Justin Vienneau se plaît à Nantes

NANTES, France – Les choses changent rapidement parfois dans la vie. Il y a un an, Justin Vienneau souffrait le martyre après s’être blessé au dos et déchiré des ligaments dans le cou à la suite d’un accident d’autobus impliquant les joueurs des Pêcheurs de Cap-Pelé, une formation de la Ligue de hockey senior Nord-Est. Complètement rétabli, le défenseur de 27 ans file aujourd’hui le parfait bonheur avec les Corsaires de Nantes, un club de Première division en France.

Pour Vienneau, il s’agit d’un deuxième séjour en France. De 2010 à 2012, il a évolué pendant deux saisons avec les Rapaces de Gap dans la Ligue Magnus.

Surtout réputé pour ses qualités défensives et son jeu robuste, l’arrière de 6 pi 4 po et 216 lb a l’occasion avec les Corsaires de démontrer qu’il peut aussi tenir son bout dans un rôle offensif. En 14 parties, Vienneau a déjà engrangé deux buts et cinq passes pour sept points, en plus d’avoir purgé 42 minutes au cachot.

«Je n’irais pas jusqu’à dire que joue le meilleur hockey de ma carrière, mais je profite ici de beaucoup de temps de glace et l’entraîneur (Claude Deveze) m’utilise en avantage numérique», soutient l’athlète de Cap-Pelé.

«J’adore jouer en France. Le calendrier est moins chargé qu’en Amérique du Nord et les partisans, comme ils le font dans les parties de soccer, aiment chanter et jouer du tambour tout au long des matchs», dit-il.

Les Corsaires, qui ont fait le saut en Division 1 cet automne après avoir remporté le championnat de la Division 2 le printemps dernier, n’ont pas tardé à faire leur marque dans un calibre pourtant plus élevé. Même qu’ils occupent actuellement le troisième rang sur 14 équipes avec 23 points (10-4-1-2) en 17 matchs. Seuls les Lions de Lyon (14-2-0-0, 28 pts) et les Boxers de Bordeaux (12-3-0-0, 24 pts) ont fait mieux que les Corsaires jusqu’ici.

«Nous n’avons pas de grande vedette dans l’équipe, mais tous les joueurs contribuent. Notre grande force, c’est notre jeu physique et défensif. Nous avons d’ailleurs réussi à battre Lyon et Bordeaux en saison. En raison de notre robustesse, nous sommes une équipe difficile à jouer pour des clubs plus talentueux à l’attaque», explique Vienneau, qui a eu l’occasion de fraterniser avec deux anciens coéquipiers de la LHJMQ au cours des dernières semaines.

Jonathan Laberge et Martin Bartos, qui ont tous deux déjà évolué pour le Titan d’Acadie-Bathurst, sont deux des grandes vedettes des puissants Lions. Laberge et Bartos figurent d’ailleurs dans le top 5 des meilleurs pointeurs du circuit avec respectivement 29 et 26 points.

Parmi les autres visages connus des amateurs de hockey du Nouveau-Brunswick qui évoluent en Première division, on retrouve l’ancien des Wildcats de Moncton, Daniel Pettersson, des Corsaires de Dunkerque, et l’ex-attaquant des Sea Dogs de Saint-Jean, Alexandre Labonté, de l’Hormadi d’Anglet. Le Néo-Brunswickois Mathieu Cyr, de Fredericton, joue lui aussi pour la formation de Dunkerque.

UNE VIE SANS STRESS QU’IL APPRÉCIE

Il y a bien pire métier dans la vie que celui de hockeyeur professionnel en France. Justin Vienneau en est conscient et il l’apprécie au plus haut point.

À quoi ressemblent ses journées à Nantes lorsqu’il n’a pas de match à disputer en soirée?

«C’est assez relaxe, raconte-t-il. Je me réveille aux environs de 9 h et je vais au gymnase. Puis, je vais faire un petit tour au centre-ville pour manger et je reviens à l’appartement pour écouter des films. À 19 h, j’ai un entraînement sur glace et je termine normalement la soirée en compagnie d’amis dans le centre-ville pour aller boire un verre ou deux.»

Bien sûr, l’Acadien de Cap-Pelé a aussi pris le temps de visiter Nantes.

«J’ai eu la chance de visiter quelques châteaux, notamment le château des ducs de Bretagne qui est situé en plein centre-ville. J’ai aussi été voir un match de soccer au Stade La Beaujoire – Louis Fonteneau (qui peut accueillir près de 40 000 spectateurs). Le FC de Nantes évolue en Première division cette année et l’ambiance était incroyable. C’est très impressionnant d’être dans ce stade pendant un match», dit-il.

Espère-t-il poursuivre son aventure à Nantes pour une autre saison? Vienneau répond dans l’affirmative. Toutefois, la décision ne lui appartient pas.

«L’entraîneur est très content de mon jeu et il m’a dit qu’il allait tout faire pour me garder. Mais en Europe, il n’y a jamais rien de certain», ajoute-t-il.