Raphaël Lafontaine, la nouvelle image du Titan

BATHURST – Au hockey, lorsqu’on dit d’un individu qu’il a du chien, ça démontre que le joueur en question a du caractère et qu’il est prêt à tout donner à chacune de ses présences sur la patinoire, peu importe la situation de jeu. C’est le genre de bonhomme qui apporte un petit truc dans le feu de l’action qui le différencie immédiatement des autres. C’est comme s’il voyait chaque prise de décision telle une question de vie ou de mort. Étrangement, tout ça lui vient naturellement. Ça fait partie de sa personnalité. Bref, du chien, tu l’as ou tu ne l’as pas.

Évidemment, les entraîneurs raffolent de ce type de joueur. Dans le vestiaire, ils aiment le citer en exemple devant les autres, que ce soit pour réveiller ceux qui ont oublié que la récréation était terminée, ou encore pour fouetter l’amour-propre des plus talentueux, ceux qui se croient indispensables aux succès de l’équipe.

À Bathurst, Éric Dubois croit avoir détecté cette qualité chez Raphaël Lafontaine. C’est pourquoi il a décidé d’en faire le nouveau capitaine du Titan, mardi, en remplacement de Brandon Hynes, qui n’était visiblement pas fait pour occuper cette fonction. Le Terre-Neuvien-et-Labradorien n’a même pas rouspété.

Si Dubois a longuement mûri sa décision avant d’en informer Hynes, le choix du remplaçant, lui, était facile. Dès le départ, Lafontaine était son homme.

«Raphaël représente exactement ce que nous voulons devenir comme organisation. Il est l’image que nous voulons dégager auprès du public. C’est un gars motivé, toujours de bonne humeur et qui se présente à l’aréna pour travailler», raconte Dubois pour expliquer sa décision.

«Cette décision, je l’ai prise autant pour le bien de l’équipe que pour le bien de Brendan», ajoute Dubois.

Lafontaine, lui, a accueilli cette nomination avec fierté.

«C’est évident que j’en suis fier. En même temps, l’équipe avait besoin de changement. Je crois que l’entraîneur aime ma façon de faire. Il faut juste que je continue de la même façon», signale l’auteur de 12 buts et quatre passes en 18 rencontres.

Le nouveau capitaine dit avoir eu une bonne discussion avec son coéquipier Brandon Hynes, afin d’éviter tout malentendu. Il tenait à ce que ce dernier sache que la décision venait de l’organisation.

«Nous nous sommes parlé et j’ai bien vu qu’il prenait bien la chose», affirme Lafontaine, qui n’avait pas été capitaine d’une équipe de hockey depuis les rangs pee-wees.

A-t-il eu de la difficulté à dormir mardi soir en sachant qu’il allait disputer un premier match en tant que capitaine?

«Non, j’ai très bien dormi, dit-il en souriant. Ce n’est pas quelque chose qui me stresse. Au contraire, ça me donne encore plus de confiance. Bien sûr, j’y ai pensé avant de me coucher et je savais qu’il fallait gagner après ce difficile périple au Québec. Les gars ont travaillé très fort ce soir pour aller chercher ce match. Nous avons eu un petit relâchement en deuxième, mais sinon nous avons vraiment bien travaillé.»

Ah oui, saviez-vous que Lafontaine est désormais le plus jeune capitaine de la LHJMQ. Le jeune athlète de Gatineau ne soufflera ses 18 bougies que le 4 décembre.

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Le directeur général et entraîneur des Wildcats de Moncton, Danny Flynn, était d’avis que son équipe aurait mérité un meilleur sort contre le Titan. Il n’a pas tort, quoique le Titan a tout de même disputé l’un de ses rares bons matchs à domicile.

Flynn soutient qu’il s’attendait à ce que le Titan entame le match en force et c’est exactement ce qui est arrivé. Ses joueurs avaient aussi été prévenus.

«Ce qui a fait la différence ce soir, ce sont les deux buts en avantage numérique au premier vingt. Le Titan possède un excellent avantage numérique et il l’a démontré en première. Leur gardien (Jacob Brennan) a également été très bon. Nous avons travaillé fort et nous avons eu nos chances, mais nous avons été incapables de terminer nos jeux», signale Flynn.

