Robbie Graham à bord du Drakkar pour de bon

CARAQUET – Robbie Graham aura mis trois saisons avant de s’établir pour de bon avec le Drakkar de Baie-Comeau. L’attente en aura toutefois valu la peine parce que l’Acadien de Dieppe, maintenant âgé de 19 ans, est désormais un membre important au sein d’une formation qui, selon plusieurs, possède d’excellentes chances de faire un bon bout de chemin au cours des prochaines séries éliminatoires.

L’ancienne vedette des Flyers de Moncton profite non seulement d’un bon temps d’utilisation, mais ses 16 mises en échec le placent également au 25e échelon parmi tous les joueurs de la LHJMQ.

«J’ai toujours aimé le jeu physique, mais on dirait que cette année ça vient plus facilement, mentionne l’ailier gauche de 6 pi 1 po et 170 lb. Je suis aussi devenu avec le temps un joueur qui fait plus attention à son jeu défensif. Je me vois maintenant comme un two-way player.»

Graham a pourtant fait un pari que plusieurs ont cru insensé l’an dernier en quittant le Drakkar pour s’en retourner à Dieppe, où il a toutefois connu beaucoup de succès avec les Commandos dans la Ligue junior des Maritimes.

«Ça n’allait pas bien à l’école quand j’ai pris ma décision et j’ai décidé de retourner à Dieppe pour compléter mon secondaire. Et puis, jouer avec les Commandos m’a donné beaucoup de confiance. J’ai adoré jouer pour les Commandos qui sont vraiment une excellente organisation. Ça m’a permis de jouer beaucoup et contre des joueurs plus âgés», dit-il.

Mais pour Graham, le véritable déclic s’est probablement fait cet été.

«Je me suis entraîné dur cet été avec Rick Léger et ça m’a vraiment aidé. Je me suis présenté au camp avec plus de maturité et plus de confiance en mes moyens», indique-t-il.

Les résultats n’ont d’ailleurs pas tardé au camp d’entraînement où il est devenu très rapidement assez clair que sa place était à Baie-Comeau. Après avoir brillé dans les matchs intraéquipes, Graham a poursuivi son bon boulot dans les parties préparatoires avec une récolte de quatre mentions d’aide en trois rencontres, en plus de présenter un différentiel de +3, deux sommets parmi tous les joueurs du Drakkar.

Auteur d’un but et cinq passes en 10 matchs jusqu’ici, Graham a été utilisé dans le groupe des six premiers attaquants, à l’exception du dernier duel où il s’est retrouvé dans la troisième unité. Il faut dire que l’entraîneur Éric Veilleux en est encore au stade des expériences avec ses trios.

«Mes compagnons de trio ont changé à chaque match, dit-il. Et puis, le début de la saison a été plus difficile que prévu pour nous. Ce n’est pas qu’on jouait mal, mais c’était évident que l’équipe ne donnait pas son maximum. Mais là, ça commence à faire boule de neige.»

Après avoir perdu ses deux premiers duels, le Drakkar a depuis remporté cinq matchs, dont ses deux derniers. L’équipe s’est d’ailleurs mise à mieux jouer aussitôt que Félix Girard est revenu de son camp des Predators de Nashville.

«Félix est un joueur spécial. Il travaille au maximum à chaque présence sur la glace et c’est lui qui traîne l’équipe sur ses épaules. C’est définitivement le meilleur capitaine avec qui j’ai joué depuis que je suis dans le hockey», raconte-t-il.

Si l’objectif du Drakkar est de remporter la Coupe du Président, Graham refuse de s’en fixer en terme de chiffres.

«Tout ce que je veux c’est de terminer la saison avec le Drakkar. Pour le reste, je ne veux pas trop m’avancer, mais c’est certain que j’aimerais obtenir une invitation à un camp professionnel», révèle Graham, qui avoue toutefois qu’il aimerait bien un jour évoluer pour les Aigles Bleus de l’Université de Moncton.

Le Drakkar reprend l’action mercredi soir en accueillant les Remparts de Québec.

L’ARMADA GARDE LES PIEDS SUR TERRE

MONTRÉAL – L’Armada de Blainville-Boisbriand a remporté ses huit premiers matchs de la saison mais il n’est pas question, au sein de l’organisation, de se comparer aux équipes du passé qui ont réussi des exploits semblables.

On ne pense pas aux Cataractes de Shawinigan de 1996-1997, le dernier club de la LHJMQ à avoir connu un aussi bon départ, ni aux Remparts de Québec de 1972-1973, dont les 16 victoires pour amorcer la saison font encore figure de record de la LHJMQ à ce chapitre.

Et on ose encore moins songer aux Blackhawks de Chicago, qui ont réédité une marque de la LNH, au début de l’hiver dernier, en route vers la conquête de la coupe Stanley.

Car les membres de l’Armada savent que le travail ne fait que commencer.

«On oublie le passé au fur et à mesure et on ne regarde pas trop loin en avant. On reste toujours dans le moment présent, a expliqué le président et directeur-gérant de l’Armada Joël Bouchard, mardi, lors d’un entretien avec La Presse Canadienne. Le plus important pour nous, c’est l’entraînement d’aujourd’hui, ce n’est pas encore le prochain match (jeudi). On retient ce qui a été fait de bon en fin de semaine, on regarde ce qu’il faut améliorer et on recommence.»

«On n’a même pas de classement dans notre vestiaire, a noté l’entraîneur-chef Jean-François Houle. On veut que nos joueurs deviennent meilleurs à chaque jour, comme

hockeyeurs et comme individus. Si ça nous fait gagner des matchs de hockey, tant mieux, mais c’est davantage la manière dont nos joueurs travaillent et agissent qui compte.»

«Tout le monde a une chaise dans l’équipe et tout le monde respecte le rôle qu’on lui a donné, a indiqué Christopher Clapperton, qui a commencé la semaine au premier rang des pointeurs de la LHJMQ avec six buts et 14 aides. Tout le monde travaille fort à l’entraînement et ça se transporte dans les matchs.»

Aussi simple que ça.

L’Armada subira un test important cette semaine, alors qu’il disputera trois matchs en quatre soirs dans les Maritimes – à Moncton jeudi, à Halifax vendredi puis à Cap-Breton dimanche. – LA PRESSE CANADIENNE