinq championnats provinciaux intermédiaires (1995, 1996, 1999, 2001, 2007) et deux championnats de l’Atlantique (1996, 1999).

«Cette intronisation, comme je l’ai dit à mes amis, c’est juste un titre, dit-il modestement. Tu peux être le meilleur joueur, si tu ne gagnes pas de championnat, ces choses-là n’arrivent pas. Le soir où je serai intronisé, je vais avoir une pensée pour tout le monde qui a gravité autour de l’équipe au cours des années, que ce soit mes coéquipiers, mes entraîneurs ou encore les bénévoles. Tout le monde a mis la main à la pâte. Ce titre, je l’accepte au nom de tous ces gens.»

L’actuel gérant des Aigles dans la Ligue intermédiaire de la Vallée de Miramichi estime que les deux conquêtes de l’Atlantique sont parmi ses plus beaux souvenirs.

«Il y a une drôle d’anecdote autour de ces deux championnats, raconte-t-il. En 1996, j’étais dans le cercle d’attente quand Dana Harquail nous a donné la victoire en fin de septième manche avec un circuit. En 1999, c’est moi qui a mis fin à la finale avec un circuit en fin de septième.»

Parmi les autres faits d’armes de Landry, notons son titre de recrue de l’année dans la Ligue senior du Nouveau-Brunswick, en 1985, alors qu’il portait les couleurs des Thunderbirds de Bathurst.

«C’était l’époque où Bill Lee lançait pour les Mets de Moncton. Comme tous les gauchers, il m’avait donné de la misère. Les gauchers ont toujours été ma bête noire», indique l’enseignant en éducation physique âgé de 52 ans, qui a récemment entamé sa 24e année à la polyvalente W.-A.-Losier de Tracadie-Sheila.

«Je suis chanceux d’avoir un travail qui me procure deux mois de vacances par année et qui me permet de pratiquer un sport que j’adore», ajoute celui qui compte aussi trois titres canadiens de baseball oldtimer.