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L’auteur du but vainqueur en début de troisième, Alec Jon Banville, avait le sourire facile après la rencontre. Il était d’autant plus soulagé que l’équipe ait réussi à conserver la mince avance d’un but malgré les attaques multiples des Wildcats dans leur territoire en fin de match. C’est que Banville aurait pu ajouter un autre but plus tard dans la période quand il s’est présenté en échappée devant Alex Dubeau. Mais comme Réjean Houle le faisait si souvent avec le Canadien dans les années 1970, il a complètement raté son coup et il s’est avéré une proie facile pour le gardien des Wildcats.

«Je ne sais pas pourquoi, mais je pensais juste à ceux qui me suivaient, lance-t-il en riant. Par contre, cette victoire-là fait du bien avec le mauvais week-end que nous avons connu. Ça fait vraiment du bien. C’est une victoire qui redonne confiance à l’équipe. Nous n’avons pas bien joué lors du voyage et avec les Wildcats qui s’en venaient et qui avaient gagné leurs trois matchs en trois soirs sur la route, nous tenions à remettre les pendules à l’heure.»

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Éric Dubois était un homme soulagé après la victoire de 3 à 2 mercredi. Il a moins aimé le travail de ses joueurs au deuxième vingt, mais il a mis ça sur le compte de la fatigue.

«Le voyage a été difficile et les joueurs ont eu deux entraînements intenses. J’ai également eu des messages à passer et des décisions à prendre au cours des derniers jours», mentionne l’entraineur.

«Ce soir, ce que je retiens surtout de mes joueurs, c’est leur combativité. En fin de match, les gars étaient prêts à tout pour gagner. J’ai même vu (Patrik) Zdrahal et (Adam) Steevens bloquer des tirs», souligne Dubois.

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Relégué à un rôle de huitième défenseur avec les entrées en scène de Myles McGurty et d’Alexandre Gauthier, Bryan Groleau a récemment décidé de quitter le Titan. Groleau s’est depuis joint aux Cougars du Collège Champlain de Lennoxville dans la Ligue junior AAA du Québec.

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Le rendement de Nicholas Blanchard dans la Ligue de hockey midget AAA de la Nouvelle-Écosse impressionne tout le monde, y compris Éric Dubois.

Le jeune attaquant âgé de 16 ans qui fait 5 pi 11 po et 170 lb semble carrément trop fort pour le circuit avec ses 40 points en seulement 17 parties.

«Blanchard a subi une commotion cérébrale pendant le camp d’entraînement et ç’a complètement fait dérailler son camp. Nous avions quand même eu le temps de voir qu’il était nettement au-dessus des autres jeunes au niveau du sens du hockey. Par contre, il avait des lacunes avec son coup de patin. Quand nous l’avons retranché, il avait le choix entre aller jouer pour la formation junior A de Bridgewater ou encore retourner avec les Wildcats de Valley. Je n’étais pas en désaccord pour un choix ou l’autre, mais j’ai tenu à lui dire que s’il choisissait le midget AAA il était mieux de dominer la ligue. C’est exactement ce qu’il fait», raconte Dubois en souriant.

Blanchard pourrait-il être appelé à compléter la saison avec le Titan après la période des Fêtes? Dubois n’a pas voulu vendre la mèche et s’est contenté de dire que c’était une possibilité.

Blanchard a été sélectionné en quatrième ronde (62e au total) lors du dernier encan de la LHJMQ en juin.

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Le jeune Giovanni Fiore en est un autre qui va bien dans le midget AAA. Le jeune ailier gauche âgé de 16 ans du Rousseau Royal de Laval-Montréal montre une fiche de 10 buts et 17 points en 16 parties.

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Même s’il a disputé un bon match dans l’ensemble face aux Wildcats, il faut bien reconnaître que Matthew Bissonnette est loin d’être le joueur qu’il était la saison dernière.

À la même date la saison dernière, Bissonnette avait déjà 15 buts à sa fiche et 34 points. C’est très loin des trois buts et 15 points qu’il affiche au compteur depuis septembre. À ce rythme, le grand attaquant du Titan aura de la difficulté à atteindre le plateau des 15 buts et des 50 points. Je ne suis pas certain que les recruteurs professionnels soient très impressionnés par son rendement.

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Dmitrij Jaskin possède un tir des poignets digne d’un joueur de la Ligue nationale, ça ne fait aucun doute. Au deuxième vingt, il a tenté e surprendre Jacob Brennan avec un tir sec et ce dernier a été bien chanceux d’effectuer l’arrêt parce qu’il n’avait rien vu. Rien vu comme dans «ça venait d’où cette rondelle?».