Un résultat stupéfiant

MONCTON – Les parasports sont de plus en plus accessibles aux jeunes handicapés dans le sud-est du Nouveau-Brunswick, et on le doit à des initiatives comme celles de Rhéal Hébert.

Il y a trois ans, l’enseignant en éducation physique à l’école de Grande-Digue a mis sur pied un programme de parasport pour permettre aux sœurs Renelle et Alyssa Belliveau de pouvoir pratiquer différents sports et de de demeurer actives.

Il était cependant loin de se douter que son projet ferait boule de neige aussi rapidement.

Non seulement d’autres écoles du Sud-Est commencent à emboîter le pas, mais les autres élèves commencent eux aussi à prendre goût aux parasports!

C’est au contact des deux sœurs Belliveau que Rhéal Hébert a voulu faire changer les choses.

«Tous les autres bougeaient et goûtaient à de nouveaux sports, mais ces deux jeunes-là n’avaient pas ces occasions-là», explique-t-il.

Il y a trois ans, l’école obtient une subvention du comité paralympique canadien pour acheter deux fauteuils multisports aux deux jeunes filles atteintes de dystrophie musculaire.

«C’est incroyable le changement qu’on a vu d’une journée à l’autre chez ces deux filles-là. Tout d’un coup, elles étaient capables de tout faire en éducation physique, devant même des étoiles dans les sports intramuraux», lance-t-il avec fierté.

C’est à ce moment que l’enseignant a décidé de pousser l’expérience encore un peu plus loin.

On a donc invité Sabrina Durepos, la conjointe du médaillé d’or olympique David Durepos, à faire une présentation sur le basketball en fauteuil roulant à toute l’école.

À la suite de cette initiative, une quinzaine de jeunes ont participé à une clinique bihebdomadaire offerte par Mme Durepos après l’école.

«Les filles (les sœurs Belliveau) étaient plus actives, mais on voulait leur permettre de jouer avec leurs amis. À partir de là, on savait que c’est quelque chose qui pourrait fonctionner et que l’intérêt était là», indique M. Hébert.

Le résultat fut effectivement stupéfiant.

L’enseignant a réalisé que les autres jeunes de l’école aimaient autant les différents parasports que Renelle et Alyssa.

Ce n’était donc plus les deux sœurs qui se joignaient à un groupe, mais le groupe qui se joignait à elles.

En 2012, on décide donc d’ajouter les parasports au menu déjà bien rempli du programme de sports après-classe (projet Bon départ Sports Plus) une journée entièrement consacrée aux parasports à l’école de Grande-Digue.

Les jeunes (de 12 à 15) ont ainsi pu goûter à huit semaines de basketball en fauteuil roulant, huit autres de hockey luge et huit de para-athlétisme.

Le groupe est présentement restreint à cause du manque d’équipement, mais Rhéal Hébert croit qu’il recueillerait facilement une quarantaine d’inscriptions si le programme était ouvert à tous les élèves.

«Depuis qu’on a commencé les parasports, tout le monde veut y goûter. J’en fais souvent en éducation physique et c’est toujours très populaire», souligne-t-il.

Ce n’est donc plus une question de sensibilisation, mais d’intégration et de développement.

«On a commencé par intégrer Renelle et Alyssa aux différents sports, avec quelques petites modifications aux règlements. Mais là, on est rendus dans le sens inverse puisqu’on est en train d’intégrer les autres jeunes dans les parasports et ils adorent ça», ajoute M. Hébert.

L’école de Grande-Digue est donc devenue une véritable pionnière au chapitre du développement des parasports.

On continuera d’innover cette année avec l’ajout du badminton et du tennis en fauteuil roulant. 

PARASPORTS: LES ÉCOLES DE GRANDE-DIGUE, NOTRE-DAME ET CAP-PELÉ CANDIDATES À UN CONCOURS NATIONAL

Sabrina Durepos, la conjointe du médaillé d’or olympique David Durepos, est venue faire une présentation sur le basketball en fauteuil roulant à toute l’école de Grande-Digue. - Gracieuseté
Sabrina Durepos, la conjointe du médaillé d’or olympique David Durepos, est venue faire une présentation sur le basketball en fauteuil roulant à toute l’école de Grande-Digue. – Gracieuseté

Le nerf de la guerre, c’est toujours l’argent, et le développement des parasports n’y échappe pas.

C’est dans cette optique que Rhéal Hébert a soumis la candidature de trois écoles (Grande-Digue, Notre-Dame et Cap-Pelé) au concours national organisé par le Fonds communautaire Aviva.

«La réaction des gens a été incroyable. Nous avons créé une page Facebook et en quatre jours on a cumulé au-delà de 600 personnes qui veulent voter pour nous», souligne-t-il.

Les 10 projets les plus populaires de chaque ronde ici et là au Canada vont se diriger vers la ronde éliminatoire.

«On a 600 personnes qui sont prêtes à voter pour nous chaque jour et le projet vient juste de commencer. Notre objectif est d’atteindre 1000 votes par jour. Si on atteint ça, je pense que nos chances sont bonnes pour nous qualifier pour la ronde éliminatoire», affirme-t-il.

Les 30 projets gagnants vont se partager la rondelette somme de 1 million $.

Pour obtenir plus de détails, consultez Internet (http://ecole.district1.nbed.nb.ca/ecole-grande-digue/communaute/fonds-communautaire-aviva/)