Patrick Roy a marqué à jamais la LHJMQ

BATHURST – Un peu comme Maurice Richard et Guy Lafleur avant lui, Patrick Roy est condamné à voir chacun de ses faits et gestes se retrouver, plus souvent qu’à son tour, dans les médias. C’est le prix à payer pour son statut de légende du hockey et aussi pour avoir une opinion sur à peu près tout concernant notre sport national. Au Centre régional K.-C.-Irving de Bathurst, où chaque visite des Remparts de Québec amenait plus de partisans que de coutume par sa seule présence, Casseau laisse une multitude de souvenirs qui ne sont pas à la veille d’être oubliés. Ses déclarations pointues et ses moues de dépit dans le feu de l’action ont été épiques et nourrissent encore les conversations.

Son petit côté baveux, qui ne plaît pas à tous, et ses colères, quand les choses allaient moins bien sur la glace, ont d’ailleurs fini par marquer le personnage. À tel point que plusieurs chroniqueurs ont souligné à grands traits cette facette de sa personnalité quand son embauche au poste d’entraîneur de l’Avalanche du Colorado a été confirmée la semaine dernière. L’émotif entraîneur sera-t-il capable de composer avec son nouveau patron, le toujours calme Joe Sakic?

Les mêmes critiques concernant son caractère avaient aussi fusé lorsque son nom à circuler quand est venu le temps de trouver un remplaçant à Randy Cunneyworth à la barre du Canadien de Montréal, l’été dernier. C’est finalement Michel Therrien qui a hérité du poste.

Daniel Doucet, un photographe-pigiste de la région Chaleur dont les clichés ont été publiés dans plusieurs médias du Québec et du Nouveau-Brunswick, a eu l’occasion de croquer Patrick Roy sur le vif lors de chacune des récentes visites du célèbre homme de hockey à Bathurst. En décembre 2012, il a même poussé l’audace d’aller lui demander d’autographier l’une de ses photos qu’il vénère aujourd’hui tel un trophée.

Son histoire avec Patrick Roy remonte toutefois au 12 novembre 2010. Les Remparts, dominés 2 à 0 après seulement quelques minutes de jeu en raison de deux pénalités pour avoir eu trop d’hommes sur glace, sont complètement désorganisés. Roy demande un temps d’arrêt pour enguirlander comme du poisson pourri ses joueurs. Daniel Doucet, qui est présent comme simple spectateur et qui se trouve à quelques mètres derrière le banc des Remparts, trouve que l’ancienne vedette du CH en met trop et en profite pour le prendre en photo.

«J’ai complètement perdu le respect que j’avais pour lui quand je l’ai vu crier après ses jeunes. Par contre, quand son capitaine (Mikaël Tam) a vu que je prenais des photos, il m’a tout de suite montré Roy qui s’est aussitôt calmé. J’avais trouvé tout ça fort intéressant. Quand j’ai commencé à faire de la pige, j’avais toujours en tête son intensité dans le feu de l’action et j’ai décidé de prendre le temps qu’il faut pour avoir une photo de lui qui deviendrait en quelque sorte mon trophée. Je me suis installé entre les bancs des deux équipes et je l’ai photographié. C’était le 2 novembre 2012. Dans cette photo, on peut sentir toute l’intensité dans son regard, comme si on pouvait l’entendre crier (voir photo)», raconte-t-il.

Mentionnons qu’après la montée de lait de Roy, les Remparts ont dominé le reste du match pour finalement l’emporter 5 à 2 et déclasser le Titan 49-15 au chapitre des tirs au but.

«À sa visite suivante un mois plus tard (7 décembre), ç’a adonné que j’ai vu l’autobus des Remparts en ville et j’ai décidé de me rendre aussitôt au Centre régional K.-C.-Irving pour l’approcher afin qu’il autographie la photo. Quand il est sorti de l’autobus, je l’ai abordé et il s’est tourné vers moi. Je lui ai tendu ma photo en lui disant que j’appréciais son intensité derrière le banc. Comme je ne le connaissais pas, j’avais peur qu’il déchire ma photo quand j’ai allongé le bras. Il l’a regardé et il m’a dit sur un ton ironique: «Ouais, j’suis pas mal beau là-dessus!» Il l’a ensuite autographiée et il s’est montré très gentil et sympathique. J’ai alors compris qu’il n’était pas l’homme colérique que je croyais. Il a tout de suite regagné mon respect. J’ai compris que l’intensité de cet homme faisait partie du personnage.»

«Patrick Roy est quelqu’un qui ne fait pas dans la demi-mesure. Il est très demandant, mais il veut surtout le meilleur pour chacun de ses joueurs. Lui, il est là pour gagner. Cette photo m’a fait comprendre que ceux qu’on idolâtre ne sont pas nécessairement les plus sympathiques. D’ailleurs, j’ai aussi eu l’occasion de photographier Marty McSorley lors de la récente visite des anciens des Bruins de Boston et c’était un joueur que je n’appréciais pas tellement quand il jouait. Finalement, c’est probablement l’une des personnes les plus sympathiques que j’ai rencontrées. Il a été incroyablement gentil», mentionne Daniel Doucet.