La risée de la LHJMQ?

À lire plusieurs clavardeurs sur les multiples réseaux sociaux, le Titan d’Acadie-Bathurst est non seulement la risée de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, mais le nord du Nouveau-Brunswick ne mérite également plus d’avoir une équipe.

Le directeur général Sylvain Couturier n’y échappe pas lui non plus et ils sont nombreux à le pointer du doigt sur les problèmes des dernières saisons. Les écrits à son sujet sont régulièment blessants, même diffamatoires.

Je ne m’attarderai pas trop sur les faibles assistances au Centre régional K.-C.-Irving, si ce n’est pour dire que la situation économique de la région est autant coupable, sinon plus, que les faibles résultats de l’équipe au cours des dernières campagnes. Je vous rappelle qu’en 2010-2011, malgré une récolte de 91 points, le Titan n’a réussi à attirer qu’une moyenne de 1611 spectateurs par match, soit seulement 79 fidèles de plus que cette saison. Tirez-en vos conclusions.

Je veux plutôt vous parler du travail du DG qui, à mes yeux, est à coup sûr en train de replacer le Titan sur les rails avec les changements opérés ces derniers mois.

Certes, Sylvain Couturier a commis des erreurs. Par exemple, je n’ai jamais compris l’urgence d’aller chercher des joueurs de 20 ans pourtant réputés pour leur manque de caractère. Les noms de Scott Oke et Matthew Boudreau, la saison dernière, me viennent rapidement à l’esprit. Andrew Ryan, même s’il joue du bien meilleur hockey depuis un mois, en est un autre. Non seulement ont-ils coûté d’excellents choix au repêchage, mais ils ont aussi profité d’un temps de jeu qu’il aurait été préférable de donner à des joueurs plus jeunes.

La sélection de Juraj Mily au 14e échelon, lors du dernier encan européen, est un autre faux pas dont l’équipe aurait pu se passer. À l’évidence, ce choix gaspillé n’est rien pour faire taire les partisans qui reprochent à l’organisation de ne pas prendre au sérieux le repêchage des joueurs d’outre-mer.

Cela dit, Sylvain Couturier a également réussi de bons coups. De très bons coups même.

Sylvain Couturier. - Collaboration spéciale: Micael Savoie
Sylvain Couturier. – Collaboration spéciale: Micael Savoie

Les acquisitions de Mark Simpson et de Jeffrey Truchon-Viel en font partie. Celles des frères Pickard, surtout Reilly, devrait rapidement faire oublier les mésaventures de l’équipe avec ses gardiens au cours des deux dernières campagnes.

Au niveau du repêchage, les sélections de Guillaume Brisebois, en 2013, ainsi que de Jordan Maher et Elijah Francis, l’été dernier, peuvent déjà être considérés comme des coups de circuit, même si les recruteurs ont eu un grand mot à dire à ce niveau.

L’embauche de l’entraîneur Mario Pouliot n’est également pas négligeable. J’ai particulièrement apprécié la façon dont il a géré le développement du jeune Maher. Je suis également impressionné par le fait que sur les 39 revers de cette très jeune équipe, 19 l’ont été par la marque d’un ou deux buts. Ce n’est pas rien.

Sylvain Couturier n’est pas parfait, j’en conviens. Par contre, il est loin de l’image du total incompétent qu’aiment lui coller ses détracteurs.

Ces derniers oublient qu’avant d’entamer la reconstruction de l’équipe, il a d’abord dû convaincre ses nouveaux patrons que c’était la chose à faire. Les convaincre, surtout, que ce n’est pas avec les rejets des autres formations qu’on construit un club gagnant. Les dénigreurs du DG omettent aussi qu’il a dû composer avec les erreurs de l’ancien régime.

Sylvain Couturier est-il un bon DG? Pas pire que les autres. Il a fait des bons coups, d’autres nettement moins bons. Mais, depuis un an, les bonnes décisions sont plus nombreuses que les mauvaises.