La «bible» de la LHJMQ fait la part belle aux équipes des Maritimes

BATHURST – Comme cadeau de Noël, les partisans des Wildcats, du Titan et des Sea Dogs pourraient difficilement demander mieux que l’encyclopédie La Ligue de hockey junior majeur du Québec: Depuis Lafleur, en passant par Lemieux et Crosby! lancée récemment par Jean-Pierre D’Auteuil et Jean-Philippe Otis. Chacune des 43 premières saisons de la LHJMQ y est relatée par l’entremise de statistiques, de photos et de faits saillants. Et, ce qui ne nuit certes pas à l’oeuvre, le tout est saupoudré de citations et d’anecdotes savoureuses.

Publié conjointement aux Éditions Caractère (version française) et aux Éditions Faye (version anglaise), le livre de 288 pages, que le commissaire Gilles Courteau décrit dans la préface comme une véritable bible, fait évidemment la part belle aux trois formations du Nouveau-Brunswick.

«C’était important que les amateurs de hockey des Maritimes se retrouvent dans ce livre, soutient le coauteur Jean-Pierre D’Auteuil.

C’est également important de retrouver les trois plus grands joueurs de l’histoire de la ligue sur la page couverture, soit Guy Lafleur, Mario Lemieux et Sidney Crosby. En plus d’avoir gagné la Coupe Stanley, ils ont tous trois en commun d’être des personnalités positives.»

Évidemment, pour mener à terme un tel ouvrage, Jean-Pierre D’Auteuil et Jean-Philippe Otis ont dû s’armer de patience. Juste pour la recherche, il aura fallu environ un an.

«Comme la ligue n’a pas énormément d’archives, à part des photos, nous avons commencé la recherche en fouillant les microfilms des journaux à l’Université Laval. Nous avons vite réalisé que ça n’avait pas de bon sens et c’est là que Marc Lachapelle est arrivé dans le projet. Il a gentiment accepté de nous prêter ses archives. Sans lui, les recherches auraient pris facilement un an de plus. Tout était regroupé, saison par saison, dans cinq grosses boîtes. Notre travail aura été de faire le ménage dans toutes ces informations et de décider ce que nous gardions ou non. Bien sûr, nous avons aussi fait des recherches sur Internet. Stéphane Leroux, de RDS, nous a également aidés beaucoup. Je dirais que les meilleurs moments de la LHJMQ sont là à 99,9 %. En mettre davantage aurait juste été du gravy», raconte M. D’Auteuil.

En plongeant dans les souvenirs de la LHJMQ, les deux auteurs ont vite réalisé à quel point la ligue avait changé depuis sa naissance en 1969.

«Elle s’est surtout structurée de brillante façon, indique M. D’Auteuil. La LHJMQ est née parce que des gens enthousiastes ont eu l’idée de regrouper les meilleurs joueurs d’âge junior dans une seule et même ligue. Financièrement, les débuts ont été difficiles. Ça n’avait rien à voir avec aujourd’hui où, en règle générale, les dirigeants sont nettement mieux nantis financièrement. Il n’y avait pas de Tanguay, d’Irving ou de McCain dans le temps. Par contre, les membres fondateurs de la LHJMQ avaient une vision à long terme.»

Les recherches ont aussi permis aux auteurs de réaliser à quel point les mœurs du hockey avaient changé.

«Les années 1970 ont été marquées par une période de violence qui était à l’image des Flyers de Philadelphie. Les équipes croyaient dur comme fer que pour gagner, il fallait d’abord intimider l’adversaire. L’intimidation était nettement plus présente que de nos jours», révèle Jean-Pierre D’Auteuil.

«Dans le temps, les combats étaient planifiés jusque dans les journaux. Des matchs de six à huit combats, c’était monnaie courante. Aujourd’hui, ça fait les manchettes un peu partout. Il faut dire que les entraîneurs étaient plus volubiles à l’époque. Les Ron Racette, Orval Tessier et Michel Bergeron, particulièrement dans les séries éliminatoires, aimaient préparer le terrain.»

«Tout ça a cependant fini par nuire à l’image de la ligue. C’est finalement l’entrée en scène de la grille complète, au début des années 1980, qui allait changer la donne. Bien sûr, ils ont abandonné la grille quelques années plus tard, mais les mœurs avaient eu le temps de changer au sein des équipes et dans les médias. Les quatre Coupes Stanley consécutives du Canadien à la fin des années 1970 ont aussi aidé à ce niveau», mentionne-t-il.

Selon Jean-Pierre D’Auteuil, cette flambée de violence a également nui au traitement des vedettes de l’époque, plus particulièrement Michael Bossy qui, malgré quatre saisons consécutives de plus de 70 buts, n’a pas eu droit à une couverture médiatique adaptée à ses exploits.

«Les amateurs disaient qu’il était peureux, pas assez rapide, et surtout, pas assez agressif. Ils préféraient des joueurs comme Robert Picard, Jacques Cossette et Richard Nantais. Eux, parce qu’ils se battaient, ont eu droit à un traitement hautement plus médiatique que Bossy. Ils étaient de bons joueurs, certes, mais c’étaient surtout des durs.»

On y apprend aussi plusieurs trucs intéressants sur des sujets touchant davantage le Nouveau-Brunswick. Par exemple, saviez-vous que c’était depuis 1992 que la LHJMQ songeait à implanter une équipe à Bathurst? La ville de Campbellton était aussi dans la mire du circuit. Et qui d’entre vous savait que Roch Voisine a été repêché par les Remparts de Québec en 1980?

Bref, un beau petit voyage dans le temps que les amateurs de hockey junior ne regretteront aucunement.