Judo: des résultats modestes attendus à Prince George

CARAQUET – En 2011, le Nouveau-Brunswick avait volé la vedette en judo à Halifax avec une impressionnante récolte de huit médailles, dont deux en or (Vanessa St-Pierre et Martine Chenhall) et autant en argent (Karine LeBreton et Amélie Saulnier). Malheureusement, il est déjà acquis que les résultats seront plus modestes à Prince George. Non pas à cause d’un manque de talent, bien au contraire, mais bien parce que l’équipe est nettement plus jeune et moins expérimentée qu’il y a quatre ans.

Catapulté à la tête de l’équipe après le désistement de John Mallory, à la suite d’une histoire de moeurs qui a fait scandale il y a un peu plus de deux mois, le nouvel entraîneur-chef Jean-Pierre Cantin va même jusqu’à prédire des jeux difficiles pour ses judokas.

«Je ne vais quand même pas mentir aux athlètes et leur faire croire qu’ils vont gagner des médailles. Je préfère leur dire la vérité. Nos jeunes ont beaucoup de coeur au ventre et je sais qu’ils veulent se battre, mais le fait demeure qu’ils sont jeunes et, pour la plupart, ils n’ont aucune, sinon très peu, d’expérience contre des athlètes plus âgés. C’est surtout le cas chez les filles», souligne Cantin, qui était à la barre de l’équipe aux Jeux de Halifax.

«Ça va être très difficile pour elles. Elles n’ont même jamais pris part à une compétition U-21 de leur vie. C’est comme si tu demandais à des joueurs de hockey junior majeur d’affronter une équipe de la Ligue nationale. Ça peut être intimidant. OK, elles vont peut-être réussir à marquer un but, mais ce ne sera pas assez», explique-t-il.

Selon lui, en héritant de cette équipe à moins de trois mois des Jeux, il lui était aussi bien dire impossible de préparer les athlètes adéquatement.

«Au cours des dernières semaines, nous avons eu deux camps d’entraînement et certains ont pris part à la Coupe Québec. L’idée, surtout lors des camps d’entraînement, était de les défier de plusieurs façons pour voir comment ils allaient réagir. C’est quelque chose qui va m’aider à les diriger à Prince George. Mais, d’un point de vue stratégique, en raison de leur inexpérience, ça va être plus difficile», dit-il.

La situation est d’autant plus délicate qu’il a perdu récemment les services d’Alexandra Levesque, victime d’une commotion cérébrale qui tarde à guérir. Même que son avenir dans le judo serait hypothéqué. Il y a aussi Tom Hanlon et Maxime Émond, chez les hommes, qui soignaient jusqu’à tout récemment des petits bobos. On ignore encore s’ils seront dans une condition physique optimale la semaine prochaine.

Pour l’instant, Jédrick Imbeault se veut le plus sérieux espoir de médaille. Le judoka de 18 ans combattra chez les moins de 73 kg.

«Jédrick est le seul athlète du groupe qui a vraiment tout fait pour s’assurer d’être bien préparé pour les Jeux du Canada, soutient Cantin. Il a participé à des camps nationaux et il a pris part à toutes les compétitions au programme depuis septembre. Je sais qu’il est prêt et je m’attends à ce qu’il obtienne un podium. Sinon, Tom Hanlon, Alex Colpitts et Maxime Émond pourraient causer une surprise si le tirage au sort est en leur faveur», mentionne Cantin.

«Je me prépare pour Prince George depuis 2010» – Jédrick Imbeault

Au risque de paraître arrogant, ce qu’il n’est pourtant pas, Jédrick Imbeault se prédit lui-même une médaille à Prince George. Il va même jusqu’à dire que l’Ontarien Bradley Langlois, double champion canadien en 2012 et 2013, est vraisemblablement le seul qui pourrait l’empêcher de se hisser sur la plus haute marche du podium chez les moins de 73 kilos.

Jédrick Imbeault. - Gracieuseté
Jédrick Imbeault. – Gracieuseté

«Je me suis vraiment préparé sérieusement pour les Jeux, mentionne le judoka qui célébrera son 19e anniversaire de naissance en avril. Je me prépare pour Prince George depuis 2010, soit avant les Jeux de Halifax. Je n’ai jamais arrêté d’y penser depuis ce temps.»

Au cours des derniers mois, Imbeault dit avoir livré deux combats face à l’Ontarien, deux duels qu’il a toutefois perdu.

«Je sais que je peux battre Langlois, dit-il. Ç’avait été un beau combat la deuxème fois et je suis plus fort aujourd’hui que je ne l’étais il y a quelques semaines. Le Québécois Alex Marineau est aussi très bon, mais je devrais le battre même si ça ne sera pas facile. En fait, je dirais que ma catégorie de poids est la plus difficile du tournoi. Mes points forts, je dirais que c’est ma force physique et le fait que je réagis rapidement pendant un match. J’ai aussi une bonne technique. Et depuis quelques années, avec la maturité, j’ai appris à visualiser mes matchs. Ça m’aide beaucoup au niveau de la préparation.»

Concernant le changement d’entraîneur, en décembre, Imbeault soutient que ça n’a rien changé avec sa préparation, si ce n’est que l’arrivée de Jean-Pierre Cantin lui procure encore plus de confiance.

«Nous, les athlètes, n’avions aucun contrôle sur ce qui est arrivé, mais je dois dire que ç’a plutôt bien tourné pour moi. Jean-Pierre Cantin est mon entraîneur depuis que j’ai 12 ans. Il me connaît comme athlète. C’est lui qui m’a développé», indique-t-il.

Imbeault, qui va représenter le Canada au Sportif International d Édimbourg, en Écosse, du 4 au 7 avril, voit les Jeux de Prince George comme une autre étape vers son objectif ultime.

«Mon rêve c’est de participer aux Jeux olympiques et j’ai l’intention de prendre les années qu’il faudra pour arriver à mon but. Je déménage d’ailleurs à Montréal au début de l’été pour poursuivre mon développement», révèle l’athlète de Saint-Jean. – RL