Marathon des sables: une course redoutable attend Carole Fournier

EDMUNDSTON – En route vers l’Afrique du Nord, où elle entamera dimanche le réputé Marathon des sables dans le Sahara sud-marocain, Carole Fournier se dit à la fois excitée et préoccupée par l’aventure qu’elle s’apprête à vivre. Elle souhaite seulement que les centaines d’heures d’entraînement effectués dans les derniers mois pourront lui permettre de compléter la course.

Tout sexe confondu, la jeune femme d’Edmundston est la première athlète du Nouveau-Brunswick à prendre part à la redoutable course.

«Mentalement, je me sens prête, affirme-t-elle. Physiquement aussi d’ailleurs. J’ai même couru 62 km il y a trois semaines dans la grosse neige. J’ai aussi fait 10 demi-marathon en 10 jours afin de m’habituer à courir avec la fatigue.»

Le Marathon des sables, dont il s’agit de la 30e présentation, est une course à pied de six étapes en autosuffisance alimentaire, ce qui veut dire que chaque concurrent doit porter sur son dos sa nourriture pour une semaine sur une distance totale d’environ 250 kilomètres. Le parcours est d’autant plus difficile qu’il comprend des dunes, des plateaux caillouteux, des pistes, des oueds asséchés, des palmeraies, des petites montagnes, etc. Heureusement, l’eau est fournie.

Comme si ce n’était pas suffisant, il faut dire qu’elle n’a pas choisi l’année la plus facile pour s’inscrire puisque les organisateurs ont décidé, afin de souligner à leur façon le 30e anniversaire de l’événement, de regrouper les six plus illustres étapes des 29 premières éditions. Les coureurs seront d’ailleurs conviés à une étape de près de 100 km, la quatrième des six au programme. Les étapes auront lieu de dimanche à samedi.

Inutile de dire qu’elle s’est assurée que sa préparation, tant physique que mentale, soit à point. Elle a aussi apporté beaucoup d’importance dans l’équipement qu’elle devra trimbaler dans le désert.

Par exemple, son entraîneur Ray Zahab lui a bien fait comprendre que les pieds humides et le sable ne font pas un bon mariage.

«Pour une telle compétition, des pieds ça se prépare. Dans les dernières semaines, je n’ai pas fait que reposer mes pieds, je les ai aussi traité avec un processus de tannage qui fait en sorte d’endurcir le cuir du pied. Ça rend le cuir plus épais tout en gardant sa souplesse. Ça aide à éviter les ampoules», explique-t-elle.

«J’ai mis aussi beaucoup de temps dans les détails de l’aspect technique de la course. Je me suis procuré l’équipement le plus léger possible avec des articles qui pourront avoir plus qu’un usage. Il m’a également fallu trouver de la nourriture que mon corps tolérera, tout en m’assurant que cette nourriture sera la moins lourde possible à transporter et contiendra le maximum de calories», raconte-t-elle.

Pour combattre ses problèmes de vertige, même si la situation est moins grave qu’il y a à peine quelques mois (elle a fait, entre autres, un saut en parachute), l’athlète âgée de 33 ans s’est procurée des bâtons de marche en carbone.

«Ça ne pèse presque rien et ça va surtout m’aider lorsque je serai appelée à grimper», ajoute celle qui est récemment devenue l’ambassadrice de Jessom La Source du sport pour les courses à pied.

Carole Fournier, qui n’a commencé la pratique de la course à pied qu’en 2012, a depuis participé à une multitude d’épreuves, que ce soit des marathons, des ultra-marathons, des demi-marathons, des courses en sentier, des ultra-marathons en sentier et des 10 km.

Notons que la moitié de l’argent récolté pour l’aider à payer son voyage sera remise à P.R.O. Jeunesse (www.makeachamp.com/fr/carolefournier), un organisme du Madawaska qui vient en aide aux familles pauvres afin de les aider à inscrire leurs enfants à des activités sportives et culturelles.