Bruno Richard cible un Top 16 à Québec

CARAQUET – Bruno Richard était pimpant de confiance lorsqu’il a entamé sa cinquième saison sur le circuit de la Coupe du monde de Red Bull Crashed Ice, le 1er février, en Finlande. Mieux préparé que jamais, particulièrement au niveau technique, l’Acadien de Bédec avait d’ailleurs commencé fort en dévalant la piste d’Helsinki à la vitesse de l’éclair pendant les qualifications. Ça s’est malheureusement gâché dans la ronde finale où il a finalement dû se contenter d’une décevante 47e position.

Une prestation, de son propre aveu, qu’il a eu bien du mal à digérer.

«J’ai “chocké” en Finlande, où je m’attendais à faire beaucoup mieux. Si j’avais effectué la même descente que lors des qualifications, j’aurais probablement terminé dans le top 15», révèle l’athlète âgé de 31 ans.

Bien sûr, sa 27e place à Saint Paul, au Minnesota, le 22 février, puis son 25e rang à Moscou, le 8 mars, lui ont redonné le sourire, mais ce n’est quand même pas les résultats qu’il attendait.

C’est pourquoi il voit le Red Bull Crashed Ice de Québec, dernière épreuve de la saison, comme l’occasion de sauver sa saison.

Richard, qui occupe actuellement le 39e rang mondial et le 42e échelon dans le classement de la présente saison, ne vise rien de moins qu’un top 16 sur la piste désormais aménagée entre l’Assemblée nationale et la place D’Youville, là où se tenait l’événement en 2006, juste aux portes du Vieux-Québec.

La tâche s’annonce toutefois ardue puisqu’il s’est blessé à une hanche lors de la ronde éliminatoire, vendredi soir. S’il a réussi à obtenir son laissez-passer pour la ronde finale de samedi soir, il a cependant dû abandonner l’idée de participer à la compétition en équipe qui a eu lieu en soirée. Il se croise les doigts pour que sa hanche prenne du mieux d’ici samedi soir.

Plus tôt dans la journée, à l’occasion du tour de qualification des professionnels, Richard a ramené un chrono de 47s6c, bon pour la 33e position. Malheureusement pour lui, seuls les 32 premiers se qualifiaient pour la finale.

L’ancien hockeyeur des Aigles Bleus de l’Université de Moncton a donc dû passer par la ronde éliminatoire pour obtenir son laissez-passer. À noter que la ronde éliminatoire mettait aux prises les 32 premières positions du tour de qualification chez les compétiteurs nationaux, dont faisait partie l’autre Acadien, Philippe Arseneau (lire encadré), jeudi soir, ainsi que les positions 33 à 64 du tour de qualification des professionnels.

«Je trouve le parcours intéressant avec un design qui change complètement la course. C’est la septième année de suite que je viens au Crashed Ice de Québec et je n’y ai eu qu’un excellent résultat, et c’est ma 14e place en 2012. Là, je me sens en bonne forme et je vise un top 16. Non seulement ça me ferait plaisir, mais ça viendrait aussi sauver ma saison», dit-il.

Cela dit, Richard est bien conscient que le plus gros facteur en fin de semaine sera la météo. Ils n’annoncent pas une température froide et la glace risque d’être molle, donc moins rapide.

C’est le Canadien John Fischer qui a obtenu le meilleur temps lors de la ronde de qualification en 44s20c. L’Autrichien Marco Dallago (44s37c), le Canadien Kyle Croxall (44s45c), l’Américain Reed Whiting (44s50c) et le Français Tristan Dugerdil (44s73c) complètent le top 5.

L’aventure de Philippe Arseneau est terminée

– L’autre Acadien inscrit au Crashed Ice de Québec, Philippe Arseneau, a malheureusement vu son aventure prendre fin dès la ronde préliminaire chez les patineurs nationaux, jeudi soir. Le crasheur de Tracadie-Sheila, qui devait terminer dans le top 32 pour passer à la ronde éliminatoire de vendredi soir, a dû se contenter de la 84e place.

Arseneau a obtenu son meilleur chrono à sa première descente en 56,08 secondes, à 4s95c d’une qualification. Lors de son deuxième essai, en raison de deux chutes, il a dû se contenter d’un temps de 1m12s50c.

«Le niveau de compétition était plus élevé que je m’y attendais, souligne l’athlète de 21 ans. J’aimerais recommencer l’an prochain. Ç’a été une expérience incroyable. Tu es traité par les organisateurs comme si tu étais un roi. Je n’avais jamais vécu un thrill comme ça avant. J’ai déjà joué des matchs de hockey important, mais ça n’avait rien de comparable.»

«Quand je me suis retrouvé en haut pour la première de mes quatre descentes d’entraînement, je me suis tourné vers un gars et je lui ai demandé “faut vraiment qu’on fasse ça?” Une fois lancé, tu n’as pas vraiment le contrôle et j’ai eu de la misère à me tenir debout dans ma première descente. Ç’a toutefois été de mieux en mieux par la suite. J’ai par contre compris que ce sport est plus une question de technique que de patinage. Il n’y a pas vraiment d’endroit où tu peux capitaliser sur ta vitesse. C’est comme si tes patins n’étaient en fait que des skis. Je me sentais comme si je faisais du ski de fond», raconte l’ancien joueur des Alpines de Tracadie-Sheila.

Philippe Arsenau entend profiter de la fin de semaine pour aller voir les professionnels à l’oeuvre, samedi soir.

«J’ai vraiment hâte de voir Bruno et les autres compétiteurs professionnels. Je sais maintenant que ce sont des athlètes spéciaux. Jusqu’à jeudi soir, je croyais qu’il n’y avait rien là de terminer en 30e place. Ça ne me semblait pas impressionnant. Maintenant, je peux dire que si tu termines en 30e position dans une course de Crashed Ice, c’est que tu es tout un athlète», ajoute celui qui fréquente l’École de technologie supérieure à Montréal.