Renelle et Alyssa Belliveau s’éclatent

MONCTON – Le sport a complètement changé la vie de Renelle et Alyssa Belliveau. Limitées dans leurs activités depuis leur naissance en raison de la dystrophie musculaire, les deux Acadiennes sont aujourd’hui d’avides sportives.

La création d’un volet parasports à l’école de Grande-Digue a complètement chambardé leur existence.

Trop souvent tenues à l’écart en raison de leur handicap, les deux soeurs sortent de leur coquille et peuvent enfin s’éclater avec le reste de leurs amies.

Line Belliveau a vu un gros changement chez ses deux filles depuis qu’elles ont commencé à faire du sport régulièrement.

«C’est incroyable de voir le changement, surtout dans le cas de Renelle, qui a toujours eu plus de difficulté à marcher. Elle est maintenant capable de participer aux mêmes sports que ses amies. Ça lui a ouvert les portes de plein de choses», explique-t-elle avec enthousiasme.

«Sans Rhéal Hébert, mes filles n’auraient jamais eu la chance d’essayer des sports comme le basketball, le hockey luge ou l’athlétisme, ajoute Mme Belliveau, visiblement reconnaissante. Leurs amies peuvent jouer avec elles et voir le défi qu’elles ont d’être dans une chaise. Ce n’est pas la même chose de pouvoir courir et jouer au basketball versus jouer avec un fauteuil roulant.»

«On est vraiment chanceux d’avoir un enseignant exceptionnel comme lui à notre école, qui va bien au-delà de ce qu’il a besoin de faire. Je connais des parents dans d’autres écoles dont les enfants n’ont pas ces opportunités-là. Ça leur a certainement donné plus de confiance. Renelle est devenue présidente du conseil étudiant de son école cette année. Elle peut maintenant dire moi je joue au hockey ou au basketball», précise-t-elle.

Renelle peut donc suivre les traces de son idole, Carey Price, et non seulement le regarder à la télévision.

«Je suis vraiment contente parce qu’avant, je ne pouvais rien faire, je n’étais pas capable de pratiquer des sports», mentionne l’élève souriante de 8e année. Au gymnase, c’était toujours une aide-enseignante qui devait me pousser. Maintenant, je peux faire comme les autres.»

Le fait de pouvoir s’amuser avec ses amies fait aussi une grande différence pour elle.

«C’est vraiment cool parce qu’ils savent maintenant comment je me sentais. Ils pouvaient courir, mais moi je devais rester dans ma chaise», ajoute Renelle Belliveau.

L’engagement de Rhéal Hébert a visiblement eu un impact sur la vie des deux soeurs.

«C’est sûr qu’il y a des choses que je ne peux pas faire, mais M. Rhéal trouvait tout le temps une façon de me faire participer, mentionne-t-elle sur un ton enjoué. Je ne savais pas vraiment à quel point j’aimais les sports avant de pouvoir les essayer. J’ai pu découvrir plein de nouveaux sports et c’est devenu ma passion.»

Le sport a également changé la vie d’Alyssa. Même si elle fréquente aujourd’hui l’École secondaire Louis-J.-Robichaud, à Shediac, la partisane des Maple Leafs de Toronto continue de participer au programme de parasports de l’école de Grande-Digue après l’école.

«Le fait d’avoir un fauteuil spécial m’a permis d’être plus sportive et de participer à plusieurs acitvités», explique l’élève de 10e année.

«J’ai toujours aimé les sports, mais je n’ai jamais vraiment pu jouer avant. J’ai aussi plus de confiance dans tout ce que je fais.»

GRANDE-DIGUE DEVIENT UN MODÈLE D’INTÉGRATION DES PARASPORTS

Le programme d’éducation physique de l’école de Grande-Digue est devenu un véritable modèle d’intégration des parasports.

Les jeunes ont non seulement appris à intégrer les athlètes handicapés dans le groupe, ils ont en plus développé un goût pour les parasports.

On peut pratiquement dire que les parasports sont devenus populaires, une sorte de nouvelle mode prisée par tous les élèves.

«Les jeunes aiment aujourd’hui autant les parasports que les autres sports. Ils me demandent souvent pour utiliser les fauteuils pendant les cours d’éducation physique», explique Rhéal Hébert, un peu surpris par ce changement de mentalité.

«On voit qu’ils sont beaucoup plus éveillés à la réalité de Renelle et Alyssa, mais en plus de ça, ils aiment vraiment les parasports. Tout le monde se retrouve donc sur un pied d’égalité», précise-t-il.

L’enseignant dit retirer une grande satisfaction de voir son initiative porter ses fruits.

«Ça fait 15 ans que j’enseigne et j’adore voir les jeunes bouger. Mais j’ai vraiment eu un coup de cœur pour Alyssa et Renelle, de voir leur cheminement et le respect qu’elles ont des autres élèves à l’école. C’est surtout ça qui me frappe», mentionne celui qui enseigne l’éducation physique depuis six ans.

Alyssa fréquente aujourd’hui l’école secondaire Louis-J.-Robichaud à Shediac, mais elle continue tout de même à participer aux programmes de parasports de l’école de Grande-Digue, comme plusieurs de ses amies d’ailleurs.

Cet engouement déborde maintenant les murs de l’école puisque d’autres établissements de la région vont dans la même direction.

«Le mot s’est passé. J’ai été contacté par des parents de Notre-Dame et de Cap-Pelé pour savoir s’ils pourraient eux aussi avoir le même programme un jour», mentionne Rhéal Hébert.

Petite initiative deviendra grande…